Reprise du programme Voc

Reprise du programme Voc, Eurocham soulève des inquiétudes : « Toute la fraude vient de la voie terrestre »

Ces surcoûts que le consommateur doit craindre
Pour Christian Lejosne, il faudrait accentuer les contrôles au niveau des frontières terrestres

Une seconde phase pilote du programme de Vérification de la conformité aux normes (Voc) des marchandises avant embarquement démarre ce vendredi 15 février 2019. A cet effet, la Chambre européenne de commerce en Côte d'Ivoire (Eurocham) instruit ses membres sur le fonctionnement du dispositif. Dans cet entretien qu'il a accordé à L'inter le mercredi 6 février à Abidjan-Plateau, le vice-président de la Chambre, Christian Lejosne livre son regard sur le Voc, mais aussi, il émet des inquiétudes qui pourraient être corriger au bénéfice de l'économie nationale.

Le Programme Voc reprend le 15 février prochain. A quoi répond cette session d'information organisée par Eurocham ?

Tout d’abord parce que le programme de Vérification de la conformité aux normes (Voc) des marchandises avant embarquement a déjà été mis en place, et expérimenté dès le 16 juillet 2018. On a voulu faire cette session d'information parce que c’est un programme qui était très mal perçu par les importateurs. Cela, parce que compte tenu des difficultés que représentaient toute la paperasserie, et aussi les fournisseurs qui redoutaient un peu les travaux supplémentaires pour pouvoir fournir le matériel, il était important d’informer sur ce à quoi sert réellement cette Vérification de la conformité aux normes (Voc). Nous attirons aussi l’attention des pouvoirs publics sur le fait qu'il y a un gros problème en ce qui concerne les contrôles au niveau des voies terrestres. Au fait, toute la fraude, tout le matériel qui n’est pas conforme entre majoritairement par la voie terrestre, qui est une passoire, alors qu'effectivement, les produits qui viennent par voie maritime et par voie aérienne sont assez bien contrôlées. Je crois donc que là-dessus, c’est tous ces produits contrefaits, frauduleux qu'il faut pouvoir extirper du marché. Il suffirait de remonter dans les endroits où ça se vend pour remonter les filières d’où sont venus ces produits pour éliminer ce trafic. C’est le plus important. Sinon en soi, la Voc est un programme qui est intéressant pour la sécurité du consommateur. Mais c'est assez compliqué à mettre en place parce qu’il est mal perçu par les acteurs, parce qu’il fait appel à des contraintes d’importations, des nouveaux coûts d’importation et le frein des fournisseurs qui disent, « écoutez, nous exportons à des milliers d’exemplaires pour des millions d’euro dans tous les autres pays. La Côte d’Ivoire ne représente pas grand-chose, donc ça nous embête ». Moi, j’ai des fournisseurs qui refusent de continuer à nous livrer. Non pas qu'il y ait des produits qui ne sont pas conformes. C’est au contraire, des produits de très grandes marques. Mais le process les embête. Fournir des certificats, faire des contrôles, etc., cela ne les intéresse pas parce qu’ils sont là pour vendre, rien que cela.

Est-ce qu'à ce jour, de part et d'autres, importateurs et fournisseurs, chacun à son niveau sait quel coût lui est imputable, quel document il doit délivrer ou détenir, etc., dans le cadre de ce programme Voc ?

On le sait. Les coûts, c’est nous qui les payons. Celui qui envoie la marchandise n'a pas à supporter un surcoût. C'est nous qui payons la marchandise qui supportons le surcoût. Mais, cela n'est pas un problème. Maintenant, le comment c’est perçu, on le saura dans l’avenir.

Cependant, pour ce qui est des frais liés au contrôle qualité qui est fait avant embarquement, il faut savoir que le fournisseur doit fournir un matériel qui est conforme en qualité. Nous, nous achetons des matériels qui sont conformes en qualité et aux normes, parce qu’on achète majoritairement en Europe. Nous n'avons donc pas ce problème. C'est plutôt le coût du contrôle (par les prestataires Sgs bureau Veritas, Cotecna, Intertek) qui vient influencer effectivement notre coût de revient. Même ces frais n’influencent pas la taxe de douane puisque cela n’est pas inclu dans le coût de douane. Mais n’empêche qu'il y a quand même un coût supplémentaire que va subir le consommateur. Parce que nous importateurs, sommes comme le fournisseur. Le fournisseur répercute ce coût à sa facture. Et nous, nous payons sa facture par la suite nous répercutons ce coût sûr nos clients. Ce qui est tout à fait normal. Donc c’est une hausse des prix qui va pas dans le bon sens, vu le niveau de cherté de la vie en Côte d'Ivoire.

Vous avez dit que c’est un programme intéressant…

Intéressant pour la sécurisation des personnes et des biens, si la mise en œuvre de ce programme est bien faite. Mais, je pense que le trafic informel est beaucoup plus difficile a contrôler. C’est plus là qu’il faudrait aller voir les problèmes justement de sécurité sanitaire, etc.

Est ce que Eurocham et ses membres sont prêts à embarquer pleinement pour ce programme Voc ?

Nous n'avons pas le choix. Nous sommes là pour suivre les règles du gouvernement. Nous ne sommes pas des hors-la-loi. On participe à l’élaboration du programme avec les organismes étatiques, on donne nos points de vue et puis il y a un excellent échange. Je pense qu'à terme, ça ne peut qu'être bénéfique. Parce que c’est un programme qui est important, et qui est dur, mais qui est à une phase de rodage. Et cette phase prend du temps et on y travaille avec les autorités.

 

Propos recueillis par Elysée LATH

 

Elysée Lath

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  • SOURCE: L'inter
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