Après l’inhumation et la profanation de la tombe de Dj Arafat , Le cimetière de Williamsville à nouveau, fermé, les visites désormais interdites

Des visiteurs partis pour se recueillir, refoulés
Retour sur les lieux après l’acte de vandalisme des « Chinois »
10/09/2019
Après l’inhumation et la profanation de la tombe de Dj Arafat , Le cimetière de Williamsville à nouveau, fermé, les visites désormais interdites
Les visites ont été interdites au niveau du cimetière de Williamsville depuis la profanation de la tombe de Dj Arafat

Une semaine après l’actualité chargée et excitée à souhaits par les soubresauts enregistrés à l'occasion des obsèques du roi du « Coupé décalé », Houon Ange Didier alias Dj Arafat dont le plus saugrenu fut la profanation de la tombe du chanteur surnommé Daïshikan, le samedi 31 août, nous nous sommes rendu au cimetière de Williamsville.

Il est 15h25 et fait un temps de chaleur ce samedi 7 septembre 2019, au moment où nous revenons dans ce cimetière qui a été le théâtre de heurts entre forces de l’ordre et inconditionnels de la star du « Coupé-décalé » communément appelés ''Chinois''. En montant la pente convergeant vers le portail d’entrée du cimetière, des stigmates des échauffourées qui ont émaillé les obsèques de l’artiste, sont perceptibles çà et là. Un silence de cimetière règne dans ce lieu qui ne désemplissait pas naguère. Une atmosphère qui ne rassure point. Qu'à cela ne tienne! Nous avançons allégrement dans cette incursion afin de nous imprégner de l'ambiance qui y prévaut. Un constat toutefois, à l'entrée du grand portail, hermétiquement fermé, une chaude discussion met aux prises quelques visiteurs et des agents en charge de la sécurité du cimetière.

Lorsque nous nous enquerrons auprès d’un de ces visiteurs, un quinquagénaire, irrité de ne pas pouvoir s’incliner sur la tombe de son enfant, un vigile intervient au même moment. «Le cimetière est fermé», lance-t-il laconiquement, avant que K. Eric, un autre visiteur du jour, venu de Suède pour les vacances, ne crie son indignation pour avoir été empêché de visiter la tombe de sa mère. «C'est inadmissible. Dans quel pays sommes-nous ? Je ne comprends pas qu'on puisse priver une personne de se recueillir sur la tombe de sa maman sous prétexte que le cimetière de Williamsville est fermé à la suite de l’exhumation du corps de Dj Arafat», s'étonne notre interlocuteur. Puis d'interroger : «Pourquoi devrions-nous subir une décision du gouvernement de faire un passe droit spécial pour la dépouille de Dj Arafat qui a été enterré dans ce cimetière alors que ce lieu était fermé et ne devrait à priori pas recevoir aucun corps ?» Non sans plaider pour un minimum de respect et de considération lorsque de telles décisions sont prises.

Dans cette atmosphère marquée par un dialogue de sourds entre les parties, nous faisons un détour dans l’un des kiosques à café qui essaime la voie menant à l’entrée du cimetière. Dans ce lieu de tous les excès surtout d’excès de parole, certains se donnent la liberté de refaire le monde. Quand d’autres déshabillent la société, la dissèquent, la reconstituent et la remodèlent. Juste le temps d’un verre dont le contenu reste douteux. Bref ! Salam Abdoul, un habitué des lieux, rencontré avec qui nous devisons, se convainc mordicus que la fermeture du cimetière de Williamsville n'est aucunement liée à la mort de la star du «Coupé décalé». «C'était fermé déjà depuis des mois. Ils ont ouvert seulement pour permettre l'inhumation de Dj Arafat », précise-t-il.

Au moment où le tenancier du kiosque à café, nostalgique des périodes fastes où il se frottait les mains avec la forte fréquentation du cimetière, dit ne pas comprendre l'exception faite pour l'inhumation de Dj Arafat. Évoquant ensuite, la situation des visiteurs refoulés, il informe sur le fait que le cimetière était certes fermé mais les visites étaient autorisées. Et de préciser : « La fermeture concernait que les inhumations». Plus d’une demi-heure passée aux abords de l’entrée du cimetière de Williamsville, nous décidons de quitter les lieux. Non sans jeter un regard furtif à l'intérieur de l’enceinte qui laisse percevoir deux cargos de la police et le maintien d’un important dispositif sécuritaire dissuasif des forces de l'ordre.

DIARRA Tiémoko

Diarra Tiémoko

|

  • SOURCE: Soir info
Previous ◁ | ▷ Next
 
Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte