Après la descente des policiers à Adjamé Roxy : Les vendeuses changent de stratégie pour écouler les faux médicaments


Le mercredi 3 mai 2017, des forces de l’ordre ont fait une descente au plus grand marché de faux médicaments de la Côte d’Ivoire, à Adjamé-Roxy. Quarante tonnes de produits phamaceutiques et chimiques y ont été saisies.

 Mais le vendredi 5 mai 2017, autour de 11h, un tour en ce lieu nous a permis de nous faire une idée de ce qui s’est passé, mercredi. En effet, le dos tourné au boulevard Nangui Abrogoua, devant nous, à notre gauche, des femmes, assises, derrière des tables, un peu comme dans des box, bien que ne présentant pas de produits, demandent, à chaque passant ce qu’il veut acheter. C’est leur nouvelle technique d’approche, la nouvelle stratégie pour ne pas que tout venant voie les médicaments. Ces femmes semblent meurtries par le passage des forces de l’ordre. ‘’ Elles ont tout perdu. Les policiers sont venus et ont tout ramassé, du petit matin, jusqu’à la mi- journée'’, nous informe un bouquiniste, tenant un magasin, à côté, avec qui nous faisons des achats, question de lui arracher quelques mots sur les conséquences de l’opération d’il y a quelques heures. ‘’ Elles ont de gros clients. Ceux-là n’ont pas besoin de voir les produits avant de passer leurs commandes. Et le travail continue'’, nous confie un habitué des lieux.

Certaines vendeuses ont, sous leurs tables, complètement au fond, des cuvettes contenant des produits. Mais elles sont couvertes de pagne. Pour éviter d’être repéré comme un intrus, nous ne leur posons pas de question, sauf qu’à suivre leurs mouvements, dans la discrétion, la plus totale. Ici, elles sont plus de deux cent à certainement avoir été victimes de la descente des policiers, si l’on s’en tient à leur façon de faire. Lesdits produits étaient exposés dans de grosses cuvettes, sur des tables ou des tabourets, au vu et au su de tous.

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Seulement, nos sources nous font savoir que la vigilance est maintenant de mise avec des ‘’ indics'’ placés, çà et là, pour donner l'alerte en cas de présence humaine tendant à faire planer des soupçons de saisie ou d’arrestations. Poursuivant notre randonnée, nous prenons la direction du marché gouro. ‘’Tonton, demande seulement ce que tu veux et tu seras servi'’, nous hèle une vendeuse de faux médicaments, assise derrière une cuvette pleine de produits cachant son visage, à quelques pas du point de dépôt des ordures. Nous entrons dans ledit marché, sur plus de deux cent mètres.

Le constat est que tout ce qui se vend dans une officine moderne s’y trouve. ‘’ Nous vivons de cela. J’ai trouvé ma mère faire ce commerce. Moi, je fais également la même chose depuis quinze ans'’, nous apprend une vendeuse qui insiste pour que nous achetions ses produits, quand nous lui posons la question de savoir si le mouvement de mercredi ne l’a pas atteinte. ‘’ Nous avons plusieurs trous. Les policiers sont arrivés très tôt donc on n’était pas encore installé. Même si on était ici, moi je suis au fond du marché. Un dispositif a été mis en place pour qu’en cas d’attaque, depuis le boulevard Nangui Abrogoua, j’entre dans un trou avec mes produits'’, lâche la jeune fille. Le marché de faux médicaments, s’anime d’ailleurs comme si rien ne s’était passé mercredi. Rappelons que depuis plusieurs années, des menaces de démolition de ce marché de faux médicaments planent. Plusieurs tentatives ont échoué. Celle de mercredi en a également tout l’air.

 

Dominique FADEGNON

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Dominique Fadégnon

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  • SOURCE: Soir info
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