Abidjan

Adjamé Renault: Un Sénateur fait arrêter un opérateur économique de la diaspora


Amontchi Koffi Armand croupit dans les geôles de la Maca (Ph. DR)

L’arrestation, le jeudi 17 janvier 2019, à Cocody-Angré, de Amontchi Koffi Armand, opérateur économique, président de plusieurs groupes de projets de société, et principal financier des projets Aka 12 sur le terrain de 6,66 ha à Adjamé-Renault, puis son déferrement à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), le lundi 21 janvier 2019, constituent un véritable coup dur pour l’Église méthodiste unie de Côte d’Ivoire (Emuci).

Qu’est-ce qui s’est donc passé pour que ce richissime homme d’affaires de la diaspora, qui a répondu à l’appel du président ivoirien, Alassane Ouattara, incitant à l’investissement dans le pays, se retrouve aujourd’hui dans les geôles ?

Selon des sources concordantes, tout part d’une convocation reçue par Amontchi Koffi Armand, dans une affaire de loyers impayés. Conduit manu militari à la Brigade de recherche, grande est sa surprise de se voir signifier, en lieu et place de l’affaire de loyers impayés, plutôt celle d’un contentieux portant sur plusieurs millions de Fcfa, avec un Sénateur ivoirien. Sur le champ, il lui est signifié qu’il doit à ce Sénateur, la bagatelle de 72 millions de Fcfa. Un fait qu’il réfute immédiatement et demande une confrontation et des preuves de cette supposée dette. Malgré ses explications, il est conduit au parquet, pour être auditionné, avant d’être incarcéré finalement à la Maca.

Faut-il le rappeler, déjà en 2016, cette affaire avait été portée devant les juridictions du pays, mais elle n’avait pas abouti, faute de preuves. Il convient d’indiquer que c’est en sa qualité d’ex-collaborateur de Amontchi Koffi Armand, dans la gestion de certains projets notamment dans le négoce, que le Sénateur à l’origine de la plainte, au dire de nos sources, a tenté par tous les moyens, d’empêcher la réalisation des projets Aka 12. Qui, s’ils arrivaient à être concrétisés, mettraient beaucoup d’intérêts en jeu. Car, beaucoup d’opérateurs économiques à Adjamé, installés illégalement sur le site de l’Emuci qui part d’Adjamé Mirador jusqu’à Utb, en passant par les entreprises Stif, Sylla et Frères et toutes les autres installées dans les rayons, vont devoir quitter la zone.

Cela, parce que l’Emuci qui détient tous les titres fonciers de ces parcelles, veut débuter la réalisation de ses projets. Il s’agit, entre autres, de constructions d’une gare routière internationale, de Centres commerciaux, de tours administratives et financières, de mosquée et d’autres édifices religieux, de création de Groupes de banques dans les 31 Régions et les 2 Districts de la Côte d’Ivoire, et la création d’emplois de masse dans les 31 régions et les 2 Districts de la Côte d’Ivoire.

Nos sources soutiennent, par ailleurs, que c’est au moment où l’Emuci menait des démarches administratives pour entamer le déguerpissement des occupants de ses parcelles, que cette affaire a resurgi curieusement. Qui a donc intérêt à ne pas voir la réalisation de ces projets qui s’inscrivent dans la dynamique du développement économique du pays ?

Notons que le Bishop Benjamin Boni, président de l’Emuci, et des fidèles de cette église, étaient au Palais de justice du Plateau, au moment de l’audition suivie du transfert de Amontchi Koffi Armand à la Maca. Faut-il le rappeler, le 31 août 2017, Amontchi Koffi Armand avait reçu la visite d’hommes en tenue, qui ont fracassé la porte de son domicile et emporté de nombreux documents importants. Plainte a même été portée auprès du Tribunal militaire d’Abidjan (Tma) depuis cette date. Mais l’affaire n’a pas encore connu de suite.

 

Séverin DJAHA

Severin Djaha

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  • SOURCE: Soir info
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