Aide au développement : Ce que relève un rapport sur la transparence des organisations de développement


Lancé en 2008, l’indice sur la transparence de l’aide est une initiative de « Piblish what you fund » (publiez ce que vous financez, en anglais) qui vise à rendre transparentes et disponibles les informations sur l’aide et le développement en vue de la prise de décisions efficace, la responsabilité publique et le changement durable pour l’ensemble des populations.  

Dans son édition 2018, le rapport a insisté sur le défi de la transparence au regard de la nécessité d’une aide au développement qualitative et quantitative mais aussi la multiplicité des acteurs impliqués dans l’aide au développement. Les contours de l’aide au développement sont, selon le rapport, en pleine mutation avec l’implication de plus en plus importante du secteur privé moins orientés vers la réduction de la pauvreté et la fragmentation du budget de l’aide au développement entre une diversité d’acteurs qui rend difficile un aperçu général de l’aide au développement. La mise à disposition d’informations sur tous les aspects des projets financés est nécessaire pour assurer la durabilité et l’efficacité à long terme de l’aide au développement de projets futurs, comme relevé par les experts ayant travaillé à l’établissement de cet index 2018.

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 A chaque étape de la réalisation du projet, la transparence doit être de mise. Ainsi, la disponibilité d’informations avant la mise en œuvre peut aider à améliorer le projet. Lorsque le projet est en cours rendre transparent sa mise en œuvre aidera à diriger efficacement sa mise en œuvre et les activités parallèles tout en favorisant l’implication des différentes parties. Par ailleurs, a souligné le rapport, la transparence doit être également de mise à la fin du projet pour permettre aux uns et aux autres de prendre connaissance de son effectivité, des difficultés rencontrées et des solutions qui ont permis l’atteinte des objectifs. Ainsi les actions stratégiques et la politique générale du donateur, le chemin emprunté par les fonds, les montants exacts des ressources alloués à chaque activité, les acteurs concernés, les délais sont autant de données qui doivent être consultables par l’ensemble des populations, selon le rapport.

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« Les enjeux sont trop élevés pour que l'aide et la coopération au développement soient des suppositions. La lutte contre la pauvreté et les inégalités pour soutenir le développement à long terme doit être fondé sur une information opportune, comparable et accessible, ouverte à tous, ce qui à son tour permet un examen public », y lit-on qui a regretté quelques manquements à cette transparence.    Par ailleurs, apprend notre source, cette transparence a des effets positifs sur la décision d’éventuels bâilleurs de financer les projets de développement comme cela se fait en Afrique en particulier. « En Asie et en Afrique, les communautés locales et les organisations qui les soutiennent, utilisent un système d'alerte précoce fondé par le International Accountability Project (IAP) et le Centre pour le droit international de l'environnement. Le système leur permet d'accéder à des informations vérifiées sur les projets proposés par 13 Institutions de financement du développement, la plupart susceptibles d'avoir un impact sur l'environnement et les droits de l'homme. », souligne le document. 

Classement. Alors que la plupart des institutions de développement notamment la Banque mondiale-Association internationale de développement, la Banque asiatique de développement, le Département du Développement international britannique, la Banque africaine de développement et le Milenium Challenge corporation de l’administration américaine surclassent le classement avec un indice « Très bien », certains se comportent moins bien. C’’est le cas de l’Unicef, le Pepfar et la Giz qui eux sont classés « « Bien » tandis que l’Etat américain, la défense américaine, la fondation Bill et Melinda Gates et l’Agence française de développement s’en sortent avec une notation « Juste ».

L’agence japonaise de coopération internationale (Jica) et son homologue coréenne (Koica) sont dans l’orange avec un indice dit « Pauvre ». Les trois organisations qui ferment le classement sont le Ministère des affaires étrangères japonais, le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale de l’Arabie-saoudite et le ministère du Commerce chinois.

Alassane SANOU

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  • SOURCE: Linfodrome
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