Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome

Pour des lendemains meilleurs

C’est ce samedi, les élections municipales et régionales sur l’ensemble du territoire ivoirien. Pendant deux semaines, 684 listes de candidatures pour les 200 communes et 84 pour les 31 régions de la Côte d’Ivoire, ont sillonnées villes, villages et hameaux pour séduire les électeurs. Ce 13 octobre 2018, c’est le jour de la vérité. Le jour tant attendu est arrivé. Aussi bien par les électeurs pour prendre leurs responsabilités que pour les candidats pour connaître leur sort. L’occasion est idéale pour revenir sur le devoir de chacun. Electeur et candidat.

D’abord, pour les électeurs, c’est plus que jamais le moment. Celui du choix, mais surtout de la sanction. Pendant cinq ans, il n’y aura plus une seule occasion comme celle-là pour se faire valoir. Cette occasion où l’on est roi. La seule où le ministre accepte de partager la sueur du bouvier. L’unique où l’on a vu des personnalités de premier rang, fondre dans la masse, danser, sautiller, arborer le même langage que le public. Que n’a-t-on pas vu et entendu ? Ces discours qui ont fini de convaincre que c’est le peuple qui tient le pouvoir. Le vrai pouvoir. Celui de mettre et de démettre. La démocratie, c’est la voix du peuple par le peuple et pour le peuple. C’est-à-dire, ce peuple qui vote pour lui-même. Non pas pour faire plaisir à un individu, à un groupe ethno-tribal ou régionaliste. Mais, un vote pour soi. Un choix qui va changer son quotidien ou son avenir. Le choix d’un programme réaliste et ambitieux, le choix d’un individu ou un groupe d’individus altruiste(s), inspirant confiance, le choix de la certitude du mieux-être. Bref, pour un avenir meilleur.

C’est aussi l’occasion du jugement. ‘’Vox populi, vox dei’’. La voix du Peuple est la voix de Dieu. Dieu dont nul ne saurait se dérober à la volonté. Cette volonté qu’a le peuple de soutenir ou d’abandonner un dirigeant. C’est le temps du bilan de ceux qui ont déjà géré. L’heure de faire le point entre les promesses et les réalisations. La minute pour sanctionner les mauvais, les démagogues, les arrogants, les grisés devenus inaccessibles et qui ont tenu à peine leurs promesses. C’est en même temps l’instant pour traduire sa reconnaissance aux altruistes, aux bons gestionnaires des biens de la société, accessibles, humanistes et sociables qui tiennent leurs promesses et savent écouter leur peuple pour mieux répondre à ses aspirations. Après 5 années de gestion, il y en a qui ont tiré leur épingle du jeu. Qui n’ont pas attendu la fin de mandat pour accumuler des fonds et chercher à se payer des voix. Juste pour rempiler et fermer à nouveau les yeux sur les problèmes des populations. Mais également, l’instant pour donner sa chance à de nouvelles personnes, qui viennent faire leurs part de promesses dont certaines aussi fallacieuses que saugrenues. Qui propose du concret et convainc par ses actions qu’il donnera plus de mieux-être aux siens ? Voilà celui à qui il faut donner sa voix. Pour être certain de lendemains meilleurs qu’aujourd’hui. Avec des hommes eux aussi certains. Des élus dignes de confiances, de vrais serviteurs de leurs peuples et de leurs patries. Il y en a beaucoup parmi ces 768 candidats qui ont fait le tour des localités du pays pendant ces deux semaines passées.

Ces candidats, eux aussi, ont une grande responsabilité. A une élection, en effet, on se présente pour gagner, certes, mais avec aussi la possibilité d’en sortir perdant. C’est le peuple qui juge et décide. Son argent, son teint, sa taille ou son titre n’ont rien à y avoir. A moins d’être un candidat unique dans sa circonscription, nul ne peut sous-estimer un adversaire et se convaincre a priori d’une quelconque victoire. Dans le même temps, il est à déplorer ces candidats qui connaissent leurs faiblesses et ourdissent des plans machiavéliques pour chercher à s’imposer. Ces fortunés, imbues de leurs personnalités, qui pensent pouvoir tout écraser et s’asseoir. Pour ces gens, la démocratie se conjugue avec la violence. La voie des urnes est juste un exercice pour les yeux des autres. Mais, le braquage des urnes est le moyen le plus sûr pour parvenir à ses fins. Avec ses sbires préparés à cette fin.

Pendant ces campagnes, on a vécu un peu d’expériences amères dans certaines localités. Où des échauffourées par endroit ont failli entrainer des dérives. Déjà, dans plusieurs localités, on retient des souffles. Ce qui ne devrait pas être le cas. Chaque commune ou chaque région devant attendre paisiblement que la voie des urnes tranche. Sans bruit. Et que le vainqueur soit salué et soutenu par les vaincus. Surtout pour ces scrutins à la proportionnel. Où toutes les forces en présence finissent par se retrouver pour travailler ensemble, si tel est vraiment la volonté des uns et des autres, pour le bien-être des populations. Encore, et encore, pour des lendemains meilleurs. Et si on économisait des violences ce week-end électoral, sur toute l’étendue du territoire ivoirien, pour donner au monde un signe fort de maturité ? C’est toute la Côte d’Ivoire qui y gagnera. Pourvu que tous les candidats soient animés de bonne volonté et affichent leur patriotisme. Bon vote à tous, et bonne fête aux élus et réélus !

 

Félix D.BONY

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