Libéria : Georges Weah, le fils des bidonvilles marche vers la présidence face au « somnolent » Boakai

Il est temps de remettre le pouvoir à « de vrais Libériens », a dit Georges Weah
Georges Weah a de fortes chances de remporter le second tour de la présidentielle du Libéria

Présenté comme le favori du second tour de la présidentielle du Libéria qui a lieu, le mardi 26 décembre 2017, l’ex-footballeur international Georges Manneh Oppong Weah (51 ans), joue sa finale contre un vieux briscard, Joseph Boakai (73 ans) surnommé Sleepy Jo par ses adversaires.

Georges Manneh Oppong Weah (51 ans) arrivé au premier tour avec 38,4% des voix affronte, au second tour, le vice-président Joseph Boakai (73 ans) crédité de 28,8% des voix lors de la présidentielle d’octobre 2017. Surnommé « La voix des sans voix » par ses partisans qui n’hésitent pas à l’appeler « le Gamin des bidonvilles qui a connu la faim », Georges Weah est présenté comme le favori de ce second tour.

« Le mardi est un jour historique. Nous irons aux urnes pour élire Georges Weah », ont scandé ses partisans lors d’un meeting organisé par Weah, le samedi 23 décembre 2017.

L’ancien footballeur élu ballon d’or le 26 décembre 1995, brigue la présidence pour la 3ème fois. Ses partisans soutiennent que s’il a perdu en 2005 et en 2011, c’est à cause des fraudes électorales. Il y a 3 ans (le 20 décembre 2014), il a été élu sénateur de Montserrado, la région où est située Monrovia avec 78% des voix. Il a humilié son rival Robert Sirleaf, le fils de la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

Georges Weah a déclaré samedi qu’il est temps de remettre le pouvoir « à de vrais Libériens ».

Son adversaire, Joseph Boakai a un curriculum un peu différent. Après des études aux Etats Unis grâce à une bourse, il devient ministre de l’agriculture puis consultant de la Banque Mondiale. A 73 ans, il a une fâcheuse tendance à fermer les yeux en réunion, donnant l’impression qu’il somnole. Mais Sleepy Jo, comme ses adversaires le surnomment, assure que c’est pour écouter plus attentivement.

Les deux hommes ont toutefois un point en commun. Ni l’un ni l’autre, n’est issu de la vieille élite américaine qui a fondé le Libéria, au 19ème siècle.

Les défis qui attendent le futur président

Avec un potentiel important de ressources naturelles doublé d’une gestion qui met peu le libérien au centre, le pays renferme du diamant, du bois, du palmier à huile, de l’hévéa avec d’immenses plantations de la multinationale, du café, du cacao mais surtout du fer.

Avec un taux de pauvreté de 54%, le Libéria possède pourtant sur le papier la deuxième flotte maritime commerciale du monde suite à l’attribution de pavillon de complaisance. La taxation de ces fanions profite peu au pays.

La présidente sortante affiche un bilan en demi-teinte même si le second mandat d’Ellen Johnson Sirleef a été affecté par l’épidémie d’Ebola et la chute des prix des matières premières. Mais elle a, à son crédit d’avoir préservé la paix, donc attiré des investisseurs. Elle a rebâti un Etat parti de rien et commencé à reconstruire des infrastructures détruites pendant la guerre civile. Des projets de réduction d’énergie sont en cours dans un pays qui compte l’un des taux d’électrification les plus bas du monde.

Mais le niveau de corruption reste un véritable frein au développement. Et le Libéria figue toujours dans le bas du classement du climat des affaires.

Mister Georges, voici autant de défis qui t’attendent si tu es élu président.

 

Adolphe Angoua

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Adolphe ANGOUA

|

  • SOURCE: Linfodrome
Previous ◁ | ▷ Next

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte