Pour « concurrence déloyale, détournement de clientèle, déstabilisation d’entreprise, vol de circuit de distribution » : La société GAT Rima réclame plus de 17 milliards de F Cfa à GSN Semences

Plusieurs tribunaux saisis
14/12/2018
Pour « concurrence déloyale, détournement de clientèle, déstabilisation d’entreprise, vol de circuit de distribution » : La société GAT Rima réclame plus de 17 milliards de F Cfa à GSN Semences
Charles Sébim a confié avoir proposé à son partenaire, de lui retourner les produits avariés

« Concurrence déloyale, détournement de clientèle, déstabilisation d’entreprise, vol de circuit de distribution… ». La société de droit ivoirien, GAT Rima, ne décolère pas contre son ancien partenaire d’affaires, GSN Semences, filiale de Vivadour. Et, pour cause…

GAT Rima dit vouloir entrer dans ses droits. C’est pourquoi, cette société annonce une plainte à Paris en France, à Abidjan en Côte d’Ivoire, et à Bobo Dioulasso au Burkina-Faso contre GSN Semences. Une plainte avec constitution de partie civile a aussi été déposée par les avocats de la société ivoirienne, le 4 décembre 2018, au doyen des juges d’instruction du Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau.

Outre les tribunaux, Charles Sébim et ses proches collaborateurs de GAT Rima ont rencontré, dans le cadre de l’enquête diligentée par l’Etat ivoirien, la Commission de la concurrence déloyale et de la cherté de la vie du ministère du Commerce de Côte d’Ivoire.

Ces plaintes, faut-il le savoir, visent le Président du conseil d’administration (Pca) de GSN Semences, Franck Clavier, le Directeur général (Dg), Bernard Nabarro, et la responsable commerciale, Sévérine Aubeux.

Selon le Président directeur général (Pdg) de GAT Rima, Charles Sébim, avec qui nous avons échangé, jeudi 6 décembre 2018, à Abidjan, les experts qu’ils ont mobilisés, évaluent le préjudice subi par sa société, à 17 milliards de F Cfa. Car, pour lui, GAT Rima s’attendait à un partenariat de 99 ans. Sans compter les 500 millions de F Cfa de dommages et intérêts réclamés par l’entreprise. « GSN Semences était méconnue des Ivoiriens et dans toute la sous-région. Grâce au travail de fourmi abattu par notre entreprise, GSN Semences s’est fait une réputation, au point de venir s’installer illégalement à Abidjan et nous concurrencer, malgré le contrat de distribution exclusive qui nous liait. C’est donc normal qu’elle paie pour tous les efforts consentis et pour toutes les pertes que nous avons enregistrées », a expliqué Charles Sébim. 

Signature du contrat

A le suivre, tout commence le 7 juillet 2013, lorsqu’un contrat est signé en bonne et due forme, à Risk (France), entre les deux parties ; faisant de GAT Rima, le distributeur exclusif des produits de GSN Semences en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et au Niger. Et, face à la demande de sa clientèle qui s’agrandit chaque jour un peu plus, a-t-il fait savoir, la haute direction de GAT Rima va investir plusieurs centaines de millions de F Cfa, pour satisfaire la demande de sa clientèle. A l’en croire, des représentations sont créées à Abidjan, Abengourou, Man, Daloa et Korhogo. Mais également à Bobo Dioulasso au Burkina Faso. « Une flotte d’une vingtaine de véhicules essentiellement neufs, d’une valeur de 200 millions de F Cfa, un recrutement de personnel conséquent vont contribuer à l’expansion de notre société par laquelle une bonne partie du monde agricole ne fait que jurer », a indiqué Charles Sébim. « Entre les deux partenaires d’affaires, tout allait comme sur des roulettes. Jusqu’à ce que GSN Semences propose de faire venir une commerciale, en la personne de Sévérine Aubeux, en vue de booster la rentabilité de son partenaire ivoirien, et bousculer la hiérarchie dans la vente des semences, dont Technisem est le leader dans l’espace ivoirien. C’est le début de la brouille entre les deux partenaires dont les échanges ont déjà porté sur près de 2 milliards de F Cfa », a fait savoir une source proche du dossier. 

Qui a souligné qu’accédant à la requête de son partenaire, GAT Rima déroule le tapis rouge à Sévérine Aubeux. « Venue de Mazé (France), elle fait office de responsable commerciale à GAT Rima qui voit en sa présence, une opportunité pour franchir un cap. En toute logique, la nouvelle recrue a donc accès à toutes les données commerciales et financières de l’entreprise. Qu’elles soient numériques ou physiques, ces données n’ont aucun secret pour Sévérine Aubeux. Officiellement, elle est à Abidjan pour apporter son expertise à GAT Rima », a affirmé le Pdg de GAT Rima.

Pour Charles Sébim, à côté de cette mission officielle, Sévérine Aubreux collectait les données et les faisait remonter à sa hiérarchie en France.

