Coulibaly Vamara
SOIR INFO

20 janvier 2013
La Coupe d’Afrique des nations (Can) de football fête à partir d’aujourd’hui, sa première édition des années impaires. La Confédération africaine de football (Caf) a décidé qu’il en soit ainsi désormais pour éviter de doublonner la coupe du monde.

L’édition 2013 qui se déroule à l'extrémité australe du continent africain, dans le pays de Nelson Mandela, en tout cas, promet. D’une part parce que le plateau est alléchant, même si des gros bras du football du continent comme l’Egypte, le Cameroun et un degré moindre le Sénégal ont été éjectés de leur piédestal, n’empêche qu’on retrouve une pléiade d’équipes qui ont, peu ou prou, les mêmes chances de l’emporter. Il s’agit notamment de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigéria, de l’Afrique du sud, de l’Algérie… Bref, pour cette 29è édition de la Can, le suspense, on peut le dire, est garanti et le spectacle assuré. D’autre part, parce que les 16 nations en compétition ont sélectionnés leurs meilleurs athlètes, ceux qui en club font la pluie et le bon temps et non ceux qui essuient en longueur de championnat le banc de touche. Ils seront tous présents pour apporter la contradiction aux esprits chagrins qui serinent qu’en matière de football il y a mieux qu’une coupe d’Afrique des nations pour vibrer devant le petit écran. Les stars africaines, de Didier Drogba à Adebayor en passant par les Yaya Touré (ballon d’or), Alain Traoré, Said Saladin, Trésor Mputu, Moussa Maazou, Manucho Gonçalves, Younès Belhanda, Seydou Kéita… sont présentes en Afrique du sud, prêtes à faire vibrer des centaines de millions de téléspectateurs. Le football africain n’a certes pas la côte, et cela s’explique par le manque de sérieux, de vision, de formation, de travail sur le long terme de ses dirigeants ajouté à tout cela l’ingérence des autorités politiques (Chefs d’Etat, ministres des sports…), mais les périodes de Can sont des moments féériques voire magiques pour les Africains qu’ils soient fanatiques, passionnés ou simples amoureux de football.

Cette année, encore, les Eléphants de Côte d’Ivoire sont attendus comme ils le sont depuis que la génération Didier Drogba est née. Depuis 2006  où ils ont disputé la finale en Egypte, jusqu’en 2012 au Gabon où ils sont également tombés à un pas de la plus haute marche du podium devant la Zambie, les Eléphants sont attendus pour remporter autre chose que le concours de pronostics. En d’autres termes, le peuple de Côte d’Ivoire attend que les Eléphants accèdent pour la deuxième fois de leur histoire au firmament du football continental après le sacre de 1992 au Sénégal. Pour beaucoup d’Ivoiriens et nombre d’observateurs, cette 29è édition de la Can est la dernière chance de la génération Drogba. Autrement dit, c’est cette année ou jamais pour ce groupe de remporter au moins un trophée avant de sortir de la scène. En tout cas cette Can sud africaine est l’ultime occasion pour les Kolo, Maestro, Drogba, Yaya et autres de confondre tous leurs détracteurs qui soutiennent qu’ils brillent de mille feux dans leur club, qu’ils sont couverts de lauriers, mais qu’ils donnent le sentiment quelques fois de lever le pied en sélection pour éviter de contrarier leur juteuse carrière professionnelle obtenue à coût de milliards de Fcfa. Ils sont donc attendus pour mouiller le maillot jusqu’au coup de sifflet final. Les Eléphants doivent justifier leur rang de 14è meilleure équipe du monde et la première d’Afrique (dernier classement Fifa). Ils sont aussi et surtout attendus par toute la communauté ivoirienne, notamment en ce qui concerne leur part dans le processus de réconciliation nationale. A cet égard, le choix de Didier Drogba par Charles Konan Banny, président de la Cdvr, se veut le symbole d’une volonté de l’Etat de Côte d’Ivoire de tirer profit des succès des Eléphants. Dès lors, chacun des athlètes sur l’aire de jeu comme sur le banc de touche doit avoir à l’esprit qu’il est en mission de paix pour son pays. Car le football, facteur de rapprochement, facteur de cohésion, peut être aussi un puissant régulateur de conflit dans une société comme celle de la Côte d’Ivoire qui court derrière la paix depuis des années. On imagine bien cette osmose que pourrait entraîner un sacre des Eléphants de Côte d’Ivoire au soir du 10 février à Soccer city. 

 

COULIBALY Vamara

Coulibaly Vamara