Interview

S Kelly à cœur ouvert : « Je ne parlerai plus jamais de ma vie avec Eddie »


Ph DR

S Kelly s’est confié à Linfodrome dans un entretien exclusif. De ses brouilles familiales en passant par sa grande conversion à la spiritualité et le gros buzz qu’il fait en ce moment sur les réseaux sociaux, « L’oiseau rare » sans langue de bois a tout dévoilé. 

Il y a 3 mois en arrière, vous passiez inaperçu dans les rues. Comment vivez-vous votre retour soudain à la lumière de la célébrité ?

Bon, en toute humilité, il n’y a pas de grand changement chez moi. Moi, je n'ai jamais cherché ni fait attention à la célébrité. Je ne fais pas le show-biz pour devenir célèbre. C'est vrai, les gens m'aiment beaucoup, je suis sollicité partout et ça me fait plaisir quand je vais dans les mouvements (les spectacles, Ndlr). C'est joli à voir, ça fait du bien, mais ça ne m'a pas changé, ni monté la tête.

 

A priori, beaucoup vous disent fou. Pour d’autres, c'est une mise en scène pour vous faire de l’argent. Que répondez-vous ?

Croyez-vous vraiment que je suis fou ? Dieu merci, de plus en plus les gens s'en rendent compte, ils en ont la preuve. La dernière fois, j'ai joué dans un grand maquis à Abobo. A la fin de mon spectacle, un autre opérateur dans la même commune voulait que j’aille jouer dans son maquis. Le cachet qu’il a proposé était consistant. Mais j'ai dit non, je viens de finir de jouer chez quelqu'un, il faut que ce dernier profite un peu des retombées de ma présence. Pour dire que ce n’est pas forcément de l'argent que je cherche.

 

Aujourd'hui, en quoi consistent vos spectacles ?

Je fais des spectacles normaux, j’ai des chansons, et Dieu merci, les gens se rappellent encore mes tubes. Il y a une chanson comme «Ma copine est kpata » qui est vieille mais qui plait encore. (…) Sinon, j'ai quelque chose de nouveau qui sort bientôt. Je suis en train de me préparer pour le clip.

 

Ne croyez-vous pas que c’est plus à cause des buzz et non de votre talent de chanteur que vous êtes sollicité pour des spectacles ?

Ça, ce n'est pas une question à poser à un artiste. Est-ce que moi je peux demander si c’est grâce à vos talents de journalistes que vous avez aujourd'hui un tel cadre (le studio tout équipé de linfodrome.com où a lieu l’interview, Ndlr) ? Sans talent, moi S Kelly ? Je ne crois pas. J'ai déjà fait des choses à succès. Et quand bien même je ne produis plus d’album, je tourne toujours, les gens ont toujours aimé ce que j’ai produit. Ça n'a jamais changé.

 

On ne s’explique toujours pas votre nouveau look, avec de la poudre partout, sur tout le corps, dans les cheveux, vos habits, etc, à quoi tout cela répond ?

La poudre, je la mettais à titre personnel. Après, je crois qu’avec mes vidéos, ça a commencé à plaire aux gens. Aujourd’hui, quand je suis sollicité pour des spectacles, on me demande de venir avec de la poudre. Et lorsque je me présente sans la poudre, les gens ne sont pas contents. Donc, moi, je ne fais que faire plaisir aux gens. Mais la poudre, c'est purificateur. C’est quelque chose qui, normalement, vous purifie. C'est de la poudre de bébé. C'est l'innocence.

 

A quoi riment alors toutes ces ‘’folies’’ que vous publiez sur votre page Facebook ?

Si je suis un seul intelligent parmi 10 millions de c…, est-ce que ça c’est mon problème ? Si je suis plus intelligent que les Ivoiriens qui vont sur ma page, est-ce que c’est mauvais d’être un peu intelligent ? Tout le monde a sa page. Les gens vont sur ma page parce qu’ils aiment S Kelly. Et puis, je n’ai pas une page avec deux millions d’abonnés. J’ai juste 5 000 ou 3000 amis, c’est tout.

 

Vous êtes allé jusqu’à exhiber votre sexe sur votre page Facebook…

Je l’ai fait pour Dieu. J’ai dit qu’il n’y a de Dieu que Dieu. J’ai dit qu’au nom de Dieu, je vais montrer mon sexe au monde entier. Pour l’amour que j’ai pour Dieu, et parce que les gens ont commencé à raconter des choses qui sont fausses, je l’ai fait. Ce n’est pas de la folie, c’est de la foi. La foi, ce n’est pas dans la bouche. Vous aimez Dieu dans la bouche. Moi j’ai montré mon sexe au nom de Dieu, ceux qui parlent, qu’ont-ils fait publiquement au nom de Dieu ?

 

Quel est l’état de vos relations avec votre frère Eddie, vu que vous êtes maintenant dans la spiritualité ?

Moi, je vais faire quoi avec ce gars-là ? Je l’ai dit, je ne lui parlerai plus jamais de ma vie. Ça ne m’intéresse pas de parler de lui. Et ça, ce ne n’est pas le problème des hommes. Dieu même a promis l’enfer aux gens. Donc il faut dire à Dieu lui-même, le spiritualiste, pourquoi il a promis l’enfer aux gens.

 

À quel moment avez-vous senti cet appel à la spiritualité ?

J’ai toujours aimé Dieu. Quand j’ai commencé à chanter, dans mes débuts, je disais que j’étais le petit frère du Seigneur Jésus-Christ. « S Kelly bana référence, petit frère du Seigneur Jésus-Christ »… Ce n’est pas aujourd’hui que je parle de Dieu. Ecoutez toutes mes chansons, et dans toutes mes choses, j’ai toujours mis Dieu en avant. Je suis né ainsi. Depuis que je suis petit, je parle de Dieu.

 

A partir de quoi vous vous considérez comme le petit frère de Jésus ?

Ne sommes-nous pas tous des enfants de Dieu ? Si Jésus-Christ est le grand frère, nous sommes les petits frères. On dit que Dieu est notre papa. Et je dis que je suis le petit frère de Jésus, qui est l’aîné. Ai-je mal parlé ? (…) Je ne dis pas cela pour plaire à quelqu’un. Dieu n’a pas besoin d’atalaku. Je ne suis pas là pour dire à quelqu’un qu’il faut croire en Dieu ou bien qu’il faille croire que j’aime la Vierge Marie. Le salut est personnel.

 

Les Saintes Ecritures enseignent aussi que l’autorité vient de Dieu. Pourtant vous attaquez certaines autorités du pays…

Je n’attaque aucune autorité politique. Vous voulez parler du ministre Hamed Bakayoko ? Quand j’ai parlé de monsieur Hamed Bakayoko, c’était dans un cadre de spiritualité. C’est comme quand on demande qui est le pape, on répond c’est telle personne. Qui est le père de l’église catholique ? C’est telle personne. Concernant Hamed Bakayoko, j’ai déjà donné ces preuves-là dans des vidéos. Je ne vais pas passer mon temps à me répéter. Et puis, Hamed Bakayoko, ce n’est pas votre camarade. C’est un vieux père, il n’y a pas ça entre lui et moi. Je le respecte et je ne veux plus parler de ça.

 

Où en êtes-vous aujourd’hui avec la fameuse machette avec laquelle vous vous promenez ?

M’avez-vous vu une fois me promener avec une machette à la main ? Je dis que j’ai une machette dans la main, ce n’est pas la machette physique que vous connaissez. C’est spirituel. Et dans ce combat à la machette spirituelle, ce qui est sûr, si vous êtes un sorcier, vous allez ‘’prendre balle’’ (tomber, Ndlr).

 

Est-ce le cas avec votre mère, que vous dites avoir frappée?

Je n’ai jamais frappé ma maman. Quand j’ai dit que j’ai frappé ma maman, c’était spirituellement parlant. J’ai dit : ‘’la sorcellerie-là, même ma mère le sais, j’ai ‘’tèguè’’ ça (détruit, Ndlr)’’. Avez-vous déjà vu un combat mystique où on frappe quelqu’un physiquement ? Quand je dis que je ''daba'' (battre, Ndlr) tous les sorciers de mon village, c’est pour dire que quand ils viennent mystiquement, je suis prêt.

 

Finalement, comment définissez-vous votre personnage ?

Je ne peux pas me définir. Un homme ne peut pas lui-même se définir. Comment puis-je prétendre parler de moi ? C'est aux autres de parler de moi, ce sont eux qui connaissent la vérité.

Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome
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