ECONOMIECampagne de commercialisation 2013-2014: Le nouveau prix d'achat du cacao divise les planteurs


Campagne de commercialisation 2013-2014: Le nouveau prix d'achat du cacao divise les planteurs


par Irene Bath | Publié le 4/10/2013 à 10:45 | source : L'inter

La campagne de commercialisation du cacao pour la période 2013-2014 est ouverte depuis le mercredi 02 octobre avec un prix d'achat bord-champ du kilogramme fixé à 750 FCFA.

L'année dernière, le prix bord-champ pour la grande campagne était de 725 FCFA. Soit donc une augmentation de prix de 25 FCFA.

Malgré cette embellie, les producteurs sont divisés sur ce nouveau prix. Boti Bi Zoua, président de l'Association nationale des producteurs de café-cacao de Côte d'Ivoire (Anaproci), dit ne pas être satisfait. « Pour qu'il y ait satisfaction, il faut qu'il y ait un partage sur le sujet. Le produit café-cacao appartient aux producteurs et la moindre des choses, c'est de les associer à la fixation du prix. Ce que nous demandons, c'est de protéger le producteur. Il faut une lisibilité de l'environnement du producteur, aussi bien sur le plan national qu'international. Il faudrait que les acteurs principaux, qui sont les producteurs, soient impliqués davantage dans la fixation du prix de leur produit. 725 FCFA l'année dernière et 750 FCFA cette année, c'est une progression de 25 FCFA. Cette progression correspond à quoi ? Peut-elle couvrir l'inflation galopante que subit le producteur ? Tout a augmenté. Le prix du riz, de l'huile, tout a augmenté. C'est l'ensemble de ces analyses que l'on doit faire pour définir un prix », a préconisé le président de l'Anaproci, hier jeudi 03 octobre, au cours d'un entretien à Treichville.

Il a souhaité que la fixation du prix du cacao tienne compte des dépenses engagées par le producteur, en l'occurrence les intrants utilisés. « C'est à partir de là qu'on détermine le prix de revient, avant de définir le prix de vente », a-t-il dit. Boti Bi Zoua a également demandé de limiter la présence des pisteurs au bord-champ, en faisant remarquer que ce sont ces derniers qui encaissent l'essentiel des revenus des producteurs. Selon lui, à l'époque de la Caisse de stabilisation, il n'y avait pas de pisteur. « Un producteur doit pouvoir vivre de sa récolte et faire un programme à partir de sa plantation », a insisté le président de l'Anaproci, avant de demander que le marché soit ouvert à tout le monde pour ''qu'on puisse vendre nos produits''.

Le président national du Syndicat agricole des producteurs individuels et coopératives de Côte d'Ivoire (Sapico-CI), Yao Kouamé Joseph, ne partage pas le point de vue du président de l'Anaproci sur le nouveau prix du cacao. « Nous sommes très satisfaits. Nous disons merci au président de la république pour ce prix », a affirmé le président du Sapico-CI, joint au téléphone hier. Cette satisfaction ne l'a pas empêché de faire quelques doléances quant à la disponibilité d’engrais pour leurs cultures. « Nous avons besoin d'engrais pour nos plantes », a plaidé le président Yao Kouamé Joseph. Qui a, par ailleurs, déploré le fait qu'ils n'ont pas bénéficié des 10 000 tonnes d'engrais mis à la disposition du monde paysan pour la campagne précédente.

Pour cette campagne qui s'ouvre maintenant, le président du Sapico-CI a demandé plus de vigilance du côté des dirigeants de la filière café-cacao afin de permettre à tous les producteurs de disposer de l'engrais. Le responsable de la Société coopérative agro-industrielle de l'Est (SOCAE), Maurice Sawadogo, a aussi affiché une satisfaction quant au nouveau prix du cacao. « Par rapport au prix sur le marché international, on est contents pour ce prix », a-t-il mentionné.

 Irène BATH

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