Débat sur le franc Cfa : Voici l'avis de la France

. Koné Adama (ministre de l’Économie et des Finances): "Nous avons une bonne monnaie"
17/04/2017 | | Commenter l'article
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Michel Sapin, ministre français de l'Economie et des Finances, Photo: DR

Le vendredi 14 avril 2017, le sujet du débat sur le franc Cfa, mené depuis quelque temps par des économistes, s'est invité à la conférence de presse organisée en marge de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances de la zone Franc, à Sofitel hôtel Ivoire à Cocody.

 Face aux questions des journalistes relatives à la stabilité, la souveraineté du franc Cfa ainsi qu'au rôle joué par le Trésor français, le ministre français de l’Économie et des Finances, Michel Sapin a réagi. "Lucidité, volonté et solidarité. C'est ce que j'ai profondément ressenti au cours de cette journée de travail et qui me donne beaucoup d'espoir, beaucoup d'optimisme dans la capacité aux pays de la zone franc de réagir. Sur la zone franc elle-même et le franc Cfa, je n'ai rien à dire de plus que ce qu'ont dit les Africains eux-mêmes. Je répète toujours cette phrase parce que j'y crois profondément : c'est une monnaie qui appartient aux Africains. Il n'y a pas de question de souveraineté (...) En zone euro, nous avons mis en commun une monnaie. Je sais ce que nous devons, en termes de stabilité, de capacité à réagir, à cette monnaie. Et, c'est un choix de souveraineté que d'avoir une monnaie qui est une monnaie unique avec d'autres pays. C'est le même choix de souveraineté qui est fait avec les pays africains eux-mêmes. Le franc Cfa, malgré son nom (puisqu'il porte ce nom historique), est la monnaie des Africains. Certaines propositions sont sur la table. Le président Ouattara (ndlr : président de la Côte d'Ivoire) a, il y a quelques jours, dit un certain nombre de choses, y compris la question du nom. Les propositions, si elles doivent être faites, elles seront faites par les Africains eux-mêmes, par les pays concernés. S'il doit y avoir des évolutions, ce sont des évolutions qui correspondront aux besoins des Africains et seront exprimés par les Africains eux-mêmes. Il n'est pas question que la France (je ne sais pas comment d'ailleurs) décide à la place de ses partenaires. Nous sommes là en appui, en soutien. Nous sommes là pour garantir la convertibilité; ce qui est très important pour la stabilité globale de la zone. Mais c'est les Africains et les Africains seuls qui décideront de l'avenir de leur monnaie", a affirmé le ministre Michel Sapin.

Sur le sujet: Le gouverneur de la Bceao rompt le silence sur le franc Cfa

Présidant cette rencontre avec la presse, le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, Koné Adama, s'est voulu clair. Pour lui, ceux qui s'inquiètent de l'avenir du franc Cfa "n'ont pas de souci à se faire". "La président de la République l'a dit, il y a deux ou trois jours. Le franc Cfa se porte bien. Si nous regardons le taux de croissance de la zone Uemoa (ndlr : Union économique et monétaire ouest africaine), nous avons l'un des meilleurs taux au monde (...) Nous avons une bonne monnaie. Nous avons une bonne zone. Je crois qu'il faut s'en féliciter et s'en contenter", a souligné le ministre Koné Adama.

Co-animant cette conférence, les gouverneurs Abbas Mahamat Tolli de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac), François Villeroy de Galhau de la Banque de France, et Tiémoko Meyliet Koné de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest (Bceao), ainsi que les ministres des Finances Amadou Ba du Sénégal et Calixte Ganongo du Congo ont partagé le même avis quant à la stabilité que confère la zone franc aux pays concernés.

Amélioration des prestations sur les marchés financiers internationaux

En tout cas, à la cérémonie officielle d'ouverture, la question de l’amélioration des prestations sur les marchés financiers internationaux a été abordée. Et, ouvrant la réunion, le Premier ministre ivoirien, Amadou Coulibaly, a fait savoir que "d'importants défis nous (ndlr : Africains) attendent, à savoir la lutte contre la pauvreté, le développement des infrastructures...".

En toile de fond de cette importante réunion: l’adoption d’une feuille de route pour une meilleure intervention des pays membres sur les marchés financiers internationaux. Le ministre Adama Koné, a indiqué, à l’entame des travaux, que le diagnostic des interventions des pays membres de la zone économique sur ces marchés devra être posé en vue de mettre en place des dispositifs pertinents pour les améliorer. «…Les leçons tirées, par nos différents pays, de leurs interventions sur les marchés financiers internationaux seront examinées et devront aboutir à l’adoption d’une feuille de route pour une exploitation efficiente», a-t-il expliqué.

Le ministre s’est par ailleurs réjoui du choix de la capitale ivoirienne pour abriter ces réflexions. Lesquelles permettront non seulement d’examiner la situation économique dans les deux grandes zones économiques, à savoir la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) mais également feront d'Abidjan le lieu de réflexion au développement des pays membres de la communauté. Cela, notamment par le renforcement de la coopération monétaire et la promotion des échanges commerciaux inter-Etats.

Autre outil de développement économique en préparation, les débats ont porté également sur le Compact G20 pour l’Afrique. Il s'est agi, pour les participants, de croiser les réflexions sur les moyens de tirer le meilleur profit de cette initiative du G20. Les experts de la zone se sont auparavant réunis, le 13 avril 2017, en prélude à la tenue de cette réunion. (Nous y reviendrons).

 

Hermance K-N

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  • SOURCE: Soir info
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