Affaire « 2ième terminal à conteneurs »: Ce que revèlent des chiffres


18/06/2013
Elle continue de défrayer la chronique, de faire couler beaucoup d'encre et de salives, l’attribution du second terminal à conteneurs d’Abidjan. Mais, que disent les chiffres ? Qu’est-ce qui a été présenté par les différents soumissionnaires à cette offre en termes de propositions financières?

Il faut noter d’emblée qu’en lançant cette offre, l’Etat de Côte d’Ivoire entendait se doter d’un terminal à conteneurs capable de traiter les navires d’une certaine dimension d’une part, d’améliorer ses recettes, rendre le Port d’Abidjan encore plus compétitif et accroître son trafic, d’autre part.

Selon des sources dignes de foi, au titre de droit d’entrée dans la concession et de participation financière à la réalisation des travaux à la charge de l’autorité concédante, le consortium MBB ( Maerks Bolloré Bouygues) a proposé environ 80 milliards de F Cfa quand d’autres prétendants avançaient 53 et 50 milliards.

En outre, au titre de la Redevance fixe annuelle, alors que les autres proposaient 5 et 5,32 milliards de francs Cfa, le groupe auquel appartient Bolloré a déposé sur la table 14,5 milliards de francs Cfa. Cette somme, rappelons-le, correspond au montant que le concessionnaire s’est engagé à payer en contrepartie du droit d’exploitation du terminal.

Par ailleurs, en termes de trafic de transbordement minimum demandé, tandis que Bolloré et associés ont soutenu pouvoir traiter 450.000 conteneurs, les uns parlent de 264.000 et les autres concurrents de 275.000 conteneurs. Par trafic de transbordement, il faut comprendre le trafic conteneurisé traité sur le terminal en vue de son transfert sous-douane, le cas échéant, avec mise à quai et stockage intermédiaire mais sans ouverture du conteneur, d’un navire porte-conteneurs à un autre.

A noter que les conteneurs en transbordement (débarquement puis embarquement) ne sont décomptés qu’une seule fois pour le calcul du volume de trafic. Quid des tarifs plafond ? C'est-à-dire des tarifs maxima que le concessionnaire est autorisé à appliquer aux usagers pour les activités concédées.

Ici également, Bolloré, selon nos sources, a fait une intéressante offre en proposant 40% par rapport au trafic en vigueur au Port autonome d’Abidjan. Ses adversaires ont avancé 37,8% et 31,3%. « Dans chaque critère de sélection, Bolloré s’est toujours classé premier. Et jamais de façon étriquée. C’est que le consortium avait de loin le meilleur dossier, la meilleure offre. Et dans la dynamique de reconstruction de son économie, l’Etat de Côte d’Ivoire, qui mise sur la compétitivité, ne pouvait faire un autre choix. Qu’aurait-on pensé si, face à ces chiffres, on faisait le choix de ceux qui avaient proposé moins », a interrogé notre interlocuteur, hier, 17 juin 2013, au cours d’une conversation téléphonique.

J.BAIKEH

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Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Soir info

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