Impact du coronavirus sur la filière hévéa/ Eugène Krémien (Pca Apromac) : « Nous risquons des pertes d'environ 60 milliards de francs Cfa chaque mois »


25/03/2020
Impact du coronavirus sur la filière hévéa/ Eugène Krémien (Pca Apromac) : « Nous risquons des pertes d'environ 60 milliards de francs Cfa chaque mois »
Eugène Kremien a invité les acteurs de la filière à respecter les mesures de lutte contre la propagation de coronavirus.

La filière hévéa en Côte d'Ivoire n'est pas épargnée par la pandémie du coronavirus qui fait des ravages avec d'énorme pertes en vies humaines depuis quelques mois. Eugène Kremien, président du conseil d'administration de cette faîtière des acteurs de cette filière, a exprimé ses craintes, au cours d'une conférence de presse qu'il a animée ce mercredi 25 mars 2020, à Cocody.

« Dans l'ensemble, il faut le dire, notre filière souffre déjà et cela ne fait que commencer. Après analyse de la situation et en nous appuyant sur les résultats de l'année 2019, elle-même très difficile, notre filière risque de perdre, en moyenne, environ soixante milliards de francs Cfa de chiffre d'affaires chaque mois », a souligné M. Kremien.

Il a expliqué que la Côte d'Ivoire réalise la première transformation du caoutchouc naturelle par le biais des usiniers avant d'exporter vers l'Europe et l'Asie principalement. Or, ces partenaires eux-mêmes sont à l'arrêt du fait du coronavirus. Du coup, ils ne passent pas commande. De fil en aiguille, si les usiniers en Côte d'Ivoire n'arrivent pas à exporter leurs produits, ils ne peuvent pas également acheter aux producteurs les fonds de tasse. Tout est donc, à l'arrêt. Pis, le Pca de l'Apromac fait observer que personne ne sait quand prendra fin cette situation.

« Je voudrais m'en remettre à nos autorités afin que la situation de l'Apromac soit au cœur des mesures de soutien en faveur du secteur privé ivoirien afin que nous puissions garder espoir », a-t-il indiqué. Avant d'ajouter : « Ailleurs, on demande aux impôts de surseoir le recouvrement. Ailleurs l'État intervient auprès des banques pour suspendre, non pas annuler, les échéances, les traites le temps de permettre aux entreprises de réagir ».

Eugène Kremien a fait observer que beaucoup de planteurs, avec l'arrêt des activités et la réduction drastique de leurs revenus, craignent que leurs travailleurs en plantation les quittent et ne reviennent plus. « Du côté des usiniers, cette situation fait entrevoir l'épineuse question de la gestion des effectifs. Faut-il se préparer à réduire le temps de travail?Faut-il réduire le personnel ? Ce sont autant de questions qui se posent aujourd'hui dans les entreprises de notre filière », a-t-il fait savoir.

Puis, il a lancé cet appel : « Planteurs d'hévéa, usiniers, je vous invite à prendre toutes les dispositions pour vous protéger vous-mêmes et pour protéger vos travailleurs partout où vous exercez vos activités. Je vous invite à éviter tout contact humain, à vous laver soigneusement et fréquemment les mains avec du savon et de l'eau ou avec du gel hydroalcoolique. Protégez vos mains et vos visages, respectez la distance minimum d'un mètre entre vous ».

Jonas BAIKEH

Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Linfodrome

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