La presse ivoirienne du 30 avril décodée

3ème Convention du FPI : Entre joie et doutes...


La revue de la presse ivoirienne du 30 avril 2012
Le dialogue républicain entre pouvoir et opposition, la convention du Fpi, la fête du travail, la Cedeao, sont l'essentiel de l'actualité en Côte d'Ivoire, ce lundi 30 avril 2012. Presque tous les journaux en ont parlé.

C'est la joie dans le camp des pro-Gbagbo

''3ème convention ordinaire, hier, le Fpi redonne espoir aux Ivoiriens'' exulte Notre Voie qui a fait un large écho de la cérémonie, saluant la mobilisation des militants et le discours du président Miaka Ouréto : « C'est ensemble, soudés que nous réussirons à relever les défis ». Pour sa part le quotidien Aujourd'hui qui a barré sa Une avec un gros baiser de Gbagbo annonce « Gbagbo bientôt de retour » selon toujours Miaka Ouréto qui déclarait « La victoire n'est plus loin et vous verrez votre président Gbagbo qui sera très bientôt de retour ». Propos diffusés également par Le Quotidien qui ajoute « le Fpi en démonstration de force ». Ce canard a même donné les signes d'un retour de l'ex-chef d'Etat, citant une révélation de Rosalie Kouamé, présidente de la Fondation Roska qui a dit que « la route de la Cpi n'est pas une route de non retour. Rien est impossible à Dieu ». Pour Le Temps, la convention a procuré à Gbagbo « une grande confiance avant son procès le 18 juin, par le fait qu'il a suivi la cérémonie depuis sa prison de la Haye, a écrit Fabrice Tété. Même Nord-sud a reconnu que la convention a mobilisé du monde, selon Bidi Ignace. Il a indiqué que pour le Fpi, « il faut libérer Gbagbo d'abord ». Mais Le Jour Plus note que que les militants du Fpi sont entre doute et espoir. Soir Info d'enfoncer le clou en titrant ''Miaka crache ses vérités à ses camarades'' « La convention n'est destinée à faire un coup d'Etat, à prendre la place de qui que ce soit, arrêtons de nous fragiliser » a rapporté Kisselminan Coulibaly. Le Patriote, proche du pouvoir n'a que faire de la convention du Fpi, il l'a tout simplement zappée.

Si le Fpi a fait sa convention, cela ne l'a pas empêché d'être au dialogue républicain.

Sauf qu'il n'a pas signé le communiqué final « parce que nous sommes venus en qualité d'observateur », a déclaré le chef de la délégation du Fpi, Dano Djédjé, rapporte Nord-Sud qui qualifie le comportement des frontistes de ''grosse comédie'' surtout que le parti pose comme condition de son engagement : ''la libération de Laurent Gbagbo ». Pour Le Patriote, "le Fpi a fui les débats" en ne signant pas le communiqué, écrit Lacina Ouattara qui met cela sur le compte d'un incident qui sera rattrapé. Ce journal a salué le discours du premier ministre Ahoussou Jeannot qui soutient que « le dialogue est l'arme des forts ». Le Nouveau Réveil, lui, s'interroge. "Et si le Fpi endormait Ouattara pour frapper ?" L'interview de Touré Zéguen, chef milicien, publiée dans Jeune Afrique « la plupart des dirigeants de l'ex-Lmp sont motivés à combattre le régime Ouattara jusqu'au bout » et la position du Fpi « Gbagbo est sorti victorieux de la présidentielle » soutiennent cette question. Au regard de cette négation de la victoire de Ouattara et au refus de signer le communiqué final du dialogue républicain, L'expression titre ''le Fpi se révolte''. quand L'Intelligent d'Abidjan mentionne que le premier a donné une ''leçon au Fpi'' indiquant que « ce qui est en jeu, ce n'est pas l'avenir d'un politique ». Devant ce boycott du Fpi, Le Temps se réjouit. « le Fpi n'a pas signé, c'est tant mieux ». Pour Simplice Zahui, le Fpi a éviter le piège du pouvoir ». Fraternité Matin se veut plus conciliant en tentant d'adoucir les choses : ''un ballon d'essai pour la réconciliation nationale'', titre-t-il au sujet de la création d'un cadre permanent de dialogue recommandée par les séminaristes. Malheureusement, le Parti ivoirien des travailleurs s'est dit exclu du débat, n'ayant pas été invité.

Parlons sécurité...

Armand Depeyla de Soir Info révèle dans l'édition du jour de son quotidien que plusieurs Frci ont déserté les camps de Yopougon avec leurs armes, ayant suivi leurs chefs mutés ailleurs. Tandis que L'Expression est revenu sur l'arrestation des 18 miliciens la semaine dernière. Finalement, à l'en croire, ce ne sont plus des miliciens mais des néophytes en armes, qui ont finalement été relâchés. Quand à Le Nouveau Courrier, il est retourné sur l'an 1 de l'arrestation de Gbagbo avec un numéro spécial des publications de 18 auteurs sur la crise post-électorale.

Les autres sujets du jour

Au niveau de la CEDEAO, depuis le vendredi 27 avril 2012, les autorités bissau-guinéennes sont en Côte d'Ivoire. Elles ont été reçues par le chef de l'Etat, selon Soir Info qui informe par ailleurs que la junte malienne met ''la CEDEAO dans une posture difficile''.

Cependant, n'oublions pas, demain mardi 1er mai, c'est la fête du travail. Un rendez-vous manqué selon l'Intelligent d’Abidjan, car le Président de la République ne pourra pas rencontrer les travailleurs. Depuis le dimanche dernier, il est à Paris. Les syndicalistes de leur côté avaient prévu de boycotter à cause de l'affaire de la Mugefci, révèle t-il.

Les artistes non plus ne sont pas contents du gouvernement. Gbi de fer se plaint qu'ils sont abandonnés, révèle Soir Info et Antoinette Allany, elle, s'en prend à son ministre de tutelle Bandaman Maurice qu'elle accuse d'entraver le bon fonctionnement du Burida.

En économie, Alain Bouabré de Soir Info informe que dès mai 2012, 4000 logements seront construits quand Fraternité Matin annonce que la Côte d'Ivoire a reçu un appui financier de 24,1 milliards pour un programme agricole.

Nous terminons notre revue de presse de ce jour avec Fraternité Matin qui publie une interview du président de l'Ordre des Médecins, Florent Aka, préoccupé par les cliniques des quartiers qu'il taxe de « mouroirs »...

César DJEDJE MEL (Stg)

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome
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