Agriculture / Fuite des noix de cajou : Le manque à gagner pour l'État de Côte d'Ivoire estimé à 17 milliards Fcfa 


18/02/2020
Agriculture / Fuite des noix de cajou : Le manque à gagner pour l'État de Côte d'Ivoire estimé à 17 milliards Fcfa 
La lutte contre la fuite de la noix de cajou a permis de saisir 7 véhicules qui sont en cours de traitement, selon le Dg du Conseil du coton et de l'anacarde. (Ph: DR).

Le Directeur général (Dg) du Conseil du coton et de l'anacarde, Adama Coulibaly, a affirmé au cours d'une rencontre avec la presse, vendredi 7 février 2020, que ce sont entre 150 000 et 200 000 tonnes (t) de noix de cajou qui sortent frauduleusement de la Côte d'Ivoire. Toute chose qui, a-t-il dit, représente près de 17 milliards de Fcfa de manque à gagner pour l'État.

« Nous sommes unanimes que la production nationale de noix de cajou dépasse les 800 000 tonnes. Alors que pour l'année 2019, nous avons enregistré que 634 641 tonnes. Nous estimons que le gap, entre 150 000 et 200 000 t, part hors des frontières. Nous sommes donc conscients qu'il y a une grande partie des produits qui passent par nos frontières. Ces deux dernières années, le phénomène a pris de l'ampleur, de sorte qu'il commence à menacer sérieusement la filière. Parce qu'en ce qui concerne la parafiscalité, selon nos estimations, il y a un manque à gagner de plusieurs milliards de Fcfa. Nous ne sommes pas loin de 17 milliards de Fcfa de manque à gagner pour la fiscalité et la parafiscalité », a affirmé le Directeur général (Dg) du Conseil du coton et de l'anacarde, Adama Coulibaly. Ce dernier a pris, à titre d'exemple, la région du Gontougo où la production est passée de 136 000 t en 2014 à 17 000 t aujourd'hui. De l'avis de ce dernier, « il n'y a pas eu une catastrophe naturelle, ni de feux de brousse qui a ravagé toutes les plantations, la pluviométrie n'a pas été mauvaise, les arbres n'ont pas été coupés. Mais alors, quelle est l'explication à donner et qui fait qu'on peut passer de 136 000 t à 17 000 t sur quatre à cinq ans, si ce n'est le départ de la production vers d'autres frontières », a-t-il justifié.

Outre la fuite des produits, le Dg a annoncé de bonnes perspectives pour la filière. Il s'agit notamment de la grande dynamique au niveau de la transformation des produits avec la création de 9 nouvelles unités d'une capacité d'environ 170 000 t en 2019 et 9 autres nouvelles unités qui sont en construction et qui vont démarrer leurs activités en 2020. « Au total, sur ces deux années, nous allons avoir une capacité opérationnelle additionnelle de l'ordre de 265 000 t. Ce qui nous fonde à espérer qu'à la fin de 2020, nous allons pouvoir franchir le seuil 100 000 t transformés en Côte d'Ivoire. Lorsque nous nous projetons sur 2023, ce n'est pas moins 500 000 t de capacité opérationnelle qui sera installée en Côte d'Ivoire. Il y a une dynamique certaine qui est perçue par l'ensemble des acteurs mondiaux de la filière cajou », s'est réjoui Adama Coulibaly. Il espère une production d'au moins 800 000 t en 2020, si l'on réussit à mettre fin à la fuite des produits hors des frontières.

La lutte contre la fuite a permis de saisir 7 véhicules qui sont en cours de traitement. La production de noix de cajou au titre de 2019 est de 534 641 t contre 761 000 t en 2018, soit une baisse de 17 % d'une année à l'autre. 68 000 t ont été transformés en 2018 contre 57 000 t en 2019. S'agissant des exportations, elles ont concernées 574 000 t en 2019 contre 642 000 t en 2018.

Irène BATH

 

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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