Après la mutinerie : Des conséquences sur l'économie ivoirienne


10/01/2017 | | Commenter l'article
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La mutinerie de 48 heures qu'ont connues Abidjan et plusieurs villes de l'intérieur du pays, risque d'être lourde de conséquences pour la Côte d'Ivoire en général, et pour son économie en particulier.

Le taux de 9% qui a rythmé la croissance économique de la Côte d'Ivoire ces dernières années, et dont s’enorgueillit bien souvent le chef de l’État, Alassane Ouattara, pourrait être impacté par la mutinerie du 6 au 7 janvier 2016. Voilà qu'après de nombreuses années pour redorer le blason du pays, quelques heures de tirs de militaires ont suffi pour remettre en cause la destination Côte d'Ivoire. En effet, la sortie inattendue de militaires dans les rues, est un signe d'instabilité politique et militaire, qui risque de déboucher sur un véritable recul pour le pays.

Et donc, le touriste qui faisait un programme pour le pays, peut changer d'avis parce qu'ici, les militaires peuvent sortir de leurs casernes quand ils veulent, et tout bloquer. En somme, c'est l'image de la Côte d'Ivoire touristique qui prend un coup après cette mutinerie, étant entendu que les bruits de bottes et les coups de canon ne sont pas des produits d'appel touristique. Des premières heures du vendredi au samedi, les transports des personnes et des marchandises à Abidjan et à l'intérieur du pays, ont été perturbés. Les opérateurs économiques directement liés à ce secteur d'activités n'ont certainement pas atteint leur rendement habituel. Ce ne sont pas les responsables de la société d’État Sotra qui diront le contraire. A Abidjan, le samedi, la population s'est terrée, pour éviter tout désagrément. Habituellement téméraires, les chauffeurs des mini-cars (communément appelés gbaka) ont dû stationner leur véhicule, faute de clients. Des sociétés de transport comme Utb, ont interrompu des lignes de l'intérieur parce que ne pouvant ni exposer leurs engins ni leurs clients.

Les ports d'Abidjan et de San-Pedro n'ont pas échappé au rythme imposé par la mutinerie. Sans oublier que des travailleurs qui avaient des obligations dans leur service, n'ont pas pu faire le déplacement. De nombreux opérateurs économiques n'ont également pas pu respecter leurs engagements, que ce soit pour des marchés, des contrats, des commandes... C'est en somme un « samedi noir » pour les entreprises privées et publiques. Que diront-elles à leurs partenaires à l'extérieur ? ''Il y avait une mutinerie''. Autrement, la Côte d'Ivoire n'a pas encore fini avec son instabilité politique. L'image même du pays qui veut être émergent à l'horizon 2020 est salie. Combien sont-ils les investisseurs courageux qui vont venir malgré tout ? Ils sont nombreux ceux qui vont retenir l'erreur de la mutinerie contre les bonnes actions posées par la Côte d'Ivoire depuis plusieurs années. Cela peut se traduire par une annulation des intentions formulées, une révision des engagements pris, ou un changement de plan au détriment du pays.

Que peut-on faire avec un pays qui affectionne les crises ? Le chef de l’État, qui sait combien a coûté la réhabilitation de l'image du pays, a fait une remarque lorsqu’il lisait sa déclaration. «Elle ternit (ndlr : la mutinerie) l’image de notre pays après tous nos efforts de développement économique et de repositionnement diplomatique », a déploré Alassane Ouattara. Bien entendu, le président de la Côte d'Ivoire est conscient que le taux de croissance et les affaires sont sensibles aux mutineries. Quelques jours plutôt, dans le cadre de son message de nouvel an à la nation, tout heureux, il affirmait :« Notre économie se porte bien. Avec un taux de croissance estimé à environ 9%, par an, en moyenne, au cours de ces cinq dernières années, la Côte d’Ivoire se classe parmi les économies à fort taux de croissance dans le monde. Notre pays est cité en exemple pour ses performances économiques ».

H. K-N

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