Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome

Au-delà de la défaite…

Les ‘’Eléphants’’ de Côte d’Ivoire n’iront pas en Russie en 2018. L’équipe nationale ivoirienne ne prendra pas part à la compétition du Mondial de football qui a lieu dans quelques mois au pays de Vladimir Poutine.

Habituée à ce rendez-vous depuis 2006, la Côte d’Ivoire a cédé sa place, cette année, au Maroc. Céder, ce n’est pas faux de le dire vue le parcours médiocre des ex-champions d’Afrique pendant la phase des éliminatoires couronné par la facilité déconcertante avec laquelle ils ont plié l’échine devant leur public à Abidjan.

On la voyait venir, cette élimination des éléphants. Ils sont très peu, les Ivoiriens qui croyaient encore en leur équipe. Ils étaient pourtant nombreux à nourrir un nouvel espoir quand cette équipe avait été confiée au technicien Belge Marc Wilmots. Le sélectionneur qui avait écrit de belles lettres avec les ‘’Diables rouges’’ de la Belgique de 2012 à 2016, a fait rêver plus d’un. Mais, les fanatiques de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire auront vite déchanté. Des résultats, le Ballon d’or européen en 2002 en a eu. Peu reluisants. Loin de rassurer les Ivoiriens. A part, certainement, ses employeurs de la Fédération ivoirienne de football (Fif), qui ont dû croire en ses promesses jusqu’à la descente définitive en enfer.

Les voyants étaient pourtant bien clairs. Avec Wilmots, l’équipe nationale ivoirienne n’a jamais été aussi méconnaissable. Comme à une certaine époque avec un certain Sabri Lamouchi à la tête de cette formation de football. Les résultats n’ont jamais convaincu. Y compris le fond du jeu. Le seul exploit de ces pachydermes, on se souvient, reste la raclée qu’ils ont pu infliger au Gabon, le 2 septembre passé, à Libreville. On ne sait trop comment cette équipe avait réussi cet exploit, qui a donné du sourire aux quelques ‘’masos’’ qui continuaient encore à y croire. Sourire de courte durée, du reste, car la suite, on l’a vue à peine trois jours après, avec la même équipe du Gabon, qui est venue prendre sa revanche sur le sol de son bourreau, à Bouaké, le 5 septembre 2017, en match retour. Une défaite qui a pesé lourd dans l’élimination de la Côte d’Ivoire qui tenait là, sa chance de qualification.

Mieux, il aura fallu l’arrivée de Wilmots pour que l’équipe ivoirienne renoue avec les cauchemars des défaites à domicile. Les Eléphants, qui ont caracolé longtemps en tête des meilleures équipes d’Afrique dans le classement Fifa, s’étaient toujours fait respecter sur leur territoire. Mais, ces dernières années, c’est une équipe quelconque, banale, corvéable à souhait, qui s’est fait malmenée par ses visiteurs guinéens ou gabonais dans les compétitions internationales. De là à être éliminée pour sa participation au Mondial de la Russie, rien n’a étonné personne.

Le calice a été bu. Jusqu’à la lie. Il reste maintenant à en tirer des leçons. Il est vrai, il y a des responsabilités à situer. Afin de purifier l’environnement autour de cette équipe. Il faut la débarrasser des faucons et placer les hommes qu’il faut là où il faut pour la relever. Car, c’est de cela qu’il s’agit. Un nettoyage de fond en en fond pour la remettre d'aplomp. Ce travail doit commencer par la Fédération et s'étendre à l'encadrement technique. Courageusement!

Au passage, la Côte d’Ivoire n’est pas la première équipe à connaitre ce passage à vide. Le Cameroun, champion d’Afrique en titre est passé par là. Le Nigeria, le Ghana, le Sénégal, avant dernier qualifié pour le Mondial de Russie s’en souvient bien. Même l’Algérie qui vient d’infliger une correction à la Côte d’Ivoire pour lui arracher sa place. Mais, tous ses pays de football ont su se remettre en cause, se reconstruire pour rebondir. C’est le moment d’y penser. Avec une véritable équipe de dirigeants bâtisseurs. Et des sélectionneurs émérites, qui honoreront l’argent du contribuable ivoirien.

A propos, de plus en plus de nations africaines de football ont compris qu’il faut composer avec des techniciens locaux. Ce n’est pas ce qui manque à la Côte d’Ivoire. Plutôt de se payer le luxe d’un expatrié incapable de fournir du plaisir aux contribuables. Le Ghana, le Nigeria, le Mali, et encore le Sénégal réussissent si bien avec des fils de leur terroir. Pourquoi pas la Côte d’Ivoire, qui l’a déjà essayé avec un certain François Zahui qui n’aura pas démérité ?

La preuve, le Niger se l’est approprié, et il mène bien sa mission. Le temps est venu d’explorer toutes ces solutions. Pour construire une équipe debout, capable de relever de nouveau défis et de rapporter de la joie au cœur des Ivoiriens. Ce peuple qui n’aura eu que le football ces dernières décennies pour décompresser des crises à répétition qui stressent son quotidien. Que la réflexion commence dès maintenant. Honnêtement !

 

Félix D.BONY

 

 

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