Investissements directs étrangers : La Côte d'Ivoire et le Kenya, la convoitise des hommes d'affaires


Les investisseurs internationaux seraient de plus en plus attirés par les économies africaines, si l'on en croit une étude du cabinet conseil Havas Horizons, publiée fin juillet 2018. Intitulée «Financer la croissance africaine à l’horizon 2023: perception des investisseurs internationaux», cette étude révèle que 92% des investisseurs internationaux réaffirment leur optimisme et renouvellent leur confiance quant aux perspectives économiques du continent durant les cinq prochaines années.

Ils sont aussi 80% à envisager de renforcer leurs positions en Afrique, d’après cette enquête réalisée auprès d’un panel de dirigeants (Ceo, directeurs Afrique, directeurs financiers, analystes senior, etc.) de 50 grands groupes mondiaux opérant en Afrique dans divers secteurs d’activités, dont Goldman Sachs, Rothschild & Co, Saint-Gobain, Sanofi, Gold and General, Société générale, Cfao Retail et Quilvest Private Equity.

L'Ouest en tête. Cette année, les pays jugés les plus prometteurs par les investisseurs se concentrent majoritairement en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est. Il s’agit, dans l’ordre d'attractivité, de la Côte d'Ivoire (63%), du Kenya (61%), du Nigeria (39%) et du Ghana (37%). L’Afrique du Sud (34%) complète le Top 5. Soit trois pays d'Afrique de l'Ouest dans le top 5. Selon l'enquête, 64 % des investisseurs interrogés désirent renforcer leurs investissements dans cette sous-région, contre 9 % qui veulent les réduire.

Dans cet autre classement des pays les plus attractifs du continent, la Côte d’Ivoire (63%) occupe la tête du peloton, après une entrée dans le Top 5 en 2017 (2ème position), grâce notamment à sa forte croissance économique. Le Ghana, lui, après une année d’absence, fait son come-back dans le Top 5. Il faut souligner que, dans l'ensemble, l'Afrique de l'Ouest enregistre une hausse constante depuis 2016. Selon la Banque africaine de développement (Bad), elle devrait atteindre 3,8 % en 2018 et 3,9 % en 2019.

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Quant au Kenya, il se maintient au même niveau d’attractivité pour les investisseurs. Cette stabilité s’explique essentiellement par une grande résilience liée à la diversification de son économie. En Afrique de l’Est, 49 % des investisseurs souhaitent renforcer leurs positions, contre un score de 67 % dans l’édition 2017 du baromètre. La sous-région enregistre le taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) le plus important du continent (5,9 % en 2017 et supérieur à 6 % en 2018 et 2019), mais cette embellie est un peu ternie par les guerres civiles et l’insécurité qui prévalent dans certains pays comme la Somalie et le Soudan.

Régions préoccupées. Pour le reste, avec 38% des investisseurs sondés qui souhaitent y renforcer leurs activités, l’Afrique du Nord arrive en troisième position, devant l’Afrique australe (31%), qui enregistre pour la première fois un membre dans le Top 5 : l'Afrique du Sud. L’Afrique Centrale est, quant à elle, la lanterne rouge de l’attractivité. Il s’agit de la seule sous-région du continent où les répondants souhaitent davantage réduire leur volume d’investissements (20 %) que l’accroître (16 %).

Notons que le Maroc arrive en 6è position dans le classement des pays africains les plus attractifs pour les investisseurs, devant le Sénégal, l’Ethiopie, l’Egypte et le Rwanda. Au bas du tableau, on trouve le Soudan, le Zimbabwe, la Zambie et la République démocratique du Congo. Globalement, ces pays, considérés comme les plus risqués, semblent pénalisés par des inerties découlant avant tout d’une instabilité politique chronique ou d’une situation sécuritaire préoccupante.

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Secteurs cibles. Les secteurs d'activités jugés les plus porteurs par les investisseurs sont, comme l'an dernier, les services financiers, la grande distribution et l'énergie. Porté par les efforts d’amélioration du taux de bancarisation et le dynamisme des principales places boursières du continent, le secteur des services financiers occupe cette année la première marche du podium. 23% des sondés estiment que ce secteur, qui occupait la 3è place dans la précédente édition du baromètre de Havas Horizons, est au cœur des enjeux d’avenir. La grande distribution occupe le 2è rang (16%), bénéficiant de l'émergence d'une classe moyenne et de l'augmentation de la demande intérieure. L'énergie (14%) s'en trouve ainsi reléguée à la 3è position.

 

Elysée LATH (Source : Agence Ecofin)

 

Elysée Lath

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  • SOURCE: L'inter
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