Scandale à la Douane: Une affaire de près de 3 milliards de F Cfa fait grand bruit à la Douane, la réaction du mis en cause


Des agents des Douanes se sentent floués dans une opération qui a fait un flop

La grogne enfle à la Douane. Des officiers et sous officiers de cette régie financière d’État ruminent une colère sourde. A l’origine, une affaire de prélèvement sur leurs salaires, pour un fonds de placement à Bni Gestion, qui a mal tourné, et une cotisation de 544 millions de Fcfa placée dans une banque...

2,855 milliards de francs Cfa. C’est le montant que réclament des douaniers, relativement au scandale financier qui a éclaté dans cette administration. Nos sources expliquent que, sans les avoir consultés, le Colonel Traoré Dohia, président de la Mutuelle des agents des douanes de Côte d’Ivoire (Mudci) a ouvert un compte à Bni Gestion, où il a souscrit à un fonds de placement qui a tourné au vinaigre. « C’est une fausse affaire. Il est allé mettre notre argent dans un fonds de placement, et le business s’est mal passé. L’opération a été un fiasco. Notre argent est perdu. Bni Gestion est dans la tourmente », ont souligné des agents de cette régie financière d’État, au cours d’une rencontre, au Plateau, le mercredi 20 juin 2018.

Puis, ils ont ajouté : « dans les autres régies, les agents ont souscrit individuellement. Ils ont leur numéro de compte. Ils savent le montant de leur cotisation, et ce qui leur revient comme intérêt. Chez nous (Douane), c’est le flou total. On n’est pas connus des fichiers de Bni Gestion. Pis, quand un agent va à la retraite, puisqu’il n’a pas de compte là-bas, Bni Gestion décaisse de l’argent qu’elle remet à la mutuelle. C’est elle qui, à son tour, remet une enveloppe à celui qui part à la retraite », ont fait observer nos interlocuteurs. Qui se sont, par ailleurs, plaint du montant versé au travailleur admis à faire valoir ses droits à la retraite. « Comment peut-on remettre 300.000 francs à quelqu’un qui a cotisé 240.000 francs par an, sur au moins trois ans ? Ce n’est pas possible », ont-ils dénoncé. Ils soutiennent qu’en 2017, des travailleurs avaient demandé un rachat de leur cotisation. « Nous avons demandé à Bni Gestion de payer le capital et les intérêts de tous les agents, puisque le placement était arrivé à maturité, trois ans après. Mais, rien n’y fit. Nous avions, à l’époque, attiré l’attention de la Direction générale sur les insuffisances de Bni Gestion. Le risque était grand que nous tombions dans le même travers que l’Agrobusiness. Mais on ne nous a pas écoutés », ont-ils laissé entendre. D’ailleurs, pour eux, tout ceci n’aurait pu se faire sans le soutien de la Direction générale. Pour ces Douaniers, le colonel Dohia n’est pas allé prendre l’argent des douaniers sans l’accord de la Direction générale. « Quelqu’un a bien ordonné les prélèvements à la source. Nous estimons que c’est son complice », ont-ils tranché.

Outre les 2,855 milliards de Fcfa, les agents des douanes réclament au colonel Traoré Dohia, 544 millions de Fcfa injustement perçus. « En octobre 2017, devant la faillite de Bni Gestion, et vu que nous ignorons comment nous allons être remboursés, nous avions demandé l’arrêt des cotisations. Qu’on arrête de nous prélever. De cette date jusqu’à ce jour, ce sont 544 millions de francs Cfa qui nous ont été encore prélevés. Et, cette fois, c’est sur un compte ouvert dans les livres de la Sib qu’il est allé déposer notre argent. Le compte appartient à la mutuelle et non aux douaniers. C’est un détournement de fonds purement et simplement », se sont-ils emportés.

Les griefs contre le président de cette mutuelle ne s’arrêtent pas là. Les douaniers ont évoqué une autre affaire toute aussi louche, selon eux : achat de terrain pour la construction d’un hôpital des douaniers. « Nous ne connaissons pas le montant du prêt octroyé par Diamond Bank à la mutuelle pour cette opération. Combien coûte ce prétendu terrain ? C’est pour toutes ces raisons que nous réclamons un audit financier de notre mutuelle. Nous exigeons également la démission du président de la mutuelle, Traoré Dohia », ont-ils insisté.  

Quand nous l’avons rencontré à son bureau, au Plateau, le colonel Traoré Dohia n’a pas souhaité réagir, relativement à ces accusations.

Jonas BAIKEH

 

Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Soir info
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