Visite du chef de l'Etat à Paris Pourquoi la privatisation des banques nationales inquiète


Une vue de Versus Bank, l'une des banques nationales de la Côte d'Ivoire(Ph:DR)
L'annonce faite à Paris par le président Alassane Ouattara de privatiser les banques nationales ivoiriennes ne manque pas de soulever des interrogations non seulement sur le contexte de la déclaration, mais aussi sur l'opportunité d'une telle initiative.

En effet, c'est en présence du Medef International, la branche internationale du patronat français que le chef de l'Etat ivoirien a tenu ce discours de séduction afin d'inviter les opérateurs privés français à saisir les opportunités qui s'offrent à eux en investissant en Côte d'Ivoire. Le président Ouattara met en avant des dysfonctionnements constatés dans le système bancaire public gangrené par la corruption, les détournements et la mal gouvernance pour justifier son projet de privatisation des banques. De l'avis du président ivoirien, ces banques ne servaient qu’à « financer des dirigeants politiques ». Avant de soutenir que « l’Etat n’a pas sa place dans le secteur bancaire». Alassane Ouattara milite pour que l’Etat se désengage des activités productives dans le souci de réduire le poids du secteur public dans l’économie nationale. Il s'agit ici de permettre à l'Etat de se replier sur ses seuls domaines régaliens( santé, éducation, sécurité...), laissant au secteur privé le soin de faire fonctionner l’économie nationale. Mais il y a lieu de déterminer l'impact économique et social de ces privatisations annoncées avant de franchir ce pas au risque de sacrifier des secteurs qui auraient pu être le dernier refuge de l'Etat en cas de choc avec le privé. L'expérience a été démontrée lors de la crise post-électorale où l'ancien régime, pour contourner les dangers liés à la fermeture des banques françaises, a délocalisé les comptes des 155.000 fonctionnaires et agents de l’Etat, y compris les pensions des retraités vers les banques nationales. Comme quoi, c'est en cas de crise qu'on voit l'importance des entreprises publiques. En outre, pour les travailleurs de la Banque nationale d’investissement(BNI), Versus Bank, la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire(BHCI) ainsi que de la Caisse d’épargne , l'heure n'est plus à la sérénité depuis les déclarations du chef de l'Etat. Car par expérience, toute privatisation entraîne des restructurations allant jusqu'à des licenciements sans possibilité de reprise. Au moment où il est de plus en plus question de lutte contre le chômage, mettre les travailleurs à la rue constitue un lourd fardeau aux conséquences sociales imprévisibles. Pour certains, le nouvel homme fort ivoirien aurait dû mettre en place un système fiable à l'effet de garantir la pérennité de ces banques qui font partie du patrimoine de l'Etat. Car même en France où il a tenu ces déclarations, des banques comme la Banque Nationale de Paris ( BNP ), le Credit Agricole ( CA ), le Credit Lyonnais ( LCL ), sont des banques nationales qui coexistent avec les banques privées.

Bertrand GUEU

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