Investissements étrangers: Les conditions et les perspectives des Allemands pour l’Afrique, ce qui va se faire en Côte d’Ivoire en 2019


L'ambassadeur Robert Dölger, chargé de l‘Afrique sub-saharienne et du sahel au ministère des Affaires étrangères, s'adressant aux stagiaires

Les Allemands veulent investir en Afrique, mais ils attendent de voir certaines conditions remplies pour lesquelles ils ne cachent pas leurs attentes des  gouvernements et des hommes d’affaires du continent. 

Ils ne donnent pas dans la langue de bois et ne cachent rien quand il s’agit de parler de la coopération de leur pays avec l’Afrique. Les Allemands nous en ont donné la preuve à Berlin. Ce, à l’occasion des rencontres successives qu’une délégation en provenance de trois Etats africains, invitée à un voyage d’immersion par la par la Konrad Adenauer Stiftung ou la Fondation Konrad Adenauer (KAS) a eu avec des personnalités et des hommes d’affaire de ce pays.

Les visiteurs de la KAS ont échangé, en effet, avec diverses personnalités ayant à charge les dossiers de la coopération avec l’Afrique subsaharienne. Ces visites ont été le cadre pour ces personnalités d’exposer clairement la politique de l’Allemagne pour l’Afrique. Une politique, qui s’inscrit dans un partenariat d’égal à égal en conformité avec le « changement de perspectives de l’Union européenne » envers ce continent. S’il est vrai que l’Allemagne manifestait très peu d’intérêt pour des investissements en Afrique par le passé, depuis un peu plus d’une décennie, ce n’est plus totalement le cas. Le pays de la Chancelière Angela Merkel a inscrit la coopération avec l’Afrique dans son agenda. Mais, une coopération bien quadrillée, qui consiste à apporter certes un soutien au continent, mais tout en lui laissant le choix de s’approprier son propre destin. Un axe sans ambiguïté que l’ambassadeur Robert Dölger, chargé de l‘Afrique sub-saharienne et du sahel au ministère des Affaires étrangères a développé devant les stagiaires.

Le diplomate allemand ne fait point mystère des réserves ou de la prudence des Allemands à se mobiliser pour des investissements en Afrique. Les hommes d’affaire de ce pays font des conditions de stabilité et de transparence des préalables très déterminants avant de se décider à aller à l’aventure sur le continent noir. Ces conditions se déclinent en termes de paix, de bonne gouvernance, de crédibilité de la justice et même d’équitable répartition des richesses au profit des populations pour garantir un environnement favorable aux affaires. Le fonctionnement des Douanes, des Impôts, de la Justice, et les indices de corruption, des repères importants pour les investisseurs allemands qui recherchent le meilleur ca

dre pour investir en minimisant les risques au maximum. « Contrairement à la Chine, où c’est l’Etat qui met les moyens, en Allemagne, ce sont des acteurs du privé qui prennent des décisions pour aller s’implanter ailleurs », explique l’ambassadeur Dölger. Ce qui explique que ces entreprises sont de plus en plus méticuleuses sur les détails.

 

Berlin Wenzel

Andreas Wenzel, Chambres d’Industrie et du Commerce (DIHK): « Beaucoup de choses sont prévues sur le papier mais qui ne sont pas effectives»

 

La taille des marchés de l’Afrique n’est pas moins un problème pour les hommes d’affaires allemands. La preuve, a expliqué le chef du département Afrique de la politique en matière première de l’Association des Chambres allemandes d’Industrie et du Commerce (DIHK), Andreas Wenzel, le volume du Commerce entre l’Allemagne et l’Afrique (1,1 milliards d’habitants) a le même niveau que le volume du Commerce avec la Hongrie (10 millions d’habitants). Un marché peu significatif qui ne peut se valoriser que dans le regroupement. Aussi, les Allemands encouragent-ils les Etats africains à la réalisation effective de l’intégration régionale. Sur la question, M. Wenzel est très perplexe. « On a l’impression que beaucoup de choses sont prévues sur le papier mais qui ne sont pas effectives», déplore ce décideur de la Dihk, stigmatisant le non-fonctionnement de la zone de libre-échange économique ou des entités comme la Cedeao. « Leur vœu le plus cher des Allemands, c’est de voir l’Afrique agir en collectif pour privilégier le multilatéralisme. L’Allemagne croit en l’avenir dans le collectif, le multilatéralisme. L’Afrique doit s’approprier son propre destin. La Cedeao, c’est le futur, une solution pour la sous-région de l’Afrique de l’ouest, une organisation qu’on apprécie », soutenait tantôt l’ambassadeur Dölger.

Dr Stefan Oswald, du Ministère de la Coopération, chef du projet ‘’Le Plan Marshall avec l’Afrique’’, agenda 2020 – 2063 adopté en 2015 par les chefs d’Etats africains à Addis-Abeba, n’attend rien d’autre qu’il se réalise. Ces hauts fonctionnaires des ministères clés en relation avec l’Afrique que la délégation de la KAS a visité, ont tous jeté un regard sur les relations avec le Togo, le Benin et la Côte d’Ivoire. Ces trois pays du Golf de Guinée sur lesquels l’Allemagne compte concentrer ses efforts. D’ores et déjà, la Côte d’Ivoire est retenue pour abriter, dès l’année 2019, la filiale ou le Bureau Afrique de l’Ouest de la Chambre de l’Industrie et du Commerce allemande. Une annonce faite par M. Andreas Wenzel, qui laisse entrevoir des perspectives heureuses.

Toutefois, M. Wenzel insiste sur l’implication des Pme africaine sur lesquelles les investisseurs allemands peuvent s’appuyer pour faire des affaires en Afrique, afin de s’assurer de l’existence de clientèles pour leurs business, mais aussi maitriser toutes les pesanteurs éventuelles.

 

 

F.D.BONY, depuis Berlin

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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