Pour Hollande, une solution en Syrie passe par le départ d'Al-Assad


01/06/2012
Le président François Hollande a recçu son homologue Vladimir Poutine ce vendredi 01 juin à l'Élysée/Ph.AFP Alexei Nikolsky
Au terme d'un entretien avec son homologue russe, Vladimir Poutine, vendredi soir à l'Elysée, le président François Hollande a estimé que la seule issue de la crise syrienne était le départ du président Bachar Al-Assad.

"Le régime de Bachar Al-Assad s'est conduit de manière inacceptable, intolérable. Il a commis des actes qui le disqualifient" , a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec le président russe. "Il n'y aura de sortie possible de cette situation qu'avec le départ de Bachar Al-Assad", a ajouté François Hollande.

Vladimir Poutine a pour sa part mis en doute l'efficacité de sanctions à l'encontre du régime syrien. Le président russe a également jugé contre-productif d'affirmer que le plan Annan pour la paix en Syrie a échoué.

François Hollande, qui rencontrait pour la première fois Vladimir Poutine, a affirmé cette semaine qu'il fallait tenter de fairebouger la Russie, qui bloque depuis des mois, comme la Chine, toute sanction des autorités syriennes par le Conseil de sécurité des Nations unies. Après le massacre de Houla, qui a fait cent huit morts en Syrie, les Occidentaux avaient haussé le ton mardi, la plupart d'entre eux décidant d'expulser des représentants diplomatiques syriens dans leur capitale.

DES ÉLEMENTS "PRÉCURSEURS" D'UNE GUERRE CIVILE

Vladimir Poutine a souligné qu'une solution politique à la crise en cours depuis près de quinze mois restait possible mais qu'il fallait preuve de patience.

Avant sa visite à l'Elysée, Vladimir Poutine a rencontré la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin. M.Poutine a estimé que l'on voyait apparaître en Syrie des éléments "précurseurs" d'une guerre civile. Après le massacre de Houla, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a accepté une résolution demandant à la commission d'enquête indépendante internationale sur la Syrie de mener une "enquête spéciale" sur le massacre du week-end dernier en vue de traduire en justice les responsables.

En Allemagne, Moscou et Berlin se sont prononcés en faveur d'une "solution politique". Le président russe a de son côté estimé que l'on ne pouvait "rien faire par la force" dans le cadre de cette crise et a affirmé que "la Russie ne soutient aucune des parties d'où peut venir le danger de guerre civile en Syrie". Il a souligné qu'il fallait faire preuve de patience et a ajouté que son pays ne livrait au régime de Bachar Al-Assad aucune arme utilisable dans une guerre civile. Peu après ces déclarations, pourtant, la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton accusait Moscou d'avoir continué à livrer des armes au régime du président Assad. Ce qui représente"une sérieuse inquiétude"pour les Etats-Unis, a-t-elle dit.

Angela Merkel et Vladimir Poutine sont convenus vendredi à Berlin de la nécessité de tout faire pour éviter une guerre civile en Syrie.

Après des entretiens avec l'opposition syrienne en Turquie, le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a renchéri : la Syrie est "au bord d'une guerre civile totale" et doit appliquer le plan Annan.

Sur le front diplomatique toujours, le médiateur international pour la Syrie, Kofi Annan, s'est dit "frustré" face à la poursuite des violences dans ce pays, une situation qui "ne peut pas durer éternellement", selon lui. En effet, les observateurs déployés par l'ONU n'arrivent pas à fairerespecter le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril dans le cadre du plan Annan, qui prévoit aussi le retrait des chars des villes, la libération des personnes arrêtées dans le cadre de la répression, la libre circulation des médias et de l'aide humanitaire ainsi que l'ouverture d'un dialogue politique.

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