Opération Serval, ça pue de l’uranium


par Coulibaly Vamara | Publié le 4/2/2013 à 10:22 | source : Soir info

C’est en héro-libérateur que François Hollande, le président français qui a volé, in extremis, au secours du Mali dont les Institutions et le peuple étaient menacés d’occupation des terroristes d’Aqmi, d’Ansardine et du Mnla, a été accueilli ce samedi 02 février 2013, à Bamako et dans la ville mythique de Tombouctou. Joie indicible des populations, parées, pour la plupart aux couleurs tricolores, bleu, blanc rouge

On voit cette femme se jeter  sur  le chef de l’Etat français, l’étreindre dans ses bras, comme pour lui dire «merci, François le Sauveur».  Cet autre Malien, qui s’est peint aux couleurs du drapeau français, exubérant de joie… La joie des maliens  était, en tout cas débordante et légitime. Passée l’euphorie cependant, il faut maintenant redescendre sur terre et poser, à froid, un certain nombre de questions, telles : combien va couter l’intervention de la France au Mali et qui paiera la facture ?  Même si le chef de l’Etat français  a dit que c’est par devoir de reconnaissance que la France a agi, pour «payer sa dette» vis-à-vis des Africains, il reste que cette intervention à un coût…Et il y aura un pays qui devrait y  faire face. Combien de millions d’euros coûtera la guerre déclenchée par la France contre les Jihadistes dans le nord Mali ? A cette question d’un journaliste français, voici la réponse du ministre de la Défense française.  «Je ne peux pas l’évaluer encore. Tout cela sera public, évidemment », a déclaré, jeudi 17 janvier 2013, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «Douze  jours après le début de l’intervention, se livrer à des pronostics serait hasardeux» a-t-il poursuivi, soulignant «que tout dépendra, des moyens engagés, de l’intensité des combats et surtout, de la durée de l’opération». Cette guerre au Mali aura donc une facture, qu’il va falloir régler, à court, moyen, ou long terme.  3 150 militaires français sont engagés dans l’opération Serval, lancée le 11 janvier dernier. Côté matériel, au moins douze avions de combat sont actuellement déployés : six Mirages 2000 et quatre Rafale ainsi que deux Mirages F1CR. Cinq avions ravitailleurs C-135 FR sont également engagés sur les quatorze que compte l’armée française, cinq avions de transport tactique C-160 Transall et C-130 Hercules. Plusieurs Atlantiques 2 de la Marine, basés à Dakar, sont quant à eux engagés dans des missions de recueil de renseignements optiques et d’écoutes. L’armée dispose aussi d’une vingtaine d’hélicoptères dont des Tigres et des Gazelles (l’un d’eux a d’ailleurs déjà été détruit lors des combats, un autre est endommagé). Les deux drones Harfang de l’armée de l’Air sont aussi sur place. Selon un calcul réalisé par des experts de la chaîne BFM Business à partir de rapports parlementaires,  une journée de guerre au Mali coûterait 400 000 euros, soit 240 Millions de Fcfa par jour.  Une heure de vol d'un avion Rafale reviendrait à 27 000 euros, soit 16 millions 200.000 Fcfa. Quant au coût horaire d'un Mirage 2000, il s'élèverait à 11 700 euros 7 millions 20.000 Fcfa. Et il faut compter 4 000 euros, soit 2 millions 400.000 Cfa pour le tir d'un missile.  Celui d’un hélicoptère Tigre à 25 100 euros soit 15 millions 060.000 Fcfa, contre 2 600 euros, soit 1 million 560.000 Fcfa  seulement pour un Gazelle. A tout cela, il faut ajouter le coût des munitions et celui de la logistique. Il faudrait en outre  prendre en compte le coût d’un soldat en opération qui gagne 50% de plus en mission. Ont le voit, l’ardoise va couter, des yeux de la tête aux contribuables français. Mais, au fond, il ne faut pas se leurrer.  Ce sera le peuple malien, au nom duquel, son président par intérim, Dionkounda Traoré a fait appel à la France, de payer la facture, dans cette opération qui sent, à plein nez, l’uranium malien. De fait, le Mali, ancienne colonie française, entretien des rapports commerciaux, diplomatiques et politiques privilégiés  avec la France. Le Mali, il est de notoriété, n’a ni Gaz, ni pétrole. Mais, outre le Coton et de l’Or, dont il est l’un des principaux  exportateurs  en Afrique au sud du Sahara,  le Mali vient d’entrer dans le cercle très fermé et très convoité, des pays assis « sur de l’Uranium». Oui, l’Uranium !  Une société canadienne, qui a mené, en 2012, des sondages d’explorations à Faléa,  a conclu à l’existence, dans cette région, d’un important gisement d’uranium.  Cette société canadienne devrait passer à la phase d’exploitation de cette mine. C’est en ce moment qu’intervient la France, pour sauver le Mali des griffes  terroristes.  Il peut donc bien se cacher derrière cet «ascenseur» que la France renvoie au Mali et à  l’Afrique, une volonté inavouée de faire main basse, voire d’accaparement de  l’uranium de Faléa pour rentrer dans  les immenses fonds qu’il vient d’engloutir dans son intervention. Même si François Hollande et la France ainsi que toutes les autres puissances occidentales qui interviennent directement ou indirectement au Mali soutiennent que leur action est désintéressée, les Maliens ne sont pas dupes au point de croire que c’est pour leurs beaux yeux que l’ex-puissance coloniale a déployé tout cet arsenal contre les jihadistes. Comment peut-on penser que la France va «sauver le Mali» gratuitement, sans contrepartie aucune ? Une chose est sûre et certaine, la France ne se serait jamais engagée dans une guerre de cette nature si elle n’avait rien à gagner en retour. Tout comme elle ne serait pas intervenue en Libye et en Côte d’Ivoire si elle n’avait aucun intérêt dans ces pays. Cela est d’autant vrai que Paris a refusé de s’engager en Centrafrique aux côtés de Bozizé confronté à une rébellion. Il n’y a aucun doute, la note sera salée et les autorités maliennes ainsi que tous ceux qui ont souhaité cette intervention le savent. Aujourd’hui, plus qu’hier, la question n’est pas de savoir qui va payer la facture de la guerre française au Mali, étant donné que la réponse coule presque de source, mais plutôt à partir de quel moment François Hollande estimera-t-il que la guerre est finie et qu’il faut retirer ses troupes ?

 COULIBALY Vamara