Gouvernance, services sociaux, infrastructures… : Un rapport de l'Union européenne accable les autorités ivoiriennes


Les résultats du rapport provisoire de l'Évaluation de la coopération de l'Union européenne (Ue) avec la République de Côte d'Ivoire, menée par une équipe de consultants indépendants sur la période 2007-2015, sont connus depuis le mercredi 27 septembre 2017.

Ces résultats, publiés au cours d'un atelier organisé dans un hôtel à Abidjan-Plateau, accablent les autorités ivoiriennes en ce qui concerne la mise en œuvre de projets dans le domaine de la gouvernance, dans le secteur des services sociaux, les infrastructures économiques, l'agriculture et le développement rural. Le rapport de l'Ue présente des résultats mitigés en matière d'amélioration de la gouvernance. « L'Ue, avec les autres Partenaires techniques et financiers (Ptf), a accompagné la Côte d'Ivoire vers une sortie durable de la crise, notamment en ce qui concerne les élections et la démobilisation, ainsi que la réintégration des ex-combattants. (…)

Malgré une approche coordonnée, les attentes de l'Ue et des autres Ptf en matière de dialogue sur les politiques n'ont pas été satisfaisantes. Les objectifs de promotion du commerce international n'ont pas été atteints ; la société civile, bien que renforcée, ne joue pas encore pleinement son rôle de plaidoyer ; et l'introduction de nouveaux outils de gestion des finances publiques n'a pas donné de résultats », présente le rapport. S'agissant des services sociaux, le rapport note que la Côte d'Ivoire a encore des défis très importants à relever dans le secteur de la santé qui se caractérise par un taux de mortalité maternelle élevé (614 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2012, selon le rapport).

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Concernant le secteur des infrastructures économiques, le rapport souligne que l'Ue a surestimé la volonté et la capacité du gouvernement ivoirien à mettre en œuvre les réformes nécessaires dans ledit secteur, « une situation qui risque de se retrouver dans le secteur de l'énergie ». Au vu de ces résultats, l'équipe de consultants a fait des recommandations qui prennent en compte la stratégie de coopération et les domaines d'intervention. S'agissant de la stratégie de coopération, les experts ayant élaboré le rapport proposent de mieux prendre en compte les facteurs de fragilité du pays. Ils proposent, à travers cette approche, de mieux intégrer les questions de contrat social et de cohésion sociale, ainsi que les défis d'une croissance partagée et durable dans les choix stratégiques, les analyses et les actions menées en Côte d'Ivoire.

Pour ce qui est du domaine d'intervention de la gouvernance, l'équipe de rédaction du rapport recommande de mieux articuler et documenter l'approche combinant le dialogue politique, le dialogue sur les politiques, et le partenariat élargi. Représentant le ministre de l'Économie et des finances à cette rencontre, le chef de cabinet, Charles Douais, a indiqué que l'Ue reste un partenaire important qui accompagne la Côte d'Ivoire dans l'exécution du Plan national de développement (Pnd), « notamment avec l'énergie, pour un montant de 91 milliards de Fcfa, le secteur du vivrier et du foncier rural, pour 39 milliards de Fcfa », a-t-il dit.

Charles Douais a rappelé que sur la période 2007-2015, l'Ue a apporté des contributions substantielles à la Côte d'Ivoire pour la mise en œuvre des Pnd respectifs, à travers le 10ème Fonds européen de développement (Fed), 143 milliards de Fcfa pour le Pnd 2012-2015 et le 11ème Fed, 179 milliards de Fcfa pour le Pnd 2016-2020.

 

Irène BATH          

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