Coulibaly Vamara
SOIR INFO

12 novembre 2012
Qu’est-ce qui a fondamentalement changé en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011, jour de la capture, dans les «entrailles» de la résidence présidentielle, de Laurent Gbagbo, où il s’était retranché avec ses proches, après environ cinq mois d’affrontements sanglants ? Qu’a apporté concrètement le régime Ouattara aux Ivoiriens ?

C’est vrai, l’adage dit que c’est à la fin de la foire que l’on fait les comptes, mais environ dix sept mois après la prise de pouvoir par Ouattara, on pourrait répondre, sans cependant jurer de rien, que beaucoup de choses sont en train de changer. Même si la majorité des Ivoiriens continuent de broyer du noir dans leurs ménages, du fait du coût de la vie qui va crescendo chaque jour, on voit quand même de  gros œuvres en cours  de réalisation, notamment la réhabilitation de certaines routes qui, pendant dix ans, n’ont pas connu un seul coup de pioche, l’aménagement de la voirie dans les grandes agglomérations, la réhabilitation des universités de Cocody, d’Abobo-Adjamé et de Bouaké, la création d’autres à Korhogo et à Daloa. Le Programme présidentiel d’urgence, lancé depuis le Golf Hôtel a commencé à changer, radicalement, le visage, hier hideux, des villes ivoiriennes. Au moment où le  nouveau chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, qui avait été élu le 28 novembre 2010 avec une majorité de 54 % des voix, prenait, enfin ses fonctions, dans des conditions plus que calamiteuses, la  situation du pays, accablé de destructions matérielles, économiques, sociales et morales, était alors catastrophique. Ouattara était confronté au défi de remettre le pays debout, d’autant que tous les piliers, notamment économiques, sociaux, moraux et politiques ont été détruits. Repositionner la Côte d’Ivoire au plan diplomatique, faire revenir les investisseurs qui ont fui un pays devenu «infréquentables»,  rétablir l’unité  du territoire ; réformer l’armée, la justice,  l’administration gangrenée par une gabegie sans précédent, les entreprises publiques ainsi que la filière café-cacao, déstructurée par des affairistes. Une priorité  absolue s’imposait pourtant : celle de répondre aux doléances des populations qui tiennent, d’abord et avant tout, aux graves difficultés de leur vie quotidienne. C’est dans ce contexte qu’a été lancé un programme dénommé Programme Présidentiel d’urgence (Ppu) qui a donc été immédiatement élaboré  à partir d’un Fonds présidentiel spécial d’un montant de 45 milliards de FCfa, afin de réaliser des investissements rapides dans cinq secteurs considérés comme prioritaires : l’eau potable, la santé, l’éducation, l’électricité et la salubrité urbaine. Même si, comme on le dit, on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite.  C’est vrai, à Abidjan, l’eau  ne coule pas régulièrement dans tous les robinets. Mais, à l’intérieur du pays, le Ppu a pu remettre en route plusieurs centaines de pompes.  Au plan administratif, de nombreux sous-préfets qui se déplaçaient à moto voire à pied   pour effectuer leurs tournées, ont reçu des véhicules de commandement, de type 4x4. Quelle richesse peut produire un pays dont les citoyens sont malades ?  Alassane Ouattara a placé au cœur du Ppu, la santé.  Aujourd’hui, les Chu et  Chr, les hôpitaux de première et deuxième catégories, ont non seulement été réhabilités, mais aussi équipés. Toutes les commandes de médicaments et de kits de maternité et de césarienne ont été passées ; des kits de dialyse sont disponibles, la gratuité de la prise en charge des utilisateurs a été instaurée, des ambulances ont été livrées, d’autres  projets font l’objet d’appels d’offres ; les études portant sur la réhabilitation de 30 hôpitaux généraux sont achevées et 18 entreprises ont été retenues pour travaux et fournitures… Dans ce bilan à mi-parcours, on ne saurait passer sous silence, la salubrité urbaine, qui a donné, aujourd’hui un visage beaucoup humain et vivant aux villes ivoiriennes, à commencer par la capitale économique, Abidjan. Maintenant, on respire mieux en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, on peut le dire, pour emprunter cette phrase au Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, le pays est au travail, la reconstruction est en marche. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir les changements qui sont opérés. En termes d’investissement, c’est le jour et la nuit entre l’ancien régime et l’actuel. Les Refondateurs étaient  nombreux, qui  ont défrayé la chronique financière  à travers construction de châteaux, achat de véhicules de luxe… Le procès des barons de la filière cacao est un poignant témoignage de la gabegie sous ce régime. Qui ne se souvient pas de ces véhicules Rav4 qui avaient inondé  les routes ivoiriennes et qui étaient conduites par ces jeunes filles que la rue présentait comme des maitresses des Refondateurs ? Aux Refondateurs, ont succédé les Reconstructeurs. Ceux-ci disent à qui veut les écouter qu’ils ont pris les rênes de ce pays pour réparer  les nombreux dégâts causés par le Front populaire pendant les dix ans de son règne. C’est de cette volonté de reconstruction que provient l’appellation Reconstructeur pour désigner tous ceux qui sont en ce moment aux affaires.  Mais du point de vue comportemental, ceux-ci ne se détachent pas fondamentalement de leurs prédécesseurs. Les grosses maisons et les stations d’essence n’ont pas cessé de sortir de terre avec l’arrivée des Reconstructeurs. Aux Rav4 ont succédé d’autres types de véhicules de luxe peu discrets au volant desquels l’on retrouve d’autres genres de filles. Comme au temps des Refondateurs, l’on assiste chaque week-end, à un ballet des ministres et autres directeurs de sociétés d’Etat à l’intérieur du pays avec voitures de service. A cela, il faut ajouter le cumul des postes. Déjà Ministres et députés, ils sont nombreux dans le starting-block pour les élections régionales et municipales. Comme pour dire «c’est notre tour, profitons-en, allons à fond la caisse…avant que le peuple ne nous retire sa confiance». 

COULIBALY Vamara

Coulibaly Vamara