Yopougon : Quelques heures après la proclamation des résultats, un admis au Bac et son frère étudiant se tuent dans un accident de moto


09/08/2019
Yopougon : Quelques heures après la proclamation des résultats, un admis au Bac et son frère étudiant se tuent dans un accident de moto
Sur la deux-roues dans cette nuit-là, ils partent de Yopougon.

En quelques heures seulement, une famille est passée par tous les états. A savoir des larmes de la joie, à celles du drame. Une famille qui perd en même temps deux de ses fils, alors qu'elle en était à la fête. Quel cruel coup du sort !

Des quelques informations en notre possession, on apprend, en effet, que bien avant le drame, le jeune N'gou Fernandez 19 ans, élève en classe de Terminale, candidat au Baccalauréat 2019, se rend dans son centre de composition. C'est bien le jour de proclamation des résultats tant attendus par de nombreux gosses des classes de Terminale.

Des heures durant, l'attente est difficile, pénible pour le jeune Fernandez. Puis dans l'après-midi, c'est la délivrance, quand son nom sur la liste des admis, est prononcé dans le micro par le jury. La joie est immense, indescriptible pour le jeune garçon qui rêvait tant d'avoir son diplôme, et dire adieu à la tenue kaki pour envisager ses perspectives d'avenir, avec le manteau d’étudiant dont il va se vêtir dans très peu de temps. Lui, l’heureux élu au fameux sésame parmi une pléthore de candidats dont certains pleurent toutes les larmes de la douleur de l'échec. Non, Fernandez ne connaît pas ça.

Ses parents informés du résultat de son succès, sont à la fête. Ils promettent des moments de réjouissances inoubliables à leur nouveau bachelier. Et on s'active à cet effet. Mais hélas, tout ce projet va s'écrouler en un rien de temps, comme un château de cartes aux fondations inexistantes.

De fait, dans la soirée, en attendant la fiesta, le jeune Fernandez, son attestation de réussite au Bac de la série A2 dans la poche, retrouve son frère aîné. Lui, c'est N'gou Frédéric 22 ans. Lui, a déjà goûté aux délices, au bonheur du succès du diplôme que vient d’obtenir son cadet. Vu que lui, est déjà étudiant.

Les deux, ce soir-là, enfourchent une moto et les voilà partis pour les premiers moments de la bombance. Sur la deux-roues dans cette nuit-là, ils partent de Yopougon, passent par la prison civile, la fameuse Maca et roulent en direction de N'dotré, à Abobo.

Mais alors qu'ils sont à hauteur de la « Cité Ado », un véhicule qui roule à vive allure, surgit dans leur dos. Et on ne sait comment, cette voiture percute en plein l’arrière de la moto des jeunes gens, qui sont alors violemment projetés au sol. Traînant les deux frères sur une vingtaine de mètres sur le bitume. Le conducteur qui vient de se rendre compte de l'irréparable qu'il vient de commettre, ne s'arrête pas pour autant. En toute lâcheté, il poursuit plutôt son chemin, avant de disparaître dans la nature, sous les yeux hagards de rares témoins de la scène dramatique.

Après la fuite de ce chauffard d'une autre époque, de bonnes volontés accourent au chevet des deux frères, étendus en sang, à même le sol. Ils sont dans un état désespéré. Hélas, personne d'ailleurs ne pourra les sauver. Ne pourra plus rien faire pour eux. Avant même l'arrivée des secours pour les évacuer dans un centre hospitalier, les deux frères N'gou rendent l'âme.

La police alertée, des agents se rendent sur place et procèdent à un constat d'usage. Puis, les dépouilles des deux frangins sont enlevées et transférées à la morgue, au Km 17, sur la route conduisant à Dabou.

La nouvelle du drame parvient aux géniteurs des deux défunts. La suite est aisée à imaginer. Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment est-ce possible ? Certains des proches des deux frères tués n'en croient pas leurs oreilles. Comment le destin peut-il être aussi cruel ?

Alors que la fête du succès au Bac est annulée sine die, la police mène son enquête, en vue de retrouver le chauffard à la base du drame. Mais avouons-le, ça ne sera pas du tout de la sinécure. Des témoins de la scène malheureuse n'ayant pas, avec la pénombre régnant sur les lieux de l'accident mortel, relever tous les signalements de la voiture du malheur.

Ainsi, le jeune N'gou Fernandez ne pourra pas connaître la joie d'être à la rentrée prochaine, au nombre des nouveaux étudiants inscrits. État dont il rêvait tant. Avec lui, son frère aîné dont les études supérieures s'arrêtent là. Définitivement.

Tout cela, par la faute d'un automobiliste complètement irresponsable. Un automobiliste qui abrège ainsi tragiquement la vie sur terre de deux frères. Et qui écœure leurs parents. Qui brise leurs espoirs de voir leurs gosses devenir un jour, « grands types », comme on le dit…

 

KIKIE Ahou Nazaire  

 

 

Kikié Nazaire

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  • SOURCE: Soir info
Pétition LIBAN (2)

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