République démocratique du Congo : Un mort ce dimanche lors de manifestations interdites


30/06/2019
République démocratique du Congo : Un mort ce dimanche lors de manifestations interdites
Martin Fayulu, escorté par la police jusqu'à son domicile, a dénoncé un État de « non droit ».

En fin de matinée, ce dimanche 30 juin 2019, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui ont tenté de braver l'interdiction de manifester à Kinshasa. Un mort enregistré selon France 24.

Des échauffourées ont été signalés dans la province du Kwilu, notamment à Goma, où la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser de petits groupes de manifestants. Un civil a été tué dans des échauffourées dans la capitale du Nord-Kivu. « La police a commencé à disperser les gens et ils ont tiré sur un jeune qui se trouvait au lieu de départ de la manifestation », a déclaré maître Luc Bilengi, cadre de Lamuka. « Un manifestant de Lamuka vient de succomber à ses blessures », a confirmé le colonel Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise. Un officier de police a aussi été blessé.

L’opposition, à l'occasion de la commémoration du 59è anniversaire de l'accession de de pays à la souveraineté, ce dimanche a appelé à des manifestations pacifiques, non autorisées par le gouvernement.

France 24 raconte que dès le début de la matinée, quelques détachements de policiers étaient visibles dans divers points stratégiques de la capitale Kinshasa. Notamment devant la résidence d’où avaient prévu de partir Martin Fayulu et Adolphe Muzito. Cela n'a pas empêche les deux opposants de rejoindre en voiture le Marché de la liberté, dans la commune de Masina, l'un de leurs fiefs, où ils ont commencé à cheminer dans leurs véhicules, suivis et acclamés par quelques centaines de militants. Ces derniers ont tenu bon un peu plus d’une heure, déterminés, décidés à marcher, malgré l'interdiction de cette marche et les gaz lacrymogènes lancés par la police et quelques brèves interpellations.

En fin de matinée des policiers ont décidé d’immobiliser les deux opposants en crevant les pneus de deux de leurs véhicules à l’entrée du boulevard Kimbuta, dans la commune de Ndjili. Le chef de la police nie avoir donné un tel ordre mais a déclaré à RFI « assumer le geste de ces policiers » qui n'ont fait qu'appliquer l’interdiction de manifester donnée par le gouverneur de la ville.

S’en sont suivi des négociations qui ont abouti à ce que les deux opposants soient finalement escortés par la police jusqu’à Faden House, la résidence de Martin Fayulu, avant donc d’avoir pu rejoindre l’échangeur de Limete ou devait converger la marche.

Toujours selon notre source, la police a alors tiré de nombreux gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants encore présents. Des témoins ont signalé des brutalités, Lamuka dé, ce que refuse de confirmer le chef de la police qui déplore un blessé dans ses rangs. La police qui se félicite d’avoir « étouffé dans l’œuf » la marche tandis que l’opposant Martin Fayulu assure que les kinois étaient au rendez-vous mais ont été empêchés par une « répression violente ».

Jonas BAIKEH

Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Linfodrome

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