Côte d'Ivoire/ Ce que pèse réellement l'industrie ivoirienne : Ces initiatives pour accroître la part du secteur au Pib


La politique industrielle ivoirienne vise essentiellement à transformer sur place les matières premières agricoles produites

La Côte d'Ivoire dispose d'un secteur industriel relativement important, mais qui a encore besoin d'un appui institutionnel pour se renforcer. Selon les chiffres de l'Institut national de la statistique (Ins) à l'issue de la pré-identification pour le recensement 2019, l'industrie ivoirienne compte 8 500 entreprises.

Ces entreprises sont reparties dans 10 grandes branches d'activités.Notamment les industries extractives (18,7%) ; l'industrie agroalimentaire et tabac (32,1%) ; les industries textiles et cuir (2,4%) ; l'industrie du bois et meubles (14,9%) ; l'industrie du papier, carton et édition, imprimerie (3,3%) ; les industries pétrolières, chimiques et caoutchouc, plastiques (15,1%) ; l'industrie du verre, de la céramique et des matériaux de construction (2,2%) ; les industries métalliques (0,3%) ; la fabrication de machines et matériels de tous types (4,3%) ; l’électricité, gaz et eau (6,6%).

Ces industries représentent 59 % des exportations ivoiriennes (18% pour les produits finis en 2017). Le secteur industriel ivoirien, y compris le secteur informel, concentre 8 % des emplois en Côte d'Ivoire, selon les chiffres 2016 de l'Enquête nationale sur la situation de l'emploi et le secteur informel (Ensesi 2016). L'industrie nationale, y compris les Btp (Bâtiments et travaux publics), génère 5 415 milliards de Fcfa de valeur ajoutée, soit 25% du Produit intérieur brut (Pib) (4 436 milliards de Fcfa de valeur ajoutée, soit 20% du Pib (hors BTP)). L'industrie manufacturière occupe la tête du classement. Représentant 50% du tissu industriel national, elle est suivie de l'industrie extractive (24%), l'énergie (7%). Les 19 % restant concernent les Btp. A ce jour, l'on estime à 900 000 le nombre d'emplois que compte ce secteur.

Reformes. Selon des données officielles du ministère en charge du Commerce, de l'Industrie et de la promotion des Pme, le tissu industriel ivoirien a été sévèrement affecté par la période de crise militaro-politique que le pays a traversé et qui a connu son dénouement fin 2011. Il a fallu attendre 2012 pour voir le secteur secondaire se relancer petit à petit. Le ministère en charge de l'Industrie note que depuis 2012, l'activité industrielle enregistre une croissance forte et soutenue. Cela, du fait des réformes et mesures arrêtées par le gouvernement pour améliorer l'environnement des affaires, développer les infrastructures et inciter à la transformation des matières premières. Dans le détail, l'on estime la croissance moyenne du secteur secondaire à 10 % sur la période 2012-2017. En 2018, ce taux se situe à 8,5 % avec une croissance de 4,2 % pour l'activité industrielle, 5,6 % pour le secteur manufacturier et 16,4 % pour les Btp.

Le ministre Souleymane Diarrassouba soutenait, le 26 mars 2019, lors d'une rencontre à son cabinet à Abidjan-Plateau, avec le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) M. Ly Yong, que la valeur ajoutée du secteur secondaire a plus que doublé en dix ans. A contrario, sa contribution au Pib évolue en dent de scie précisant qu'elle varie entre 24% et 28% de 2012 à 2018. M. Diarrassouba soulignait également que cette variabilité est essentiellement due à une fluctuation significative constatée au niveau des industries pétrolières qui pourrait s’expliquer par des changements dans la production enregistrée, liés aux aléas et conditions d’exploration et d’exploitation. Cette fluctuation, dira-t-il, oscille entre -0,1% à 2,6% de contribution au Pib, avec une contribution significative de l’industrie agroalimentaire de l’ordre de 5% à 7% du Pib.

