Burkina Faso: L’opposition burkinabé veut fermer l’ambassade et les consulats en Côte d’Ivoire


L'opposition burkinabé en Côte d'Ivoire dénonce le nouveau code électoral au Faso

Les partis de l’opposition burkinabé en Côte d’Ivoire, ne sont pas du tout contents du nouveau code électoral burkinabé. Dans une déclaration lue ce jeudi 2 août 2018 à Abidjan-Treichville, ces partis ont dénoncé l’apartheid électoral au Faso créé par le nouveau code électoral. Ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

Les partis politiques d’opposition burkinabé sont le relais de l’opposition burkinabé en Côte d’Ivoire. Le code électoral de notre pays vient d’être mutilé au profit de la majorité. L’heure est grave, la démocratie vient d’être assassinée au pays des hommes intègres. Une fois encore, le droit de citoyenneté de la diaspora vient d’être sacrifié sur l’autel des intérêts politiques et égoïstes du MPP.

Mesdames et messieurs, pour mémoire, au terme de la loi Lamine Gueye de 1946, la Haute Volta à la veuille de sa constitution, faisait partie des territoires Français d’outre-mer ou les populations se voyaient reconnaître le statut de citoyen Français. Le lieu de lecture de ces propos est l’élection d’HOUPHOUET Boigny comme Député Français.

Devenu République en 1958 et indépendant en 1960, notre pays a fondé ses institutions et armoiries sur le signe de la citoyenneté. Depuis lors, tout Burkinabé est une personne politique, c’est-à-dire une personne qui prend part aux décisions de la nation. Le droit de vote est un droit constitutionnel ; sans distinction (art 1 et 12). Ôter le droit de citoyenneté c’est renier le Burkinabé, c’est le contraindre à être apatride.

De 1960 à 2018, la diaspora Burkinabé est considérée comme apatride parce que son droit de citoyenneté n’existe pas. La diaspora a engagé ce combat depuis 1978. C’est en 2007, que le Président Compaoré va prendre un décret aux fins de rétablir la diaspora dans ses droits de citoyenneté. En 2009, le code électoral Burkinabé va définitivement consacrer le vote des Burkinabés de l’étranger. La crise ivoirienne de 2002 à 2011 va empêcher l’expression de ce droit de vote.

En 2014, l’insurrection populaire va nous conduire à un Etat d’exception qui va suspendre la constitution et imposer une charte nationale qui en son article 22 va une fois encore affirmer le vote des Burkinabé de la diaspora. Une fois encore, la politique d’exclusion aura raison des Burkinabés de l’étranger pour les échéances de 2015 avec des motifs fallacieux tels que le manque de moyens financiers.

En 2015, élu Président, Rock Kaboré s’engage à donner aux Burkinabés de l’étranger leur droit de citoyenneté. Depuis ce lundi 30 jouet 2018, le code électorale Burkinabé autorise désormais les Burkinabé de l’étranger à prendre part aux élections.

Ce qui motive cette conférence de presse, est que le code électoral a été mutilé à des fins électoralistes. Selon le nouveau code :

 

-          Tout Burkinabé vote avec la carte d’identité Burkinabé que l’on ne peut avoir qu’au Burkina. Il y a donc une remise en cause de la carte consulaire éditée par SNEDAÏ. Alors qu’au dos de cette carte consulaire il est marqué : la présente carte délivrée aux résidants en Côte d’Ivoire tient lieu de carte d’identité burkinabé. Outre cela, dix milliards de nos francs ont servi à payer le matériel de cette entreprise. Un contrat est signé en bon et due forme avec SNEDAÏ. Le Gouvernement Burkinabé est celui qui par le biais de sa représentation diplomatique et consulaire délivre les cartes consulaires après que le demandeur ait fournit les documents demandés par le Faso. Nous ne pouvons pas comprendre pourquoi un Etat peut se renier lui-même si ce n’est celui de Rock Kaboré.

-          Le passeport.

-          La loi mentionne que pour voter le Burkinabé de l’étranger doit le faire dans les Ambassades et Consulats. En Côte d’Ivoire, il y a une seule Ambassade et trois Consulats (Abidjan, Soubré et Bouaké). Les trois millions de Burkinabé ont donc trois bureaux de vote.

Mesdames et messieurs, la première conférence des intellectuels d’Afrique et de la Diaspora publiée par Pana presse le 24 juillet 2018 affirme que :

En trente ans, la diaspora Burkinabé par le biais des transferts d’argent a convoyé 1 200 milliards au Burkina.

Le dernier rapport annuel qui date de 2016 affirme que 77.101.521.800 F ont été convoyés en une année par la diaspora au Burkina.

Mesdames et messieurs, ce sont ces Burkinabé que l’on veut exclure du jeu électoral. Cela profite à qui ?

Cela profite au MPP actuellement au pouvoir. Ce parti n’a plus la légitimité du peuple Burkinabé. Il est incapable d’assurer notre sécurité, donc notre souveraineté. Il n’a pas la capacité de réconcilier les Burkinabé, d’accroitre l’économie nationale et donner de l’emploi. Ce parti ne sait que détourner les fonds du contribuable Burkinabé et se payer une vie de luxe. Rock a échoué, son partie est désormais impopulaire. Il cherche donc un bétail électoral à l’étranger. Ce gouvernement incapable est conscient que l’union du CDP, UPC, ADF/RDR, Faso autrement, UNDD … est la consécration de sa perte du pouvoir en 2020.

Le MPP auteur de l’apartheid électoral au Faso, est en train de dresser une liste de plus d’un million de Burkinabé dont les cartes d’identité nationales Burkinabé seront confectionnées sous sa direction au Burkina. Certains de nos militants ont étés contactés par erreur.

Les partis politiques d’opposition burkinabé en Côte d’Ivoire disent au Président du Faso que le nouveau code par son biais a créé l’apartheid électoral au Faso. Il livre les burkinabé aux autorités policières et administratives de l’étranger. Il est encore temps de se ressaisir aux fins d’éviter des troubles dans les pays hôtes. Pour l’heure :

-          Nous demandons l’arrêt immédiat de la délivrance des cartes consulaires désormais considérées comme illégales par le Faso.

-          Nous demandons une intelligence réparatrice de l’actuel code électoral entaché d’apartheid.

-          Nous annonçons une marche pacifique, patriotique et républicaine sur le consulat. Avec possibilité de fermeture de l’ambassade et des consulats en Côte d’Ivoire.

-          Nous lançons le boycott des visites d’autorités burkinabé en Cote d’Ivoire

Nous sommes ouverts au dialogue sans nous renier nous-mêmes.

Ont signés :

UPC-CI               CDP-CI                     NAFA-CI                      UNDD-CI       ADF/RDA-CI

 

David YALA

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  • SOURCE: Linfodrome
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