''Mévente'' de l'anacarde : Soro et le Pdci chargent, le Rhdp réplique


Un député Pdci et l'ex-président de l'Assemblée nationale, accusent le Rhdp, d'être à l'origine de la ''mévente'' de l'anacarde. (Photo : DR)

Le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) a réagi, dans une déclaration publiée ce mardi 23 avril 2019, à des sorties faisant état de la mévente de l'anacarde et du mauvais prix de ce produit servi aux producteurs.

Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, Porte-parole du Rhdp, a réagi à la sortie du député Isac Adi Kouamé qui, au nom du groupe parlementaire Pdci-Rda, a lu une déclaration relative à la mévente de l’anacarde.

Le député Isac Adi, selon les propos rapportés par le ministre Adjoumani affirmait que « la mévente de l'anacarde se caractérise par le non-respect des prix fixés mais surtout par la rareté des acheteurs ». Toujours selon le député Pdci, « malgré la forte paupérisation de nos concitoyens qui vivent de cette culture, aucune mesure sérieuse n’est prise par le Gouvernement pour trouver des solutions durables à cette situation qui perdure depuis la campagne 2018 ». Ce dernier rajoute que « plus grave, le prix officiel bord champ de la noix de cajou n’est pas respecté et ce, dans l’indifférence du Gouvernement. …qui garde un silence incompréhensible sur cette grave conjoncture dans la filière ».

Adjoumani a également répondu au député Guillaume Kigbafori Soro qui, lors d’un meeting politique à Dabakala le 20 avril 2019, affirmait que l’anacarde devrait être acheté à 500 Fcfa voire 1500 Fcfa le kilo.

Face à ces différentes critiques, le porte-parole du Rhdp a répondu que la réforme des filières coton et anacarde intervenue en septembre 2013, a permis à la Côte d’Ivoire de monter en puissance dans la filière cajou positionnant le pays comme un acteur majeur de cette filière au plan mondial. Il a souligné que la réforme a permis un bon encadrement et un bon déroulement des campagnes de commercialisations de 2014 à 2018 avec des prix bord champ en augmentation constante d’année en année.

Ainsi, les prix bord champs moyens payés aux producteurs sur l’ensemble des campagnes de 2014 à 2018 ont été successivement de 225 F/Kg (2014), 275 F/Kg (2015), 520 F/Kg (2016), 715 F/Kg (2017) et 516 F/Kg (2018). Adjoumani a rappelé également qu’avant la réforme, les noix de cajou étaient vendues bord champ entre 25 Fcfa et 200 Fcfa le kilogramme, « une période où Guillaume Kigbafori Soro était Premier ministre et Chef de la rébellion contrôlant le nord du pays », a-t-il dit.

Le porte-parole du Rhdp reconnaît néanmoins que c'est seulement à partir du dernier trimestre 2018, que la commercialisation des noix de cajou brute connaît un ralentissement lié à la fois à une production mondiale de plus en plus abondante et une chute de 38% des prix des amandes avec pour conséquence de nombreux cas de faillite de transformateurs et de négociants. « Cela a entraîné des impayés au niveau des banques, instaurant une perte de confiance entre les acteurs et intervenants de la chaîne de commercialisation aussi bien au niveau national qu’international », a informé Adjoumani, selon qui cette grave crise de confiance, combinée à la faillite de nombreuses entreprises clientes entraîne un manque de financement des acheteurs depuis le démarrage de la campagne. Une situation, dira-t-il, largement partagée par l’ensemble des pays producteurs, à savoir : le Ghana, la Tanzanie, la Guinée Bissau, le Bénin, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Irène BATH

 

Irene Bath

|

  • SOURCE: Linfodrome
Previous ◁ | ▷ Next
 

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte