CPI:Taylor prend 50 ans, les pro-Gbagbo tremblent


31/05/2012
50 ans de prison pour l'ex-président Charles Taylor
L'ancien président libérien, Charles Taylor, finira sûrement ses jours en prison. Il a été en effet condamné hier, mercredi 30 juin, à 50 ans de prison ferme.

Un demi-siècle pour punir des crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés par la rébellion sierra-lionnaise du Front révolutionnaire uni( Ruf ) et dont Charles Taylor s'est rendu complice. Une peine qui va certainement jeter l'émoi dans le camp des partisans de Laurent Gbagbo. Nul doute que la nouvelle de la condamnation de l'ancien président libérien va quelque peu doucher l'enthousiasme des pro-Gbagbo, qui attendait avec frénésie le verdict de ce procès Taylor.

De fait, les partisans de l'ancien chef de l'Etat sont bien conscients que l'issue du dossier Taylor pourrait présager ce qui attend leur icône, qui semble partager le même destin que l'ex-homme fort de Monrovia.

En effet, ils espéraient secrètement exploiter un éventuel happy end du procès Taylor pour gloser sur une probable libération de Gbagbo. C'est raté ! Charles Taylor a été bel et bien condamné, et lourdement. Pour s'être rendu complice des crimes abominables commis par les rebelles sierra-leonais du Ruf durant la décennie de guerre (1991-2001). Le Tribunal pénal international pour la Sierra-Leone qui l'a condamné à 50 ans de prison a sanctionné le soutien militaire et financier qu'il aurait apporté à ces tueurs en contrepartie du diamant. Charles Taylor n'a donc pas commis de lui-même les crimes pour lesquels il paie aujourd'hui.

Comme lui, Gbagbo n'a pas commis de lui-même les crimes qui lui valent d'être aujourd'hui détenu à la prison de Scheveningen à La Haye. Il lui est reproché d'en être le co-auteur en sa qualité de président en exercice au moment des faits. A ce sujet, voici ce que dit le mandat d'arrêt international délivré en son temps par le juge Ocampo contre lui : « « La Chambre estime qu’il y a des motifs raisonnables de croire que, par les crimes qui lui sont reprochés dans la demande de délivrance de mandat d’arrêt, Laurent Gbagbo a engagé sa responsabilité pénale individuelle en tant que « coauteur indirect » desdits crimes au sens de l’article 25-3-a du Statut. En particulier, il y a des motifs raisonnables de croire que Laurent Gbagbo et son entourage immédiat (les coauteurs des crimes) avaient convenu d’un plan et qu’ils étaient conscients que la mise en oeuvre de celui-ci aboutirait, dans le cours normal des événements, à la commission des crimes susmentionnés. De plus, en mettant ce plan en oeuvre, les coauteurs ont exercé un contrôle conjoint sur les crimes. Compte tenu de la position et du rôle de chacun d’eux au regard du plan, les coauteurs ont apporté une contribution coordonnée et essentielle à la réalisation dudit plan. Il y a une base suffisante pour conclure que les forces pro-Gbagbo qui ont exécuté la politique en question l’ont fait en obéissant de façon quasi automatique aux ordres qu’elles avaient reçus. Enfin, il a été suffisamment prouvé que Laurent Gbagbo a agi avec le degré d’intention et de connaissance requis ».

Si le Tribunal pénal international pour la Sierra-Leone est parvenu à établir la culpabilité de Taylor pour des crimes qu'il n'a pas commis, il est à craindre que le Cpi en arrive à la même conclusion pour Gbagbo. D'où les soucis que les pro-Gbagbo pourraient naturellement se faire après l'annonce de la peine infligée à l'ancien président du Liberia. Ce d'autant que les juges de la Cpi ont dit avoir eu la main lourde parce que Taylor a failli a son devoir de chef d'Etat.

Assane NIADA

Assane Niada

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  • SOURCE: L'inter

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