Suite au rapport accablant de la Banque mondiale sur le cacao : La Côte d'Ivoire se défend


12/07/2019
Suite au rapport accablant de la Banque mondiale sur le cacao : La Côte d'Ivoire se défend
Le rapport de la Banque mondiale dénonce le paradoxe du cacao ivoirien mobilisant près de 1 million de producteurs mais dont plus de la moitié vivent avec moins de 757 Fcfa.

Le neuvième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire intitulé « Au pays du cacao : comment transformer la Côte d’Ivoire », n'est pas du tout reluisant pour les autorités ivoiriennes qui n'ont eu d'autre choix que de se défendre.

Présenté officiellement par Jacques Morisset, économiste en chef et coordinateur des programmes de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire, jeudi 11 juillet 2019, à l'auditorium de la Primature à Abidjan-Plateau, le neuvième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire intitulé « Au pays du cacao : comment transformer la Côte d’Ivoire », a suscité des réactions dans les rangs des autorités ivoiriennes.

Commentant le rapport, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a soutenu que la Côte d’Ivoire est lancée dans une démarche d’amélioration des revenus des producteurs Ivoiriens, depuis quelques années. Il a informé que plusieurs réformes ont été effectuées. Pour M. Coulibaly, le «diagnostic (de la Banque mondiale, Ndlr) ne met pas suffisamment en évidence les performances du secteur agricole des sept dernières années ».

Le Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Budget et du Portefeuille de l’État, Moussa Sanogo a, quant à lui, critiqué une possible confusion liée à la formulation de la Banque mondiale et portant sur la faiblesse des recettes fiscales.

Après avoir reçu officiellement le neuvième rapport des mains de Coralie Gevers (nouvelle directrice des Opérations de la Banque mondiale chargée du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Togo), le ministre de l’Économie et des Finances, Adama Koné a, au nom du Premier ministre, ministre du Budget et du Portefeuille de l’État, salué la Banque mondiale pour son expertise. «L’un des défis majeurs de la filière cacao est la transformation locale », a affirmé le représentant du chef du gouvernement, avant d'admettre que le rapport rappelle qu’il y a urgence dans le secteur cacao ivoirien.

Le rapport de la Banque mondiale, faut-il le souligner, mentionne que l’économie cacaoyère ivoirienne mérite d’être redorée. Ce rapport dénonce le paradoxe du cacao ivoirien assurant 40% de l’approvisionnement mondial, mobilisant près de 1 million de producteurs mais dont plus de la moitié vivent en deçà du seuil de pauvreté, avec moins de 757 Fcfa (environ 1,2 dollars) par jour. Il est noté également qu’alors que la filière du cacao ne joue pas pleinement son rôle de moteur du développement économique, l’expansion des surfaces cultivées au cours des dernières décennies s’est faite au prix de la destruction des forêts. Au vu de ces situations, le rapport recommande que la Côte d’Ivoire révolutionne son économie cacaoyère. Trois pistes ont été proposées pour un secteur du cacao plus inclusif et responsable en Côte d’Ivoire. À savoir lancer une révolution technologique pour accroître les rendements afin de favoriser le reboisement et améliorer le revenu des producteurs, mettre en place des systèmes de traçabilité pour garantir un cacao responsable auprès des consommateurs et développer l’industrie locale de transformation du cacao pour répondre à la demande locale, développer un label d’origine plus attractif pour les consommateurs et tirer parti de la croissance de la demande asiatique de produits intermédiaires.

Irène BATH

 

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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