Note d'information sur la 9ème conférence panafricaine


30/03/2017 | | Commenter l'article
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La Conférence Panafricaine est une réunion statutaire, conformément aux Statuts de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (CR/CR) qui se tient tous les quatre ans dans un pays africain choisi à l’avance. A cette occasion, 54 Sociétés Nationales africaines de CR & CR se réunissent pour réfléchir ensemble sur les priorités humanitaires actuelles du continent, afin de déterminer l’orientation des efforts que le Mouvement doit fournir pour y apporter des réponses pendant les quatre années à venir.

De nombreux observateurs viennent des autres Sociétés nationales CR & CR sœurs à travers le monde, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR); d’autres Organisations extérieures et partenaires y participent également à l’instar de l’Union Africaine, des Agences du système des Nations Unies, etc... 

D’Ouagadougou à Abidjan

A Ouagadougou en 2000, les priorités en vue de coordonner les efforts à déployer face aux énormes défis auxquels est confronté le continent africain ont été établies. Et en dépit des progrès accomplis entre temps, les SN africaines ont exprimé leur profonde inquiétude devant l’augmentation du nombre de catastrophes naturelles, de conflits armés, l’aggravation de la pandémie du VIH/SIDA, les menaces grandissantes pour la santé, la dramatique insécurité alimentaire et l’impérative nécessité de faire plus, au cours de la 6ème Conférence tenue à Alger en 2004. Aussi ont-elles manifesté leur détermination à intervenir face aux crises humanitaires touchant leurs pays respectifs tout en reconnaissant la nécessité de redéfinir leur rôle ainsi que leurs relations avec les autorités du pays, la société civile, le secteur privé, la communauté internationale et les autres parties intéressées. Les principales priorités qui avaient été définies dans la “Déclaration d’Ouagadougou” ont été renforcées et traduites en un plan d'action concret dans “le Plan d’Action d’Alger”. 

Parvenues à Johannesburg en 2008, le thème "Agir ensemble pour l’Afrique", a mis en évidence l’accent accru qui doit être placé sur le renforcement des capacités, notamment le développement des infrastructures nécessaires pour une réponse appropriée face aux défis posés à tous les niveaux: national, régional et local. Ainsi que l’établissement des partenariats autour des capacités de développement institutionnel à tous les niveaux, partenariats leur permettant d’être véritablement efficaces, tout en garantissant la diversité et l’égalité des sexes ainsi que la participation des personnes vulnérables elles-mêmes.

Les SN doivent  par ailleurs s’assurer que leurs programmes sont, dans la mesure du possible, alignés sur les priorités de leurs gouvernements respectifs et préconiser que les programmes des gouvernements soient conçus de telle sorte qu’ils satisfassent aux besoins des personnes vulnérables. Les protocoles d’accord sont une base pour cette action. Elles doivent en outre s’assurer que les gouvernements, les organisations internationales régionales et mondiales, les organisations non gouvernementales (ONG), le secteur privé et les donateurs du monde entier peuvent appuyer la réalisation de leurs priorités et leurs objectifs à travers des programmes qui reflètent le rôle des communautés dans la conception et la mise en œuvre de solutions efficaces.

En tant qu’auxiliaires des pouvoirs publics dans le domaine humanitaire et fortes d’un vaste réseau de volontaires dans les communautés en Afrique, les SN africaines sont tout particulièrement à même de faire en sorte que les besoins des communautés soient pris en compte dans la planification de mesures axées sur la réalisation des priorités liées à leur développement économique et social, et coopéreront avec la Fédération internationale, toutes les Sociétés nationales membres et le CICR aux activités de sensibilisation et de soutien à la réalisation de ces priorités.

Les "Engagements de Johannesburg" ont été pris afin de renforcer les partenariats tant au sein du Mouvement que le développement et le renforcement des initiatives aux niveaux régional et continental de façon à inclure toutes les parties prenantes. Parallèlement, la nécessité d’accroître la collaboration à tous les niveaux avec des groupements qui partagent des idéaux similaires, tels que les Parlements, les Comités nationaux olympiques et autres qui portent un solide intérêt à l’action communautaire et au volontariat.

A Addis Abeba 2012, le "Plan d’Action d’Addis Abeba: Investir en Afrique", a été adopté dans le but d’ouvrir les SN africaines à un investissement national, régional et international accru, investissement qui favorisera une intensification de l’action volontaire durable, partout en Afrique.

À cette fin, nous avons proposé et avons fait notre le «Plan d’action d’Addis-Abeba», qui représente un changement d’orientation dans la manière dont les Sociétés nationales africaines sont dotées de ressources, et vise à ancrer notre action dans des partenariats locaux, nationaux et régionaux. Pour atteindre l’objectif stratégique de ce plan, nous avons défini 10 actions prioritaires destinées à rendre les SN plus attrayantes pour les investissements, plus actives dans leur rôle d’auxiliaires des pouvoirs publics, plus engagées dans les partenariats locaux et régionaux, et plus aptes à faire face aux nouveaux défis humanitaires et du développement à travers le continent. Sept indicateurs clés ont été définis pour mesurer les progrès réalisés au regard dudit plan d’action, au cours des quatre années à venir, 2012 étant l’année de référence.

Pourquoi «Investir en Afrique» ?

Le thème «Investir en Afrique» a été choisi parce que nous reconnaissons que l’Afrique est l’une des régions du monde qui connaît l’une des croissances les plus rapides, et que cet environnement en pleine mutation offre de nouvelles possibilités de partenariats nationaux et régionaux, qui façonneront le rôle futur et la pertinence des Sociétés CR & CR en Afrique. Les environnements nationaux en pleine mutation et l’intérêt que le monde porte à l’Afrique offrent des possibilités de partenariats avec nos gouvernements, l’Union africaine, les organismes régionaux, les Banques de développement, le secteur privé, les établissements universitaires, les Nations Unies et les donateurs multinationaux, les entrepreneurs et les citoyens concernés, qui contribuent aux politiques, aux stratégies et aux programmes visant à réduire la pauvreté, à renforcer la résilience et à promouvoir la paix.

