Transport/Train urbain d'Abidjan : Le financement du projet réévalué

• Un montant additionnel de 263 milliards de Fcfa évoqué
Photo d'illustration

L’État de Côte d'Ivoire peut, à présent, envisager le démarrage des travaux de la ligne 1 du métro d'Abidjan. Le financement attendu est enfin bouclé. Cela grâce à la France qui a décidé d'octroyer à la Côte d'Ivoire un appui financier de 918,34 milliards de Fcfa (1,4 milliard d'euros).

 L'information a été donnée par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, samedi 15 juillet, par voie de communiqué. L'attente aura duré plus de quatre ans pour lancer un projet aussi important pour la ville d'Abidjan qui souffre de la congestion de son système de transport terrestre. Mais pour parvenir à ce stade, l'Etat de Côte d'Ivoire a dû faire des choix qui certainement seront lourds de conséquences, au plan financier. Il s'agit notamment du montant de ce projet, qui ne manque pas de susciter des interrogations.

En effet, si le projet de train urbain d'Abidjan n'a pu décoller jusqu'à ce jour, c'est à cause de son coût jugé exorbitant par la partie ivoirienne. L'entreprise attributaire dudit projet, à savoir le consortium Star (Société abidjanaise de transport sur rail), au départ, avait estimé le coût à 500 millions d'euros (plus de 327 milliards de Fcfa). Puis, à la suite d'une réévaluation, Star a fixé un nouveau montant : 1 milliard d'euro (655 milliards de Fcfa), ''à prendre ou à laisser''. L'entreprise invoquant «des risques importants et un niveau de qualité élevé de l'ouvrage» pour justifier cette hausse du budget.

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Ce montant, l’État de Côte d'Ivoire n'était pas disposé à le débourser. Ce d'autant plus qu'une simple comparaison a permis de savoir que pour la réalisation d'un tel projet, un financement en deçà de celui proposé par le consortium détenu par les français Bouygues (33%) et Keolis, filiale de Sncf (25%), et les sud-coréens Hyundai Rotem (33%) et coréen Dongsan engineering (9%), pouvait suffire. L’État de Côte d'Ivoire fait référence, notamment, au tramway d’Addis-Abeba (412 millions d’euros, soit plus de 270 milliards de Fcfa pour 34,3 km) et au [futur] train express régional de Dakar (744 millions d’euros, soit plus de 488 milliards de Fcfa pour 57 km), là où la ligne 1 du métro d'Abidjan, longue de seulement 37,9 Km, est évaluée à 1 milliard d'euro (655 milliards de Fcfa).

En plus, le gouvernement fait remarquer qu'il existe déjà à Abidjan une importante infrastructure ferroviaire qui sera d'ailleurs affectée à ce projet. Mais, les parties ne parviendront pas à s'entendre. Un statu quo s'installe, le projet est rangée aux tiroirs, en attendant... Dans une offensive diplomatique, le président de la République, Alassane Ouattara, est parvenu à obtenir du nouveau président français, Emmanuel Macron, la mise au goût du jour du projet. Pour les Ivoiriens, la Côte d'Ivoire était parvenue à ''imposer'' au partenaire un montant plus raisonnable. Mais non, on s'est fait avoir !

 

Tous d'accord sur un montant encore plus élevé

 655 milliards de Fcfa : l’État de Côte d'Ivoire oppose un refus catégorique. 918 milliards de Fcfa, soit une augmentation de 263 milliards de Fcfa du montant du financement initial : voilà qui contente enfin les deux parties, pour démarrer le projet. Question : qu'est-ce qui a bien pu se passer entre-temps ? La Côte d'Ivoire aurait-elle subi des pressions pour se soumettre à une ''nouvelle dette'' aussi importante ? Par quelle gymnastique est-on parvenu à une pareille entente ? Sur toutes ces questions, le gouvernement reste peu bavard. Pareil du côté de l'entreprise attributaire du projet, le consortium Star. Même si le financement est garanti par la France, nul n'est dupe, à savoir que c'est un prêt que la Côte d'Ivoire devra tôt ou tard rembourser. Mais à quel taux d'intérêt ?

Là également, aucune réponse pour l'instant. Ce qui est certain, c'est que tous les obstacles ont été levés au niveau financier et l'entreprise en charge de l'exécution du projet est également connue. Les travaux peuvent donc commencer. Le métro d’Abidjan, faut-il l'indiquer, est en fait un train urbain. Il doit traverser, dans un premier temps (première phase du projet), la capitale économique ivoirienne du nord au sud. Puis, dans une seconde phase, l'ouverture de nouvelles liaisons permettra de faire un maillage de la ville. Le métro d'Abidjan va transporter, pour la phase de lancement, 300 000 passagers par jour.

Sur le sujet: De nouvelles avancées sur le projet du métro d'Abidjan

Précisons que l'enveloppe globale dégagée par la France est estimée à 1 394 milliards de Fcfa. Elle vise à financer des projets prioritaires inscrits au Plan national de développement (Pnd) 2016-2020. Une part (918,34 milliards de Fcfa) est affectée au projet de la ligne 1 du métro d'Abidjan. Et l'autre, 475 milliards de Fcfa (725 millions d'euros), va servir au financement de projets dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures routières, de la santé, de la sécurité, de l'éducation et de la formation.

 

Elysée LATH

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