Adjamé, hier : Affrontements sanglants entre syndicalistes et chauffeurs

Plusieurs blessés graves, des gbakas saccagés, des voyageurs en fuite
Adjamé, Yopougon et Abobo paralysées
29/09/2014
Abidjan a été paralysée par l’affrontement des transporteurs (Ph : M’BRA Konan)
Une bagarre, d’une rare violence, a opposé les syndicalistes aux chauffeurs et leurs supporters peu après 8H, le dimanche 28 septembre 2014, dans la commune d’Adjamé.

Armés de part et d’autre de bouts de bois, de barres de fer et de machettes, les deux camps en sont venus aux mains avec des corps à corps sanglants. Plusieurs combattants se sont écroulés, en sang, sous le poids de leurs graves blessures. Les syndicalistes qui, à ce moment, semblaient avoir le dessus, ont fait reculer un tant soit peu, leurs adversaires avant de se défouler sur plusieurs minicars tombés ou stationnés au mauvais moment.

Ces véhicules ont été simplement caillassés. Les plus chanceux ont vu leurs vitres voler en éclats. Des détonations semblables à celles d’armes à feu, ont fini par créer la psychose totale. Des voyageurs, des passants, et même des riverains, ont, aussitôt, pris leurs jambes à leur cou. C’était un véritable sauve-qui-peut. Certains, plus rapides, se sont réfugiés à la gare nord de la Société des transports abidjanais (Sotra) située non loin de là. L’information de la bagarre parvenue aux responsables des deux camps à Abobo a crée également un cafouillage. Des « syndicalistes » s’en sont pris aux chauffeurs et apprentis des minicars. Un début d’affrontement a eu lieu et la circulation était totalement paralysée aux environs de 10H.

A Yopougon, la situation était plus que critique. Des passagers ont été expulsés des gbaka au niveau de Siporex et à la Bae. Ils ont même échappé à un lynchage. D’ailleurs, certains parmi eux se sont réfugiés dans des cours communes attendant l’arrivée des forces de l’ordre. Aussitôt, des chauffeurs, pour éviter des violences sur leurs véhicules, ont décidé de mettre leur engin à l’abri, dans plusieurs garages. Malgré la paralysie de la circulation dans les deux grandes communes d’Abidjan, les représentants et sympathisants des deux camps opposés, non seulement, ont érigé des barrages, mais certains convergeaient vers Adjamé, l’épicentre de la crise.

Les taxis banalisés tout comme des véhicules de particuliers rebroussaient chemin dans le sens inverse vers les deux communes citées sans compter ceux de Cocody, de Koumassi et de Treichville qui ont été surpris par cette violence inouïe. En temps record, la grande gare d’Adjamé qui part de « Liberté » à la « Casse » avait quasiment perdu son monde. Les forces de l’ordre informées ont tenté de ramener le calme en vain dans un premier temps.

Cette bagarre sanglante s’explique par le fait que Diallo Abdoulaye, apprenti de minicar aurait refusé de payer « son chargement » effectué au niveau du pont piéton d’Adjamé. L’entêtement d’un syndicaliste à obtenir son argent a conduit ce dernier et Diallo à s’engager dans une course poursuite qui s’est terminée par un accident de circulation. En effet, Diallo Abdoulaye, préoccupé à rejoindre son minicar a mal apprécié la trajectoire d’un car qui l’a violemment percuté. Il n’en fallait pas plus pour que les autres apprentis et chauffeurs témoins de la scène, engagent les hostilités avec les syndicalistes. Les renforts de part et d’autre ont généralisé la bagarre. Cette situation de tension a gagné les communes desservies par les minicars, notamment Cocody et Bingerville, en plus d’Abobo, Yopougon et Adjamé qui étaient dans la fournaise.

A Cocody, les passagers en partance ou en provenance de Bingerville, ont dû marcher ou négocier avec les taxis-compteurs pour atteindre leur destination finale. Devant cette atmosphère Abdoulaye Sylla, président du Collectif des syndicats des chauffeurs a appelé au calme et à la reprise. Quant à Sangaré Dramane, membre du Haut conseil des transports, il a dénoncé les violences et conseillé qu’il n’y ait plus de gares parallèles. Aux dernières nouvelles, Diallo Abdoulaye, admis aux urgences du Chu de Yopougon par les pompiers, bénéficierait de soins appropriés.

M’BRA Konan

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M'Bra Konan

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  • SOURCE: Soir info

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