Bocanda : L’extraction de l’or divise les populations.

• Un détenteur saisi
17/02/2017 | | Commenter l'article
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L’orpaillage, véritable gangrène dans la sous-région ouest-africaine, est plus que jamais d’actualité dans le département de Bocanda. Dans cette région au passé glorieux (ancienne boucle du cacao), l’extraction de l’or a commencé à étendre ses tentacules dans le village d’Aboutoukro, sous-préfecture de Kouadioblekro.

 

Dans cette localité, l’orpaillage clandestin n’est pas sans conséquences pour la population. En effet, si dans des localités, cette pratique est l’œuvre de la communauté villageoise elle-même, ce n’est pas le cas à Aboutoukro où la population est fortement divisée. Pour cause, il y a d’un côté, ceux qui creusent le sol à la recherche de pépites d’or, et de l’autre, ceux qui s’opposent, à l’image de Nanan Aboutou Koffi Kouassi. Cette autorité coutumière est partagée entre la destruction des forêts et les jeunes qui ont trouvé en l'or, une occasion en or. Pour elle, les parents sont en train de détruire le peu de forêt qui leur reste, et ils abîment les terres cultivables. Nanan Aboutou a donc décidé de tirer la sonnette d’alarme. Pour ce faire, il a porté une plainte contre les orpailleurs clandestins auprès du procureur de la République près de la section du Tribunal de Dimbokro. Le notable Siallou Emmanuel que nous avons rencontré, a confirmé que la tension est toujours vive car, la population est sur le pied de guerre depuis le démarrage de l’exploitation de ce métal précieux.

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Pour en savoir davantage, nous sommes allé chercher de l’or à Aboutoukro où les champs sont en passe d’être abandonnés au profit de cette activité. Ici, les sites sont exploités dans la clandestinité. Lors de notre passage, nous avons vu plusieurs enfants du village, au nombre desquels, des élèves sur le site, pioches et pelles en main. Interrogés sur leur présence en ce lieu, deux élèves ont dit mener cette activité pour gagner un peu d'argent. Sur le site visité, on n’utilise aucun produit chimique car, le détecteur de métaux fait bien l’affaire. Et c’est au détenteur de ces détecteurs que revient le tiers du gain, après le propriétaire de la parcelle et les manœuvres. Pour Mme Kouassi née Yao Arnaud, sous-préfète de Kouadioblekro, l’administration préfectorale s’échine à préserver l’intérêt de l’État et des populations.

Aussi, invite t-elle les orpailleurs à sortir de la clandestinité, et à travailler dans la légalité, en se mettant en règle vis-à-vis de la loi. A l’en croire, seul le projet ‘’Ebo Edo’’, relatif à la culture du manioc dans les 14 villages de ladite circonscription, peut freiner l’ardeur des orpailleurs et partant, des jeunes qui s’affairent à la recherche de l’or. Non sans insister sur la sensibilisation, avant d’interpeller la chefferie traditionnelle. Quand nous quittions Aboutoukro, l’autorité administrative avait fait arrêter les travaux, en saisissant le détecteur, l'appareil conçu pour repérer tout métal, et qui joue un grand rôle dans la recherche de l’or.

 

Etienne Jesus

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