San Pedro : affaire « Un policier tire sur un jeune homme à un barrage » : Une autre version livrée ; les agents en cause interpellés et transférés à Abidjan


Depuis le vendredi 27 juillet 2018, une rumeur à San Pedro, laissant entendre qu'un policier aurait intentionnellement ouvert le feu sur un motocycliste, qui refuserait de se soumettre à son racket, enfle progressivement au sein de la population.

Mais après recoupement de plusieurs sources, qui ont requis l'anonymat, les faits semblent tout autre. Il ressort que le triste événement en question n'était rien d'autre, qu'un malheureux accident, survenu au cours d'une opération de police.

Selon nos sources, l'après-midi du jour des faits, deux agents de police, en service au commissariat du 2ème arrondissement sis au quartier « Bardot », sont de faction, dans le périmètre du grand marché. Ils sont informés par de bonnes volontés, de ce que deux individus à moto, dont l'un armé d'un pistolet, sont aperçus au niveau de la station Total, non loin du marché de volaille.

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Dans le but d'intercepter les deux suspects présumés, identifiés comme des membres d'un dangereux gang de voleurs de moto, les deux policiers érigent un barrage, dans les environs de la voie menant au cimetière. C'est un axe connu pour être un passage presque obligé, d'individus indélicats.

Les deux policiers, semble t-il, ont le nez creux. Puisque, peu de temps après,  ils voient arriver à vive allure, les suspects sur un engin à deux roues. Ils font signe aux quidams de s'arrêter. Mais ces derniers qui n'entendent pas obtempérer, forcent plutôt le barrage de fortune.

Obligeant du coup l'un des agents, un sergent, à sortir son arme à feu, pour des tirs de sommation. Ce dernier fait donc retentir une première détonation dans l'air. Malheureusement, en baissant son arme, il libère accidentellement un deuxième tir. La balle vient toucher au menton et au cou, G.N., un jeune planteur de 34 ans. Qui semble-t-il, s'est retrouvé là, au mauvais endroit et au mauvais moment, alors qu'il se rendait au champ. Le pauvre pousse un cri de détresse, avant de s'écrouler, tandis que les suspects visés disparaissent, eux, dans la nature.

Les policiers qui concèdent le malheureux accident, organisent immédiatement le transfert du blessé au Chr de San Pedro, où une prise en charge rapide du pauvre est assurée. Mais face à la gravité des blessures, les médecins suggèrent une évacuation par ambulance médicalisée, sur Abidjan. Ce, pour une prise en charge plus efficiente.

Une fois dans la capitale économique, après des analyses plus poussées et des soins appropriés prodigués par les spécialistes du Chu de Treichville , la vie de G.N., apprend-on, est déclarée hors d'état critique. Il est même libéré le lendemain samedi, avec pour recommandation de revenir ce lundi ( hier), pour un contrôle médical. Signalons que tous les frais médicaux, engendrés par cette situation malheureuse, ont entièrement été pris en charge par le tout nouveau chef de service du commissariat de police de Bardot, Bamba Gbeu Daniel. Qui n'a pas souhaité s'exprimer sur le dossier.

Pris de colère après avoir eu écho de l'affaire, les jeunes de la communauté ethnique, à laquelle appartient l'infortuné G.N., s'étaient déportés au commissariat de police du 2ème arrondissement, pour exiger des explications. Fort heureusement, le dialogue a prévalu. Les policiers mis en cause auraient, quant à eux, été transférés à Abidjan pour une question de sécurité et nécessité d'enquête. Les suspects à l'origine de ce drame qui, eux, ont été identifiés par les services de police, sont activement recherchés.

 

Nérou KOUADIO ( Correspondant régional)

 

Alassane SANOU

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  • SOURCE: Linfodrome
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