Fêtes de fin d'année : Comment les transporteurs abusent des clients

• La position de la Coordination des gares routières

Les fêtes de fin d'année sont des périodes pendant lesquelles les transports sont très sollicités. Dans une métropole comme Abidjan, le moyen de transport le plus utilisé, surtout dans les quartiers populaires comme Yopougon, Abobo, Adjamé, etc., reste les minicars communément appelés gbaka.

En cette période de grande affluence où la demande est très forte, les transporteurs ne font pas de cadeau à leurs clients. Non seulement les véhicules sont rares, mais en plus, le coût du transport grimpe. C'est le cas, dans la commune de Yopougon, où les usagers de transports en commun sont soumis au diktat des chauffeurs véreux. Ils sont obligés de débourser le double, voire le triple de ce qu'ils dépensaient pour la même distance. Le 23 décembre 2017, la situation était intenable. « Nous payions 300 Fcfa pour la distance Yopougon Maroc – Adjamé Liberté, en temps normal. J'ignore pour quelle raison les chauffeurs de gbaka nous font payer 500 Fcfa, voire 700 Fcfa, pour la même distance », dénoncent des passagers d'un gbaka.

En effet, les transporteurs mettent au point des stratagèmes afin de soutirer le maximum d'argent à leurs usagers. Cela en renonçant à faire les lignes directes Yopougon – Adjamé ou encore Abobo – Adjamé. Ils préfèrent scinder la distance en deux, voire trois. Par exemple, lorsque les véhicules chargent à Niangon-Académie, ils déversent les clients soit au Keneya, pour un montant de 300 Fcfa, soit à la Siporex, pour le même montant. Ces derniers empruntent un autre véhicule, pour lequel ils devront débourser entre 300 Fcfa et 500 Fcfa pour rallier la commune d'Adjamé. « C'est leur période de traite. Qu'ils profitent pour s'enrichir, parce qu'après ils n'auront plus cette occasion », lance avec un air ironique un passager.

A lire aussi: Fêtes de fin d'année/ Ce qui se passe dans les marchés

De leur côté, apprentis gbaka et chauffeurs n'en ont cure des récriminations de leurs clients. Ils vont même jusqu'à lancer aux ''chialeurs'' que « celui qui ne peut pas payer, qu'il descende pour aller monter dans sa voiture personnelle ». Toutefois, quand il s'agit de donner les raisons qui les poussent à agir de la sorte, les transporteurs évoquent en premier la question des embouteillages qui les pénalisent le plus souvent, alors qu'ils sont tenus de verser la recette journalière [imposée]. De ce point de vue, ils apprécient mal qu'on leur reproche d'être de mauvaise foi, d'autant plus que chacun est guidé par des intérêts qui varient selon qu'on soit usager ou transporteur.

Le phénomène de la flambée des coûts du transport est connu de la Coordination nationale des gares routières de Côte d'Ivoire (Cngr-Ci). Pour son président, Touré Adama, il y a deux facteurs qui expliquent cela. Le premier, c'est l'augmentation du prix du gasoil à la pompe intervenue récemment. « Cela a obligatoirement une incidence sur le coût du transport », dira-t-il. Le deuxième facteur qu'il a relevé concerne les embouteillages. « Vous savez très bien que c'est le temps qui fait notre recette. Nos véhicules ne peuvent donc pas aller s'embourber dans des embouteillages », a-t-il ajouté.

Touré Adama a noté aussi qu'en prévision des bouchons constatés sur les principaux axes routiers de la ville d'Abidjan, les transporteurs ont élaboré un plan de circulation pour justement éviter les engorgements. Mais, regrettera-t-il, cela n'a jamais été pris en compte par l'Observatoire de la fluidité des transports (Oft). Aussi, il a confié que l'Unité de régulation de la circulation (Urc) ne collabore pas non plus avec la Coordination. « On a constaté qu'il n'y a pas de policiers aux alentours des gares d'où les véhicules sortent, pour réguler la circulation. Ils préfèrent orienter leurs actions sur l'axe Cocody-II Plateaux plutôt que dans les endroits où les opérateurs économiques exercent pour renflouer les caisses de l’État », a dénoncé Touré Adama.

Cet état de fait l'amène à faire comprendre aux populations abidjanaises que ce n'est pas de gaieté de cœur que les chauffeurs font les démi parcours. « Un conducteur qui quitte Niangon veut bien arriver à Adjamé. Mais s'il sait qu'en y allant il perdra sa journée, donc ne fera pas sa recette, il est obligé de faire un transport sectionné », a-t-il justifié, avant d'indiquer que l'essentiel pour les transporteurs, c'est de parvenir à assurer le déplacement des populations.

 

Elysée LATH

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.ci, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Elysée Lath

|

  • SOURCE: L'inter
Previous ◁ | ▷ Next
Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte