2ème édition des ''Journées de l’Encadreur d’hévéa'' : Les meilleurs Saigneurs, Contrôleur, Régisseurs et planteurs leaders primés


13/12/2019
2ème édition des ''Journées de l’Encadreur d’hévéa'' : Les meilleurs Saigneurs, Contrôleur, Régisseurs et planteurs leaders primés
N'Diaye Oumar, à l'extrême gauche, avec les meilleures Saigneurs de la catégorie dame, tenant leurs différents prix. (Ph : DR)

Les meilleures Saigneurs nationaux dont des dames sont connus depuis le jeudi 5 décembre 2019. Les résultats ont été publiés à l'issue du concours organisé par le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) et l'Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire (APROMAC) à Yamoussoukro. C'était à l'occasion de la 2ème édition des ''Journées de l’Encadreur d’hévéa''.

Koffi Ablan Hermine, Brou Aya Victoire (IDH) et Noëlle (SAPH) ont été classées respectivement 1ère, 2ème et 3ème meilleures Saigneurs dames au titre de l'année 2019. De même, Kouassi Yao Denis (SAPH Gagnoa), N'Guessan N'Goran Aristide (TRCI Tiassalé) et Oulaye Pierre Armand (SAPH Man), ont été classés respectivement 1er, 2ème et 3ème meilleurs Saigneurs nationaux, dans la catégorie homme. Ces résultats qui consacrent la désignation des meilleurs Saigneurs au titre de l'année 2019 ont été publiés le jeudi 5 décembre 2019, au cours d'une cérémonie à Yamoussoukro. Ce concours est une initiative conjointe du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) et de l'Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire (APROMAC).

Le compétition a enregistré la participation de 30 Saigneurs, 23 hommes (meilleurs par secteur) et 7 femmes (choisies par opérateur) et s'est déroulée en deux étape. La première étape a consisté en la saignée sur un bois sec et la seconde étape s'est faite dans une plantation d'hévéa. Le jury a tenu compte de la vitesse des Saigneurs et de la qualité des ouvertures et de saignée. Chacun des Saigneurs nominés a effectué la saignée sur un tronc d'arbre en faisant les ouvertures sur les panneaux A et B et en saignant chaque panneau sur 10 cc.

Outre les Saigneurs, la cérémonie de récompenses a concerné un Contrôleur de saignée, 7 meilleurs Régisseurs et 7 meilleurs planteurs leaders.

Le meilleur régisseur parmi les nominés, a été celui qui a réalisé le mieux les contrôles de qualité lors du concours national du meilleur Saigneur.

N'Diaye Oumar, Directeur Exécutif adjoint (DEA) du FIRCA a indiqué qu'aujourd'hui, il y a environ 150 000 producteurs qui occupent des plantations d'hévéa et qu'à l'intérieur de ces plantations, il y a des Saigneurs qui sont des ouvriers très spécialisés. Il a confié que l'activité de saignée permet d'assurer des revenus réguliers mensuels. « Nous sommes satisfaits du concours des Saigneurs, parce que nous avons vu la dextérité avec laquelle ces champions se sont exprimés. Ils ont démontré qu'ils étaient à la hauteur et que les messages que les encadreurs donnaient étaient bien perçus et bien appliqués », a félicité N'Diaye Oumar.

La 2ème édition des "Journées de l’Encadreur d’hévéa", organisée du 3 au 5 décembre 2019 à Yamoussoukro, avec les acteurs et animateurs du dispositif d’assistance technique aux planteurs d’hévéa, faut-il le noter, a servi également de cadre à une visite de terrain, organisée à l’attention des participants pour leur présenter les activités menées et la restitution des projets de recherche mis en œuvre par le CNRA pour le compte de la filière Hévéa. Le bilan des prestations d’assistance technique aux planteurs d’hévéa réalisées en 2019 a été aussi livré. Le clou de ces journées a été bien entendu le concours du meilleur Saigneur et à la récompense des meilleurs acteurs de la filière (Chefs secteur, Saigneurs, Contrôleurs de saignée, Groupes de vulgarisation, planteurs leaders, Régisseurs modèles).

L'assistance technique des planteurs d’hévéa, faut-il le noter, est régie par des cahiers des charges élaborés pour une période de trois ans, en prenant en compte les préoccupations du moment exprimées par la Filière Hévéa.

L’année 2019 correspond à la deuxième année de mise en œuvre du 5ème cycle de l’assistance technique aux producteurs d’hévéa, couvrant la période 2018-2020. Cette prestation s’exécute aussi bien dans les zones ordinaires (15 secteurs hévéicoles) que dans les zones d’expansion (3 secteurs hévéicoles).

L’encadrement met l’accent sur la formation initiale à la saignée, avec l’intervention d’un nouvel acteur, le formateur de saignée qui aide le Contrôleur à augmenter significativement l’offre de Saigneurs

 

Propos retranscrits :

Kouamé N'Dah Valérie (Cabinet Agro consulting) : « Les critères de sélection »

L'hévéaculture a pris de l'importance en Côte d'Ivoire, et l'un des maillons importants de ce métier, c'est le Saigneur qui permet d'avoir la production. Malheureusement, l'on a remarqué qu'il y a un déficit criard de Saigneurs.

Dans le cahier de charges de l'assistance technique, il a été instauré la formation des Saigneurs. Nous avons initié un concours pour montrer l'importance du Saigneur et montrer aussi que c'est un métier valorisant, bien rémunéré et qui peut être pratiqué par tout le monde, homme comme femme.

Le principe d'organiser au niveau des secteurs et de chaque lot un concours permet de primer les pratiquant de la saignée qui sont les Saigneurs et par la suite, une fois par an, de manière nationale, confronter tous ces premiers lauréats pour pouvoir en tirer les meilleurs des meilleurs, la crème. C'est ceux-là qui vont servir d'exemple et qui vont permettre de contribuer à la promotion du métier de Saigneur.

Quand on fait la saignée, il y a 5 critères principaux qu'on mesure. Parmi ces 5 critères, il y a un que nous avons expressément enlevé lors du concours, c'est celui qui est de mesurer la propreté, la discipline. Nous avons gardé 4 critères qui sont : la consommation d'écorces. L'écorce étant le capital de l'arbre, il faut en consommer une certaine quantité par jour. Le 2ème critère, c'est la pente de saignée qui facilite l'écoulement. Celui qui a une pente normale va avoir plus de production que celui qui n'en a pas. Le 3ème critère, ce sont les blessures. Les blessures faites aux arbres sont un frein à la production. Le 4ème critère concerne la profondeur parce que les vaisseaux qui produisent le latex sont à une certaine distance. La profondeur est un facteur qui permet de ne pas les blesser et donc de permettre à l'arbre de régénérer son écorce et de prolonger la production. Ensuite, une autre partie, en dehors des 4 critères, ça sera la rapidité de saignée.

 

Barouan Roland (Administrateur au collège des producteurs) : « Le meilleur Saigneur de l'année dernière est chef dans une structure de la place »

La qualité de la saignée permet de déterminer la durée de production de l'arbre. Ça permet au producteur de mieux se projeter financièrement.

Le meilleur Saigneur de l'année dernière est devenu chef d'une structure de la place.

 

Dr Ebah Samuel (Agro-physiologiste, chercheur au CNRA) : « Quand on est formé, on donne le meilleur de soi-même »

Les grands pays hévéicoles, notamment la Malaisie et la Thailande ont tiré leurs performances de leur organisation. Et, je pense que l'organisation qui se met petit à petit en place et qui récompense les efforts est dans une bonne direction. Il faut continuer. Quand on est formé, on donne le meilleur de soi-même. Il faut que les gens sentent que leurs activités retient l'attention de la communauté nationale. Celui va permettre aux uns et aux autres de donner le meilleur d'eux-mêmes, et cela va faire avancer l'hévéaculture.

 

Mlle Koffi Ablan Hermine (Lauréate) : « Le métier de Saigneur fait vivre son homme »

Mlle Koffi Ablan Hermine laureate

Mon père nous a laissé un champ d'hévéa. On avait un problème de Saigneur, c'est ainsi que j'ai appris à saigner. Après ma formation, j'ai commencé à exercer. Le conseil que je peux donner à mes sœurs, c'est qu'elles aient le courage d'apprendre quelque chose. Le métier de Saigneur fait vivre son homme.

 

Kouassi Yao Dénis (Lauréat) : « Mon coach, N'Guessan Dieudonné, m'a bien formé »

Kouassi Yao Denis laureat

J'étais magasinier par le passé. C'est ensuite que je suis rentré dans l'hévéaculture. Mes frères m'ont appris la saignée. Pour avoir ce trophée, il faut d'abord avoir un coach. Mon coach, N'Guessan Dieudonné, m'a bien formé.

Ce métier nourrit son homme. Mon souhait aujourd'hui, c'est d'intégrer une société pour y exercé en tant que régisseur ou chef d'équipe.

 

Irène BATH (Infos : Sercom)

 

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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