Ce que dit le chef de terre : Taabo: Le projet de bananes d'antillais divise Sokrogbo


30/05/2013
Akou N’Guessan Raphaël (2ième à d) et les populations attendent le démarrage du projet./Ph : J.BAIKEH
« C’est nous, propriétaires terriens de Sokrogbo qui avons accepté librement l’offre de location de nos terres, formulée par les investisseurs antillais avec qui nous avons conclu un protocole d’accord le 28 décembre 2012. Et ce, au regard des avantages que nous allons en tirer pour notre village et pour toute la région », a tenu à préciser Akou N’Guessan Raphaël, chef de terre de Sokrogbo, un village situé à une quarantaine de kilomètres de Taabo. « J’ai l’impression qu’il y a des gens tapis dans l’ombre qui tentent de manipuler certaines personnes qui ne sont pas propriétaires terriens », a-t-il ajouté.

Le président du comité de gestion du foncier rural de ce bourg a fait cette déclaration le 28 mai 2013, au cours d’un entretien réalisé à Sokrogbo. M. Akou réagissait ainsi à des publications dans la presse tendant à faire croire à un mouvement d’expropriation des paysans de ce village au profit d’une multinationale. « Ce terrain dont on parle est la propriété privée de la grande famille Kpala. C’est nous qui avons installé les uns et les autres sur des parcelles. Ce n’est pas un terrain du village, c’est notre propriété. Et nous disons que pour le développement de Sokrogbo, nous louons les mille hectares à ces investisseurs qui, en retour, créeront au moins 1500 emplois directs pour les jeunes, sans compter les emplois indirects que ce projet va générer. De plus, ils se sont engagés à construire des écoles, des centres de santé et à nous faire bénéficier de l’eau potable et de l’électricité. A cela, il faut ajouter le désenclavement de notre village. La route, dit-on précède le développement. Aussi, pensez-vous raisonnablement qu’on puisse cracher sur cette offre, alors qu’on prétend aimer son village et ses parents ? Non, soyons sérieux ! », a-t-il fait observer.

M. Akou a expliqué que les frondeurs sont trois fils du village et quelques ressortissants burkinabè et maliens. « Ce ne sont que des occupants. Des personnes que nous avons installées sur des lopins de terre. Ils vont être indemnisés comme tous ceux qui possèdent des plants de culture. D’ailleurs, ils ont déjà perçu quelque chose », a-t-il révélé. Le chef de terre a réaffirmé la volonté de la famille Kpala d’aller jusqu’au bout. « Moi et mes frères et sœurs (Akou Yao Stanislas, Yao Aya, Dagra Brou Hilaire, Lashié Lavry Théodore et Mana N’Dri) avons signé les documents pour donner notre accord pour la mise en œuvre de ce projet d’envergure et nous n’avons qu’une seule parole », a-t-il insisté.

Pour lui, « ces gesticulations d’un groupuscule d’individus» n’ont aucune sorte d’influence sur la marche du village et la conduite du projet. « Ils jouent à se faire peur eux-mêmes. Quant à nous, nous sommes sereins. Une avance a été donnée et le reste de l’indemnisation doit suivre. D’ici début août, je pense que le projet rentrera dans sa phase active. On dit que le chien aboie et la caravane passe », a lancé Akou N’Guessan Raphaël.

Avant d’insister sur un autre aspect. « Ils ont accusé le ministre Maurice Bandama d’être de mèche dans ce qu’ils appellent campagne d’expropriation. Mais, cette haute personnalité n’est pas, à ce que je sache, propriétaire terrien à Sokrogbo. Comment pourrait-elle être impliquée dans cette affaire ? Le ministre Bandama, en sa qualité de député de la région a été informé du projet de réalisation de plantations de bananes dans notre village. Il n’est pas propriétaire terrien encore moins fils de Sokrogbo, quelle décision a-t-il à prendre ici ? Cependant, en tant que grand bâtisseur, il ne voit pas d’un mauvais œil que des investisseurs s’intéressent et participent au développement de sa région. Il ne nous a pas influencés dans notre décision de louer nos terres aux antillais. C’est pour vous dire que ce proche collaborateur du Président de la République n’est mêlé ni de loin, ni de près dans la prise de décision. Je le répète, ces terrains appartiennent à la famille Kpala qui les loue à qui elle veut, dans son intérêt et celui du village », a-t-il martelé.

Notons qu’en marge de cet entretien, Akou Yao Stanislas Hervé, fils du défunt chef de Sokrogbo a appelé leurs partenaires antillais à démarrer instamment les travaux. « Le village s’impatiente. Des jeunes d’autres villages nous approchent et veulent du travail. Tout notre espoir repose sur ces antillais », a-t-il laissé entendre.

Jonas BAIKEH

(Envoyé spécial à Sokrogbo)

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Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Soir info

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