Nous mettons l’accent sur le thème «Investir en Afrique» pour montrer que nous sommes conscients des risques récurrents et grandissants auxquels l’Afrique doit faire face, - en particulier dans les domaines de la sécurité alimentaire, des changements climatiques, de la santé, de la migration, de la violence et de la montée du chômage des jeunes -, mais aussi des possibilités qu’elle offre. Nous soulignons aussi que l’investissement dans les capacités et les actions des réseaux de volontaires peuvent aider à surmonter ces défis humanitaires et du développement. Conformément à nos Principes fondamentaux, nous, les Sociétés nationales africaines, apportons une contribution unique et précieuse aux efforts déployés, grâce à nos partenariats avec les communautés locales et à l’avantage particulier que constituent l’accès humanitaire dont nous bénéficions et notre présence au sein des communautés.

Objectifs de la Conférence d’Abidjan

La 9ème Conférence panafricaine qui se déroulera à Abidjan du 9 au 12 avril 2017 reprendra la même thématique d’investissement en Afrique, mais plus spécifiquement dans une perspective locale en termes de ressources humaines, organisationnelles et institutionnelles nationales et locales. Dans cette optique, les Sociétés nationales africaines de la CR & CR seront invitées à examiner les différents aspects de ces investissements parmi les acteurs suivants :

  1. Les Sociétés nationales, en renforçant leurs capacités et compétences en termes de leadership, résilience et durabilité et leur rôle d’auxiliaires de leur gouvernement. Elles développement des partenariats publics-privés, tant avec les acteurs des secteurs publics et privés nationaux, régionaux que continentaux, ainsi que les communautés locales.
  2. Les communautés locales, en renforçant leurs capacités et compétences pour qu’elles puissent faire face aux catastrophes, à l’insécurité alimentaire, aux causes profondes de l’immigration, aux problèmes de santé et aux effets des changements climatiques en Afrique.
  3. Les ressources humaines africaines, en leur allouant des ressources financières locales.

Sur la base de ces postulats et des résultats de la 8e Conférence panafricaine ainsi que sur les décisions prises lors des réunions statutaires de fin 2015, la 9ème Conférence panafricaine de 2017, par l’intermédiaire de ses commissions, s’attachera à explorer différentes possibilités d’actions autour desquels les Sociétés nationales africaines articuleront leur programme «Investir en Afrique» pendant les quatre prochaines années.

Pour définir ces actions, la Conférence cherchera à répondre à ces questions clefs :

  • Quelles étaient les mesures entreprises par les Sociétés nationales pour la mise en œuvre du Plan d’Action d’Addis-Ababa ?
  • Que doivent-elles faire en priorité pour renforcer leurs capacités en termes de gouvernance, de résilience et de durabilité ?
  • Quels types d’investissements faut-il prévoir pour ces activités ? Quels partenariats seraient propices pour ce renforcement de capacités ?
  • Comment les Sociétés nationales renforcent-elles leur auxiliariat vis-à-vis de leurs gouvernements respectifs pour des communautés locales résilientes, disposant de ressources durables?
  • Quelle serait la contribution des partenaires du Mouvement à cet effort d’investissement, y compris les communautés économiques régionales, les banques de développement et l'Union Africaine?
  • Quelle est la perspective de la jeunesse sur ces problématiques?

Commissions et grands thèmes des groupes de travail

La Conférence consacrera un débat général au thème « Investir dans le leadership de l’Afrique, la gouvernance, la durabilité et la résilience », débat qui sera suivi de deux commissions plénières portant sur les thèmes subsidiaires de la Conférence et se subdiviseront chacune en quatre groupes de travail :

 

Commission A : Investir dans les Sociétés nationales, travailler différemment

Groupe de travail 1 :  En travaillant différemment, que devraient faire les Sociétés nationales africaines pour aborder les problèmes d’intégrité, de leadership et de gouvernance ?

Groupe de travail 2 :  En travaillant différemment, comment les Sociétés nationales africaines se concentreront-elles sur le développement des capacités, des systèmes et des ressources humaines ?

Groupe de travail 3 : Quels types d’investissements et de partenariats seraient propices au renforcement des capacités et à la durabilité des Sociétés nationales ?

Groupe de travail 4 :  Jeunesse et volontaires travaillant différemment

 

Commission B : Investir dans la résilience des communautés : localisation de l’aide, rôle d’auxiliaire et partenariat.

Groupe de travail 1: Comment renforcer les capacités et les compétences des communautés dans la préparation et la réponse aux catastrophes naturelles, à l’insécurité alimentaire, aux causes profondes de l’immigration, aux problèmes de santé et aux conséquences des changements climatiques ? 

Groupe de travail 2: Le rôle d’auxiliaire des Sociétés nationales africaines

Groupe de travail 3: Quelle serait la contribution des partenaires du Mouvement, du secteur privé, des institutions régionales, des banques de développement et de l’Union africaine ? 

Groupe de travail 4: Les Sociétés nationales africaines et les questions d’immigration.

 

A l'issue de la 9ème Conférence panafricaine d’Abidjan, une stratégie, liée aux résultats et leçons apprises de la Conférence précédente, sera élaborée pour investir dans les ressources humaines nationales et locales en Afrique et jeter les bases des Sociétés nationales résilientes, à même d'assumer convenablement et de façon pérenne leur rôle. 

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  • SOURCE: Linfodrome
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