« Cette situation va durer 1 an. Jusqu'à ce que l’envoyée de GSN Semences retourne à sa base, en France, pour consultation. C’est alors que notre Dga, Jean Sebm, émet des doutes sur les agissements de Sévérine Aubreux. De retour en Côte d’Ivoire, cette fois-ci, Sévérine Aubeux va pousser le bouchon plus loin. Elle ne travaille plus pour GAT Rima où elle a bouclé sa mission, mais courtise le personnel avec lequel elle a noué des contacts. Des propositions d’emploi sont faites à une dizaine d’employés acquis à sa cause. Elle finira par partir avec 5 d’entre eu,x parmi lesquels mon chauffeur et la responsable des Relations extérieures, qui connaît bien la maison », a-t-il accusé.

Débauchage des employés de GAT Rima

Et de regretter que c’est plus tard que la direction de GAT Rima découvrira, à la faveur d’un contrôle à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), que ses désormais ex-employés ont été débauchés par une succursale de GSN Semences installée à Abidjan et légalement constituée. Cela, avec l’avis du Centre d’études et de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (Cepici), au numéro de registre de commerce suivant : Rccm : n°CI-ABJ-2015-B-27922 du 09/12/2015. « Le gérant de la succursale se nomme Nabarro Bernard Cyrille, le Dg de GSN Semences. Et la succursale a pour objet : la commercialisation de graines de toutes espèces et de toutes provenances. Pourtant, le contrat signé entre GSN Semences et GAT Rima est toujours en vigueur. La haute direction de GAT Rima avait, enfin, la preuve de ce que Sévérine Aubeux était en mission d’espionnage dans son entreprise », s’est convaincu Charles Sebim.

« A cette même période, les plaintes commençaient à être récurrentes, au titre de la qualité des produits distribués par GAT Rima. Dorénavant, l’entreprise reçoit de son partenaire d’affaires, des produits périmés et remis dans des boîtes sur lesquelles la date de péremption n’est pas mentionnée. Seulement la date de fermeture. Et, comme il fallait s’y attendre, la germination n’est pas au rendez-vous. C’est un coup dur. A Abidjan comme au Burkina Faso, l’image de GAT Rima prend un coup. Ses entrées chutent de façon vertigineuse, sans compter les plaintes auxquelles l’entreprise doit répondre devant les différents tribunaux. Mais déjà, alors que les deux entreprises étaient en contrat, et que Sévérine Aubreux était dans les locaux de GAT Rima, elle reprochait à l’entreprise, le mauvais conditionnement des produits. Pis, elle confiait à certains, que GSN Semences viendrait s’installer à Abidjan pour distribuer des produits de qualité. Pourtant, dans ses rapports, elle félicitait officiellement GAT Rima pour la qualité de conservation des produits. Jusqu’à ce jour, les produits sont stockés dans les entrepôts de GAT Rima en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso », a-t-il encore chargé.

Des produits de « mauvaise qualité »

Charles Sébim a confié avoir proposé à son partenaire, de lui retourner les produits avariés. Mais, selon lui, GSN Semences a rejeté l’idée et proposé, en lieu et place, que les produits soient incinérés. « GAT Rima a exigé la présence de son partenaire avant toute incinération. Aucun représentant n’ayant fait le déplacement à ce jour, les magasins de GAT Rima sont encore bondés de ces produits dont la mauvaise qualité avait été attestée par Sévérine Aubeux. Qui avait fait des propositions de dédommagement aux clients de GAT Rima, sans avoir consulté la direction de ladite entreprise », a déclaré Charles Sébim.

En dépit de toutes ces difficultés, le Pdg de GAT Rima dit garder sa foi en l’avenir. « Nous sommes une entreprise solide, et nous sommes très loin de mettre la clé sous le paillasson, à cause d’un partenaire qui a décidé de rompre, de façon illégale, le contrat qui nous lie. Mieux, nous allons rebondir, parce que nous avons une vision claire et précise de nos activités. Et, nous croyons au domaine de l’agro-pharmaceutique en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Et, nous mettrons les moyens adéquats pour parvenir à nos fins », a lancé Charles Sébim.

Sur la question du passif évoqué par GSN Semences, il s’est voulu précis : « Toute entreprise doit. C’est dans l’ordre normal des choses. Les passifs, ça existe dans le monde des affaires. Mais, je crois que quand une entreprise émet une facture, elle est en droit de la recouvrer. Jusqu’à ce jour, nous sommes dans l’attente. Si GSN Semences estime que nous lui devons, c’est à eux de nous faire parvenir leur facture. Sinon, nous ne sommes pas opposés à un quelconque paiement ». Et d’ajouter : « Nous avons des tonnes de produits prohibés dans nos entrepôts, en Côte d’Ivoire comme au Burkina Faso, à cause de GSN Semences. Qu’il fasse donc le point et nous fasse parvenir la différence que nous paierons sans problème ».

Il revient aux différentes instances saisies, de trancher ce différend entre GAT Rima et GSN Semences.

SYLLA Arouna

SYLLA Arouna

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  • SOURCE: Linfodrome

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