Bangolo: Un père de famille égorgé à son domicile; ses frères convoqués à la gendarmerie


Un drame a été commis à Baïbly, village situé à 35 Km de Bangolo, dans la sous-préfecture de Diéouzon. Un père de famille y a été tué à l'arme blanche.

Concernant les faits, il nous revient, le vendredi 2 novembre 2018, qu'un homme a été tué dans sa chambre à coucher. Nous décidons donc de nous rendre à Baïbly, pour en savoir plus. Nous empruntons pour ce faire, la voie complètement dégradée conduisant à cette bourgade d'environs 2000 âmes. Un peu plus tard sur place, dans une ambiance teintée de tristesse, nous apprenons que dans la nuit du mardi 30 au mercredi 31 octobre 2018, des individus non encore identifiés pénètrent dans la chambre à coucher de Tahou Bah Georges dit « Sony », un paysan de 50 ans, et le tuent, avant de disparaître dans la nature.

Mais qui a bien pu commettre ce crime ? Face à cette question, les langues dans l'entourage du défunt ne se délient pas. Un homme d'un âge respectable, qui nous est présenté comme le chef de la famille éplorée, n'est pas non plus « bavard ». Voici ce qu'il se contente de nous dire : « Le mardi, Sony est venu du village de ses beaux-parents pour rejoindre Baïbly. Ce, pour participer à une cérémonie funèbre. Et c'est très tard dans la nuit du mercredi que des inconnus pénètrent dans sa chambre, pour le tuer, sans qu'il ne puisse se défendre. C'est une de nos nièces qui, le matin, découvre son corps, avant de nous alerter. A notre tour, nous saisissons les autorités villageoises, puis les forces de l'ordre qui viennent procéder au constat d'usage ».

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La femme du défunt avec qui il a huit (8) enfants, assise à même le sol et entourée de nombreuses femmes en pleurs, ne nous dira pas plus. Malgré notre insistance pour éclairer certaines zones d'ombre, personne n'ose faire une autre déclaration. Le scénario plausible du crime

L'entourage qui caricature l'acte criminel, explique qu'une fois dans sa chambre, les inconnus étouffent Sony avec un morceau de tissu. Et tandis que certains lui tiennent les membres, les autres lui font une ouverture dans le cou, à l'aide d'une arme blanche.

C'est par cette ouverture que les tueurs recueillent son sang, avec lequel ils prennent la clé des champs. L'entourage est convaincu de ce que le sang de « Sony » a été recueilli par les tueurs, parce qu'aucune trace de ce sang-là n'est aperçue sur le plancher, dans la chambre. « Alors que logiquement, ça devrait l'être. A part juste quelques traces de sang sur son tee-shirt », témoigne un membre de la famille éplorée. En clair, une fenêtre vers un crime rituel est en train d'être ouverte ici. Sur ce, nous prenons congé de nos hôtes qui s'apprêtaient à se rendre au cimetière.

Sony, le mal aimé ?

Nous nous rendons au domicile de Bah Léopold, le chef du village. Ce chef coutumier est lui un peu plus prolixe. Et il ne passe pas par quatre chemins, pour porter de graves accusations. « Sony a purement et simplement été liquidé par des membres de sa famille ( il les cite d'ailleurs) ou des personnes qu'ils ont commis à cette tâche ».

C'est par la bouche du premier responsable de ce village que nous apprenons que Tahou Bah dit « Sony » a quitté le village suite au décès de son père. Et cela, par les soins des membres de sa famille, l'accusant de sorcellerie.

Poursuivant, le chef soutient qu'il y a environ six ( 6) ans de cela, « Sony » est tabassé dans son champ de riz. Maltraité par les membres de sa famille et dépouillé de ses biens, Tahou Bah Georges abandonne la terre de ses ancêtres et va s'établir à Diébazobly, un autre village. Là, il devient propriétaire d'une plantation et père de dix (10) enfants.

Puis le chef se laisse aller à une autre révélation. « Une fois, les frères de « Sony » sont venus me voir pour qu'en leur nom, je lui demande pardon pour toutes les vilenies subies, afin qu'il retourne en famille au village. Lorsque j'en ai parlé à « Sony », il m'a répondu qu'il me prenait à témoin des propos de ses demi-frères, qu'il accusait de vouloir attenter à sa vie » indique le guide du village.

En attendant que la lumière soit faite sur ce crime, nous apprenons que des convocations sont adressées par la gendarmerie, à trois des frères de « Sony ». Cela, pour les besoins de l'enquête.  

Ibrahim BAKOULE ( Correspondant régional)

Légende: Le corps sans vie de Tahou Bah Georges dit « Sony » dont le meurtre n'est pas encore élucidé

 

Ibrahim BAKOULE

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  • SOURCE: Soir info
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