Duékoué : Des amis et collègues d'une société, arrêtés pour le vol du moteur d'une bétonnière


Koffi Kouassi Charles, 27 ans, et Bosséa Erick Ange, 36 ans, sont le genre d'individus qui n'ont aucun scrupule, à scier la branche de l'arbre sur laquelle ils sont pourtant, eux-mêmes, assis. Employés à Duékoué, dans une usine dénommée « Sinomach », tenue par des ressortissants chinois, ils sont accusés de vol, au préjudice de la structure qui leur permet d'assurer leur quotidien, leur dignité d'homme et leur casquette de «mari capable ».

A en croire les informations données par nos sources, il revient que le lundi 16 juillet 2018, les employés de ladite entreprise, située à environ 1 Km du corridor, sur l'axe routier Duékoué-Daloa, sont à la tâche. Et aux alentours de 10h, comme il a l'habitude de le faire, le vigile répondant aux initiales G.A. choisit ce moment pour effectuer une ronde. Pour s'assurer qu'il ne se passe aucune situation, pouvant nécessiter son intervention. Et là, il surprend Koffi Kouassi Charles, l'un des ouvriers, en train de dévisser le moteur d'une bétonnière. Une grosse infraction qui aurait pu coûter son job, à cet employé, si jamais le vigile en soufflait un seul mot au patron.

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Le gardien ne voulant pas que cette infortune arrive à ce travailleur, il lui demande tout simplement de mettre un terme, ici et maintenant, à son entreprise tordue. Et, admettant que son message de mise en garde est bien passé, le gardien poursuit sa ronde. Mais son message est-il vraiment passé ? Attendons donc la suite de l'histoire, pour le savoir.

En effet, nous sommes à présent aux alentours de 18h. C'est l'heure de la descente. Et là, G.A. rejoint le portail de l'entrée principale de l'usine. Et comme il est de règle, il fouille, en compagnie de ses deux collègues, chacun des employés, pour savoir s'ils n'ont rien dérobé. Cet exercice mené sans problème, le portail est ouvert, pour permettre aux employés d'embarquer à bord du camion de ramassage, devant les conduire au centre-ville. Ainsi, chacun pourra regagner son domicile, sans avoir à parcourir la longue distance à pied.

A ce moment précis, le vigile constate que deux des employés sont absents et le camion est parti sans eux. Il ne les a vus, ni à la fouille, ni à la montée du camion. Il s'agit de Koffi Kouassi Charles et de Bosséa Erick. C'est inhabituel et cela intrigue fortement G.A.

Et peu de temps après, il voit le second cité se diriger tout seul à pied, en direction du centre-ville. Mais comment se taper une si longue distance, alors que le camion était là, pour lui faciliter la tâche ? C'est la question que se pose le vigile, qui va se caler derrière le portail. De là, il suit des yeux Bosséa Erick, se faisant de plus en plus suspect, en jetant chaque fois en arrière, des coups d’œil. Comme pour se rassurer que personne ne le suit.

Et, après avoir parcouru une bonne petite distance, il s'arrête après avoir traversé la chaussée, dont il rejoint le côté gauche. Et tout d'un coup, c'est Koffi Kouassi qui surgit de la broussaille, avec un sac au dos. Et les deux hommes, habitant le quartier « Diaye Bernard », communément appelé « Carrefour », cheminent en direction du centre-ville.

Mais pourquoi Koffi Kouassi peut-il se camoufler et passer par la broussaille ? Qu'est-ce que le sac qu'il porte au dos peut-il contenir ? Le gardien est convaincu que ça sent le mauvais coup. Surtout, quand il se remémore la scène où dans la matinée, il avait surpris Koffi Kouassi, en train de dévisser le moteur d'une bétonnière.

Le gardien court alors à l'intérieur de l'usine et découvre que le moteur que dévissait Koffi Kouassi, est porté disparu. Nom de Dieu, l'ouvrier a mis à exécution son plan de vol, se dit intérieurement l'agent de sécurité.

Revenu de nouveau, à la sortie de la société en courant, G.A. réquisitionne le vélo d'un passant et se lance aux trousses des deux hommes, qu'il rattrape à hauteur du corridor. Il impose sa volonté absolue, de prendre connaissance du contenu du sac de Koffi Kouassi. Et là, il découvre effectivement le moteur de la bétonnière. Il maîtrise les deux employés suspects, et informe immédiatement son patron. Ce dernier, un Chinois répondant au nom de Bzhang Lumin, constate les faits. Puis, il alerte le commissaire Thio qui, à son tour, dépêche certains de ses éléments sur les lieux. Et ce sont ceux-là qui emmènent à leur base, les deux suspects.

A son interrogatoire peu après, Koffi Kouassi passe aux aveux, avant de dévoiler son mode opératoire. A l'en croire donc, il dévissait effectivement le moteur de la bétonnière, lorsqu'il est surpris sur les faits par le vigile. Et lorsque ce dernier a poursuivi sa ronde, après l'avoir mis en garde contre tout manquement, il «s'est « torché » avec les menaces.

Plus tard, il va jusqu'au bout de sa forfaiture, en dévissant le moteur de la bétonnière et le balance par dessus la clôture. Cela fait, Koffi Kouassi va expliquer à son ami et collègue Bosséa Erick, le vol qu'il vient de commettre. Puis, il demande à ce dernier, son sac à dos pour qu'il y range son butin, à la descente du boulot. L'autre y adhère et agit dans ce sens.

Entendu pour sa part sur les graves accusations, Bosséa Erick rétorque qu'il n'est nullement mêlé à l'organisation et à la commission du vol du moteur.

Soit ! Mais alors, pourquoi n'a-t-il pas dénoncé son collègue ? Et pourquoi au contraire, lui a-t-il remis son sac qui a servi au transport du bien volé ? Ces questions des enquêteurs de la police demeurent une véritable colle, devant lesquelles l'homme s'est englué, dans un mutisme total.

Face à cet état de fait, qui montre clairement que Koffi Kouassi et Bosséa Erick sont mal barrés, le commissaire Thio, de toute évidence, les fait déférer devant le parquet de la section du tribunal de première instance de Guiglo. C'était le mercredi 18 juillet 2018.

 

KIKIE Ahou Nazaire

Kikié Nazaire

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  • SOURCE: Soir info
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