Tensions autour du Burida, A’Salfo tranche : « Ce n’est pas dans la belligérance que nous pouvons mieux organiser le Burida »

« La meilleure manière, c’est une réflexion que rester-là à nous opposer et à tout bloquer »
Tensions autour du Burida, A’Salfo tranche : « Ce n’est pas dans la belligérance que nous pouvons mieux organiser le Burida »
Ph DR

Trois mois après avoir demandé et obtenu l’autorisation du ministre de la Culture et de la Francophonie pour constituer un Comité scientifique de réflexion sur la réforme du droit d’auteur en Côte d’Ivoire, A’Salfo et son équipe ont officiellement remis jeudi 06 juin à Maurice Bandaman leurs travaux consignés dans un document. Le Chef de file de ce Comité scientifique, A’Salfo, livre ici des détails sur leurs contributions.

Vous venez de remettre une contribution sur la réforme du droit d’auteur en Côte d’Ivoire au ministre de la Culture et de la Francophonie au moment où l’institution est en proie à une crise interne. Peut-on avoir une idée de vos réflexions et ce que vous apportez de nouveau ?

Je crois que les réflexions sont une solution à toutes ces crises à répétition. Aujourd’hui, si on a toutes crises, on estime que peut-être que nos textes sont devenus vétustes ou que nous ne sommes pas d’accord avec certaines manières de conduire la barque. Ce qui à mon sens, il faut corriger donc réfléchir en proposant des réformes plus approfondies et des solutions. Nous, à notre niveau, on a opté pour les propositions que d’être dans l’opposition. C’est dans ce sens donc que nous sommes venus avec des propositions concrètes pour les remettre au ministre pour qu’il puisse les prendre en compte dans les prochaines réformes à venir afin de mieux organiser le milieu du droit d’auteur. Le problème étant le droit d’auteur.

À lire cet article : Pour mettre fin aux nombreuses crises au Burida : A'Salfo et des artistes proposent un Comité de réflexion sur la réforme des droits d'auteurs

 

Le problème au Burida, pour vous est la gestion des droits d’auteur ?

Pas la gestion des droits d’auteur mais plutôt l’organisation des droits d’auteur. Et cela passe du recouvrement jusqu’à la redistribution, c’est-à-dire les organes qu’il faut mettre en place pour recueillir encore beaucoup plus de fonds. C’est autour de tout ça qu’il faut réfléchir. Sinon, l’organisation en place ne peut pas permettre à une organisation quelque soit sa compétence de pouvoir mieux organiser le droit d’auteur en Côte d’Ivoire. Parce que je trouve que nos textes non seulement sont vétustes mais aussi dans la manière de réorganiser le milieu du droit d’auteur, nous ne sommes pas au diapason des autres maisons de droit d’auteur qui à l’extérieur s’expriment mieux car ayant su adapter leurs réformes au bon moment. Mais ce n’est pas dans la belligérance que nous pouvons mieux organiser le Burida mais en proposant, en donnant des idées. Et c’est ce que nous sommes entrain de faire avec le Comité de réflexion.

 

De façon concrète, qu’est-ce que vous avez proposé ?

Ce sont des réformes qui sont forcément liées au droit d’auteur comme la copie privée et sa réorganisation, la réorganisation de la mutuelle de santé. D’ailleurs, pour être membre de la Sacem, je sais qu’on a une meilleure organisation du milieu de la santé des artistes qu’on peut soumettre au Burida. Nous avons également proposé entre autre le droit voisin dans notre livre blanc. Reste donc au ministre et à son ministère de voir ce qui peut aider à mettre en place dans les réformes.

 

Quel est votre avis sur les récentes manifestations au Burida avec son corollaire de sit-ins ?

Je crois que ce sont des incompréhensions. Nous ne sommes plus dans une position où il faut prendre partie pour tel ou tel autre. Nous nous voulons fédérateurs. C’est d’ailleurs pour ça que nous avons voulu nous réunir entre des artistes qui ne sont pas dans l’opposition ou dans la belligérance. Nous nous sommes donc réunis entre des artistes qui sont neutres dans l’affaire pour que nous puissions avancer sans toutefois prendre partie pour tel ou tel autre. Sinon, c’est déplorable que nous en arrivons jusqu’à bloquer les accès au Burida, à demander des choses qui sont souvent difficiles à réaliser dans l’immédiat. Pour moi, la meilleure manière c’est une réflexion que rester là à nous opposer et à tout bloquer. Ces moments-là, on peut les prendre pour réfléchir que de rester dans les rues.

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Avez-vous abordé dans le cadre de votre réflexion le droit sur le numérique ?

Bien évidemment, et le droit sur le numérique était même au centre de notre réflexion parce que c’est le droit le plus adapté aujourd’hui puisque les droits de reproduction mécanique sont entrain de disparaître au profit des droits sur le numérique. On ne pouvait donc pas approfondir cette réflexion sans tenir compte des droits sur le numérique. Nous avons même fait appel à des experts avec qui nous allons discuter afin que nous puissions mieux organiser ce milieu des droits sur le numérique.

 

Retranscrit par Philip KLA

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Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome
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