Syrie/ Présidentielle : Bachar organise le scrutin malgré la guerre


Durant toute la campagne, ce sont les portrait de Bachar al-Assad qu'on voyait partout (Ph DR)
Les Syriens ont été appelés hier mardi aux urnes pour voter leur président. Mais personne ne se fait d'illusion sur ce simulacre d'élection dont le vainqueur ne peut être que Bachar el-Assad.

Farce, mascarade, mise en scène, imposture, l'opposition syrienne et la communauté internationale rivalisaient de mots pour qualifier le scrutin d'hier mardi 3 juin. Quelque 15 millions de Syriens (60% de la population) vivant dans les 40% du territoire sous contrôle du régime, ont été appelés aux urnes, dans un pays en guerre depuis trois ans et déserté par plus de 9 millions de ses fils.

C'est dans ce contexte que M. Assad au pouvoir depuis 14 ans a organisé cette présidentielle à laquelle participent deux candidats factices : Hassan al-Nouri et Maher al-Hajjar. Véritable mise en scène, le scrutin réunissait tout de même les conditions minimales requises: présence d'urnes transparentes, d'isoloirs, d'observateurs internationaux, (même si ceux-ci proviennent des pays comme la Russie, l'Iran et la Corée du Nord).

L'opposition a naturellement appelé le peuple à boycotter ce semblant d'élection, mais n'a aucune emprise sur les populations vivant dans la partie du pays sous contrôle du régime. Celles-ci sont sorties nombreuses, clamant à la sortie des bureaux avoir voté pour le président sortant. C'est la première fois depuis 50 ans, que le parti Baas qui dirige le pays de père en fils, organise un scrutin présidentiel. Durant son long règne, Hafez al-Assad le père de Bachar a toujours été plébiscité à l'issue de référendum. Les puissances occidentales, notamment la France et les Etats-Unis ont dénoncé une élection entachée de sang, car le conflit syrien a coûté la vie à environ 163.000 personnes.

Les résultats attendus dans les prochaines heures, vont sans le moindre doute reconduire l'actuel président. Mais Bachar al-Assad risque de gouverner un pays divisé et sous embargo de la communauté internationale. Peut-elle espérer l'aide de ses soutiens russe et iranien? Ce n'est pas évident, ces deux pays étant eux-mêmes sous sanctions économiques occidentales. C'est donc vers le chaos qu'évolue la Syrie sous la direction d'un président dont la légitimité sera très controversée. Mais le maître de Damas est un jusqu’au-boutiste qui ne recule devant rien, pour conserver son pouvoir.


Charles d'Almeida

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