Justice

L'avocat à la CPI de Blé Goudé veut son transfèrement à la Haye


par César DJEDJE MEL | Publié le 12/3/2014 à 13:25 | source : Linfodrome
L'avocat à la CPI de Blé Goudé veut son transfèrement à la Haye
Si cela ne tenait qu'à son avocat, Blé Goudé serait transfèré dans les jours qui suivent. Ph D.R

Si l’objectif principal de celui ou celle qui a divulgué les photos à polémique de Blé Goudé et Dibopieu est de forcer le transfèrement de l’ex-leader de la galaxie patriotique à la Haye, il est en voie de se réaliser. Et ce n’est personne d’autre que l’avocat de ce dernier qui s’y est engagé le premier.

En effet, dans un courrier adressé à la juge unique de la Cour Pénale Internationale (CPI), Silvia de Gurmendi, hier mardi 11 mars 2014, Nicholas Kaufman, l’avocat de Blé Goudé auprès de la Cour, a demandé que celle-ci convoque une audience urgente en vue de statuer sur la demande d’extradition de son client exprimée par la CPI aux autorités ivoiriennes. Cette requête fait suite à la publication des récentes photos de Blé Goudé et de son compère Jean Yves Dibopieu, sur la toile.

Pour plus de précisions sur la requête de Me Nicholas Kaufman, nous avons joint le porte-parole de la CPI, lequel avait informé hier de la démarche du Conseil de Blé Goudé.  «Me Kaufman demande la tenue d’une audience de mise en état au cours de laquelle les autorités ivoiriennes pourraient clarifier leur position sur la demande de remise de Charles Blé Goudé à la CPI et expliquer aux juges pourquoi il n’y aurait pas une situation de non-coopération », a expliqué Fadi Abdallah avec qui nous avons échangé ce matin par courriels électroniques.

En voulant la coopération de la Côte d'Ivoire qui se traduirait par un oui à la CPI, Me Kaufman souhaite que son client soit libéré des mains de ses détenteurs actuels, et donc transféré à la Haye. Puisque selon le Statut de Rome, les textes qui régissent la CPI, tous les États signataires s’engagent à coopérer avec la Cour pour la réussite de sa mission. S’il arrive qu’un pays refuse de coopérer, il appartient aux juges de le constater et de saisir l’Assemblée des États signataires à cet effet. C’est qu’a expliqué Fadi El Abdallah.

« En règle générale, en cas de non-coopération d’un État partie au Statut de Rome, les juges de la CPI peuvent s’il l’estime nécessaire en faire une constatation et référer la question à l’Assemblée des États parties au Statut de Rome pour adopter toute mesure qu’elle estime nécessaire », a-t-il dit. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, le gouvernement a confirmé son adhésion à la CPI par la ratification, le 15 février 2013, du Statut de Rome. Elle s’oblige ainsi à coopérer, d’où les exigences du procureur à son endroit en ce qui concerne l’exécution du mandat de transfèrement de Simone Gbagbo et de Blé Goudé.

Pour le cas de l’ex-première dame, la Côte d’Ivoire s’est déclarée capable de la juger sur son sol, mais a du mal à se décider en ce qui concerne le second. Une prorogation du délai qu’elle avait sollicitée auprès de la Cour lui a même été refusée. La balle est donc dans le camp du pouvoir ivoirien. Transfèrera t-il ou non Blé Goudé ? Dans tous les cas, s’il refuse de le faire, il pourrait être forcé au cas où les juges saisissent l’Assemblée des États partis, et si celle-ci épouse la démarche de la Cour.

Un vrai dilemme pour le pouvoir ivoirien qui a déclaré qu’aucun ivoirien (en dehors de Laurent Gbagbo) n’ira à la CPI. D’un côté, il est appelé à se soumettre à ses engagements internationaux, et partant, satisfaire la volonté des victimes de la crise postélectorale qui veulent voir Blé Goudé comparaitre devant la CPI. Et de l’autre, à favoriser la réussite de la réconciliation nationale pour laquelle la classe politique et certains leaders de la société civile ivoirienne appellent le Président Alassane Ouattara à poser des actes forts, la libération des prisonniers pro-Gbagbo s’entend.