Méthodes traditionnelles de fumage de poisson
: Les acteurs exposés à plusieurs maladies 



17/03/2016
Le ministre Adjoumani et ses partenaires apprécient la qualité du poisson en transformation dans un four amélioré à Marcory (Photo Dr)
Le secteur de la transformation du poisson prend en compte le fumage de cette protéine. En Côte d'Ivoire comme dans bien des pays africains, le fumage se fait sous la forme traditionnelle, faute d'équipements modernes.

Selon les résultats des études réalisées par l'Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), diffusés récemment, le fumage traditionnel expose les acteurs à des risques de maladies. L'exposition prolongée à la fumée et la chaleur provoquent des maladies cutanées, ophtalmologiques, pulmonaires et cardiaques. Cette information a été livrée hier mercredi à Marcory, dans le cadre de la remise des équipements de transformation des produits halieutiques. Cet appui en équipements est constitué d’une plate-forme améliorée comprenant un hangar, deux fours de type banda à deux compartiments chacun, un four de type altona à un compartiment, et un four de type chorkor à un compartiment, pour une capacité de fumage de 700 kilogrammes de poisson frais par cycle de fumage, soit 3 tonnes par jour, un congélateur et un kit d’éclairage solaires, un lot d’équipements de conservation de poisson, un lot d’équipements et de matériels de transformation de poisson, un lot d’équipements d’hygiène vestimentaire du personnel et un lot d’équipements et de matériel d’entretien. La Fao, partenaire du projet, a précisé, cette technique traditionnelle de fumage du poisson expose également à des risques sanitaires à travers le non respect des normes de transformation. La volonté du gouvernement ivoirien et de ses partenaires à réduire les risques de maladies, ainsi que la pénibilité de la tâche des transformatrices de cette protéine, s'est traduite par la mise en œuvre du projet d’appui au renforcement des capacités et du cadre réglementaire en matière de prévention et de réduction des pertes après capture des produits halieutiques dénommé TCP/IVC/3501. Ce projet, conçu par le ministère des Ressources animales et halieutiques et cofinancé par la Fao et le Trésor public de Côte d’Ivoire, vise les femmes mareyeuses et transformatrices de poisson des localités et communes de Guessabo (région du Guémon) , Brafèdon (Grand-Lahou), Marcory-Anoumabo et Abobodoumé- Yopougon. L'urgence de la mise en œuvre de ce projet par le ministre des Ressources animales et Halieutiques, Kobenan Kouassi Adjoumani, s'est justifiée par la perte de poissons après capture, dans le cadre de la transformation. Les estimations, au niveau des sites mentionnés plus haut, sont estimées à 23 317 tonnes pour une valeur marchande de 7 milliards de francs Cfa par an. A cela s'ajoute l'usage abusif de bois utilisé pour le fumage qui favorise la déforestation et la pollution, qui sont des menaces pour la préservation de la biodiversité. Les femmes ont soutenu qu'avec cette technique améliorée de fumage, elles utilisent un morceau de bois et un peu de charbon pour fumer 10 kg de poissons. « Par le passé, on utilisait une importante quantité de bois de chauffe pour fumer 5 kg de poisson, ce qui nous revenait cher. La tâche était prenante et salissante », ont-elles expliqué. A ce jour, il y a des possibilités de fumer le poisson sans risque de maladie, tout en respectant les normes sanitaires. Après les femmes de Lokodjoro à Yopougon, les transformatrices de poisson de Marcory-Anoumabo, membres de la société coopérative Tchanfé, ont reçu leurs équipements. Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani a initié ce projet en 2014 en vue d'appuyer les initiatives des acteurs à améliorer leur système de production en adoptant des technologies améliorées de transformation de produits halieutiques. Cela, en vue d'apporter des réponses aux nombreuses contraintes qui entravent le développement de ce secteur. Un accent est mis sur le renforcement des capacités techniques, structurelles et organisationnelles, ainsi que sur l’équipement des acteurs pour leur permettre de mieux exercer leur activité et, partant, d’accroître leurs revenus.

Marcelle AKA

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Marcelle Aka

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  • SOURCE: L'inter

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