Dette chinoise, migration : Un ancien président de la Bad fait des révélations


Les questions de la gestion de la dette dans les Etats mais aussi de la migration étaient au menu lors du passage de l’ancien président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, sur les antennes de Rfi, le week-end dernier.

L’ex-ministre des finances rwandais, aujourd’hui à la tête d’une banque privée créée avec l’ancien Premier ministre béninois, Lionel Zinsou n’a pas manqué d’aborder ces deux questions lors de son passage sur le média français. Il a, à l’occasion, indiqué que contrairement à certaines perceptions, une dette, quel qu’en soit le pays où elle a été contractée, doit faire l’objet d’une gestion optimale. « Peu importe l’origine de la dette. (…) La gestion de la dette est quelque chose qui est très importante. La gouvernance de la dette, la transparence, oui mais cela n’a rien à voir avec la dette d’un tel ou d’un tel autre pays. (…) Il faut la surveiller mais je ne suis pas parmi ceux qui commencent à crier gare à la dette chinoise et autres », a-t-il éclairci. Et de recommander, en ce qui concerne la bonne gestion des dettes, un réinvestissement optimal de ces ressources ainsi mobilisées afin d’en tirer le meilleur profit.

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« Maintenant, il faut bien gérer la dette, bien investir que ce soit les eurobonds ou la dette chinoise. Mais je ne pense pas que nous soyons sur le chemin d’une autre crise de la dette dont j’entends souvent parler. Il y a effectivement une dizaine de pays où l’accumulation de la dette a été assez rapide, souvent de 20 à 50% du Pib pendant une période très courte. Cela demande une attention quelle que soit l’origine de la dette. Mais dans la plupart de nos pays, la gestion de la dette me semble transparente», a rassuré M. Kaberuka. Qui a fait savoir qu’à l’inverse de la crise de la dette des années 1990, les économies africaines présente l’avantage d’être positives aujourd’hui. Il en a voulu pour preuve les cas de croissance allant au-delà des 6%. Aussi, dira t-il, les risques d’une autre crise de la dette sont tolérables bien qu’il soit nécessaire de surveiller la dette.

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S’agissant de la question de la migration, l’invité de la radio française relativise. En effet, a-t-il appris, la proportion de migrants africains qui se déportent vers l’Europe reste à ce jour marginale comparée à celle enregistrée au niveau continental. « Ce n’est que 3% de tous les migrants de l’Europe qui viennent de l’Afrique. Est-ce que vous savez que la plus grande partie de migration africaine est intra-africaine ? (…) », a souligné l’ex fonctionnaire qui a imputé l’ampleur de ces statistiques aux récentes affaires de trafic de personnes notamment.

Il a par ailleurs exhorté à une harmonisation des efforts pour adresser la problématique au regard des enjeux économiques et démographiques impliqués de part et d’autre. « Nous avons intérêt à y travailler ensemble vu le dynamisme économique, démographique de nos deux continents. C’est à l’Europe de gérer ses extrémités. (…) Ce n’est pas la première fois que l’Europe doit gérer ses extrémités mais il ne faut pas confondre cela avec des relations entre l’Europe et l’Afrique qui doit quand même s’inscrire dans le long terme surtout vu la démographie de nos deux continents. », a fait observer Donald Kaberuka.

 

Alassane SANOU

Alassane SANOU

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  • SOURCE: Linfodrome
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