Destruction d’Adjamé-village : Les vérités du chef de village, N’Gboba Simon


A l’issue de la manifestation tenue dans le village par les populations pour protester contre le déguerpissement de certains ménages dans le cadre de la construction du 4e pont, le chef du village d’Adjamé, N’Gboba Simon s’est prononcé. Les raisons de la manifestation notamment des échauffourées avec les forces, les rumeurs de dédommagement,… Nous vous en proposons ci-dessous la substance.

Il n’y a pas eu de discussions avec la police nationale en tant que telle. C’est une incompréhension puisqu’après avoir eu écho de ce qui allait se passer ce matin, nous avons pris sur nous de prévenir la police en leur demandant d’encadrer la population pour permettre de faire une marche pacifique. J’ai demandé à toute la population de se retrouver ici à la chefferie. J’ai même u le commissaire et on avait dit que ce matin, nous ferons juste une marche pacifique de la chefferie au carrefour de la mairie et nous reviendrons à la chefferie. Tout le monde était donc ici. (…) Pendant que les jeunes étaient là, ils ont appris que d’autres jeunes d’autres autorités venaient vers nous. Ils n’ont pas voulu attendre et sont allés à la rencontre de ceux-ci et il y a eu un accrochage. C’est ainsi que la police a commencé à lancer des gaz.

Le village a fait un mémorandum. Nous ne sommes pas contre le développement. Mais on fait le développement pour une population. Le développement a ses avantages mais aussi ses inconvénients. Le chef a estimé que les autochtones ne sont pas pris en compte dans l’élaboration des actions de développement qui portant impactent grandement leur vie. Un impact qu’il a justifié au niveau économique surtout où les terres et les eaux pour l’agriculture et la pêche qui sont pourtant les principales activités du peuple Atchan. Les conditions si vous voulez faire quelque chose c’est de venir nous rencontrer. On s’assoit et on verra ce qu’il faut faire. Nous avons nous même fait des propositions mais…  Depuis que je suis là mes parents n’ont rien reçu. Des gens disent que moi le chef j’ai vendu le village, que je suis de connivence avec l’administration. C’est à tort ou à raison.

Mais à l’heure actuelle je en peux aps vous dire exactement combien de maisons sont impactées mais ce qui est sûr c’est que moi qui vous parle je suis concerné. Vous savez l’essence même d’Adjamé c’est le chef et la résidence de mon grand-père Nangui Abrogoua. La chefferie va sauter, l’église catholique saute, l’église Harriste saute, Nangui Abrogoua pareil en plus de 20 m de chaque côté. Imaginez-vous si l’on fait passer une voie express au niveau du village, le village aura disparu. Cette voie, s’il y a des moments de réjouissance, c’est là-bas qu’on le fait. Si cette voie disparait ce n’est pas sur un pont que nous irons faire les fêtes de génération.

 

Alassane SANOU

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  • SOURCE: Linfodrome
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