Un duo qui produit des milliards


par Coulibaly Vamara | Publié le 11/12/2012 à 11:40 | source : Soir info

Le président de la République, Alassane Ouattara, semble avoir réussi à former le gouvernement qu’il voulait pour les Ivoiriens. C’est-à-dire une équipe composée d’hommes et de femmes qui connaissent son rythme et ses méthodes de travail. Au point qu’il veut la garder intacte pour le reste de son mandat, c’est-à-dire jusqu’en 2015.

En tout cas, le duo qu’il forme avec son premier ministre, ministre de l’économie et des finances, Kablan Duncan et les objectifs qu’ils se sont assignés dès la formation de ce troisième gouvernement, en l’espace de 18 mois, en disent long sur la détermination du Chef de l’Etat à respecter les promesses faites aux Ivoiriens lors de sa campagne. Notamment en ce qui concerne les questions de développement, de santé, de scolarité, de logement, de transport… En somme, le bien-être des populations ivoiriennes. Certes, il revient au président Ouattara, en sa qualité de magistrat suprême du pays, de coopter les compétences de son choix dans l’accomplissement des tâches gouvernementales. Mais il devra, sans s’en dérober, assumer ce choix, en porter la responsabilité, et rendre compte au peuple à l’heure du bilan. «M. le Président, si tu as choisi voleur, nous allons t’appeler voleur», ont averti les zouglou-makers Yodé et Siro. Après 18 mois, le président Ouattara a, on peut le dire, réalisé qu’il avait suffisamment «couronné» ses compagnons de lutte politique, notamment ceux avec qui il était reclus à l’hôtel du Golf pendant cinq mois, certains proches collaborateurs et ses alliés du Rhdp et qu’il fallait privilégier l’intérêt général en redessinant son équipe. C’est vrai, Alassane Ouattara n’aurait pas été compris des militants des partis de la coalition s’il avait choisi de se montrer particulièrement géométrique dans la formation des deux premiers gouvernements. Il se serait mis à dos des partisans et alliés qui attendaient, à tous les coups, une rétribution pour leur engagement à ses côtés. Fini donc ces récompenses à travers des postes ministériels, place maintenant à la reconstruction du pays avec un gouvernement dont les membres sont prêts à aller au charbon.
La semaine dernière, le président Ouattara, le premier ministre et plusieurs membres du gouvernement étaient en France dans le cadre de la réunion du Groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement (Pnd) de la Côte d'Ivoire pour la période 2012 – 2015. Ouattara et son premier ministre ont abandonné leurs bureaux feutrés pour se lancer à la recherche de deux mille milliards de Fcfa pour le financement de multiples projets devant à terme permettre à la Côte d’Ivoire de retrouver la place qui était la sienne dans la sous-région. De l’avis de nombre d’observateurs, ce duo-là ne sait faire que ça. C’est-à-dire capter de l’argent pour leur pays. Ils l’ont démontré, il y a un peu plus d’une vingtaine d’années. L’un était premier ministre et l’autre chargé de l’économie et des finances. Ils sont encore dans le même schéma si l’on s’en tient aux retombées de la réunion du Groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement. Plus de quatre mille milliards de Fcfa, précisément 4300 milliards, récoltés où l’on recherchait deux mille milliards de Fcfa. On n’a vraiment pas besoin d’un dessin pour voir que la Côte d’Ivoire est de retour, que les bailleurs de fonds et les partenaires au développement refont désormais confiance à ce pays. Comme le dit l’adage, «même si on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite». Alassane Ouattara court donc vite d’autant qu’il s’est résolument engagé à sortir la Côte d’Ivoire des ténèbres du sous-développement. Il veut en faire un pays émergent à l’orée 2020 et visiblement il se donne les moyens d’y parvenir.
C’est vrai qu’il y a encore au sein du gouvernement ivoirien des ministres qui ne font pas l’unanimité sur leurs compétences, mais force est de reconnaitre que des efforts sont faits pour assainir l’environnement gouvernemental. C’est sans doute au regard de ces efforts que les bailleurs de fonds n’ont pas hésité à cautionner le Plan national de développement qu’ils vont entièrement financer. Ce sont, en tout cas, des bons points que le régime Ouattara marque en plus d’avoir réussi à mettre fin aux attaques contre les positions des Frci. Toutefois, il doit éviter de dormir sur ses lauriers d’autant que certaines questions prioritaires notamment de cherté de la vie, de sécurité… semblent ne pas trouver de réponses. En dépit de tous les milliards annoncés jusqu’ici, ajoutés à l’atteinte du point d’achèvement Ppte, que les Ivoiriens avaient appelé de tous leurs vœux, les populations continuent de broyer du noir. Leur pouvoir d’achat se détériore, chaque jour, face à la hausse des prix des produits de grande consommation. Et il n’est pas rare d’entendre de la part notamment des couches défavorisées «…mais où vont tous ces milliards que l’on nous annonce tout le temps ?». En sus, il ne se passe pas de jour sans qu’il ne soit fait cas de braquage sur des opérateurs économiques ou d’institutions financières, avec à la clé, des dizaines de millions de Fcfa emportés. Il est vrai que les armes sont peu visibles dans les quartiers comme cela se voyait, il y a quelques mois, mais le grand banditisme, lui, gagne du terrain. L’indice de sécurité a drastiquement chuté et cette situation inquiète les populations en même temps qu’elle peut doucher la volonté des bailleurs de fonds à choisir la destination Côte d’Ivoire.

COULIBALY Vamara