Politique nationale. Après la sortie de crise, et grâce à l'appui significatif de l'Onudi, le gouvernement a élaboré une politique industrielle dont l’objectif principal est d’accroître de manière significative la contribution du secteur industriel à la création de richesses et d’emplois. L'atteinte de cet objectif passe par un renforcement du lien production-transformation pour créer plus de valeur ajoutée et des emplois décents et durables, et créer également de nouveaux pôles de développement des secteurs d’activité industrielle. Cinq domaines clés ont été définis à cet effet : l’agro-industrie (cacao, anacarde, café, coton, palmier à huile, hévéa, fruits et légumes, céréales, etc.) ; la transformation des ressources naturelles non agricoles (mines, pétrole et gaz) ; les industries structurantes (chimie, fabrication de matériaux de construction, cimenterie, métallurgie et l’aciérie, etc.) ; le développement de produits de grande consommation pour la demande régionale (textile, emballage, médicaments, plasturgie, etc.) ; et les industries manufacturières légères (assemblage ordinateurs, automobiles ; équipements ; vêtements ; chaussures ; meubles ; etc.).

Dans cette veine, plusieurs instruments ont été mis en place, qui pour apporter l'appui technique nécessaire aux entreprises industrielles, qui pour les accompagner dans la mobilisation de ressources financières. Il s'agit entre autres, au titre de l'appui à la normalisation et à la qualité, du Comité ivoirien de normalisation qui a mis au point la marque « Ni » pour certifier de la mise au norme d'un produit fabriqué en Côte d'Ivoire ; le Comité national de lutte contre la contrefaçon (Cnlcc) ; l'Agence pour le développement et la compétitivité des industries (Adci) qui intervient au niveau de l'appui à la compétitivité. L'on note également la création de l'Agence de gestion et de développement des infrastructures industrielles (Agedi) et le Fonds de développement des infrastructures industrielles (Fodi) dont les interventions sont orientées vers le développement des infrastructures. Sans oublier le Fonds de restructuration et de mise à niveau des entreprises industrielles (Fremin), pour le volet financement.

 Objectif 2020. Le ministre de l'Industrie rappelait que dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de restructuration et de mise à niveau (Prmn) des entreprises, il est prévu la création de Centres d’appuis à la compétitivité et au développement industriel (Cacdi). Aussi, a-t-il insisté, les mesures et actions en cours de mise en œuvre visent à porter la contribution du secteur secondaire de 25% en 2016 à 30% en 2020. Un objectif qui est atteignable, ce d'autant plus que la Côte d'Ivoire est désormais éligible au Programm for country partnership (Pcp) de l'Onudi, (Programme de partenariat pays) qui, aux yeux de Souleymane Diarrassouba, est une opportunité pour la Côte d'Ivoire de mobiliser davantage de partenaires techniques et financiers ainsi que des pays amis, le secteur privé, avec l’expertise de l’Onudi, afin d’accélérer le développement industriel de manière inclusive et durable en Côte d’Ivoire.

Car, en fait de compte, la mise œuvre du Pcp en elle-même, est tout un vaste programme d'accompagnement à l'industrialisation. Les attentes du gouvernement ivoirien sont claires : Mise en place d'une coordination forte de la politique industrielle ; Appui au développement de l’éco-diplomatie ; Appui à la mobilisation d’importantes ressources avec la mise en place d’un Fonds de développement industriel ; Renforcement et mise en place de structures et centres de formations adaptées ; Dotation budgétaire et de ressources adaptées et suffisantes pour les structures d’appui (qualité, innovation, compétitivité, etc.) ; Ciblage et orientation de ressources vers les secteurs prioritaires pour renforcer le développement industriel inclusif et durable ; Élaboration et mise en œuvre d’un Schéma Directeur de développement des infrastructures industrielles.

Elysée LATH

Elysée Lath

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  • SOURCE: L'inter
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